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Road to Salvation a fermé ses portes.


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 00. Homecoming #bob&dorian

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MessageSujet: 00. Homecoming #bob&dorian Dim 10 Nov - 14:52

❝ HOMECOMING ❞
Here they come marching down the street
Like a desperation murmur of a heart beat
Coming back from the edge of town
Underneath their feet

« Ton père est mort. »
Quatre petits mots qui ont eu un mal fou à se frayer un chemin jusqu’à sa conscience. Quatre mots qui lui pèsent encore aujourd’hui sur le cœur et l’estomac et lui donnent la nausée. Quatre mots qui l’ont obligé à en prononcer deux après des années de silence et ont changés le cours de la destinée qu’il avait mis près de cinq ans à retracer après son départ de Grayson. Son père, l’invincible shérif Declan Spelling : mort. Mort et enterré en l’absence de son fils unique…

Dorian est mortifié. Il se sent stupide de ne pas avoir envisagé une seule seconde que els choses pourraient se terminer de cette manière. Il imaginait avoir le temps. Un imbécile, voilà ce qu’il a été. Lui qui côtoie la mort sur son lieu de travail quasiment tous les jours n’a pas été fichu d’envisager que son père puisse décéder pendant qu’il suivait ses études et vivait sa vie à des centaines de kilomètres de son village natal. Stupide.
Et puis très vite, la pensée que cette mort est peut-être à mettre sur son compte lui est venue et elle ne le quitte plus depuis. Est-ce que Declan a du payer le prix de sa fuite précipitée ? Est-ce qu’il a été assassiné pour servir un dessein précis ? Est-ce qu’il est mort pour qu’il rentre ? Et si c’est le cas… ne devrait-il pas mettre plus de distance encore entre lui et Elle ?
Sauf qu’il reste sa mère. Sa mère qui se retrouve seule à présent et a besoin de lui. Autant que lui-même a besoin de la revoir, de la prendre dans ses bras, de la sentir l’étreindre avec une infinie tendresse. Il faut qu’il rentre. Il faut qu’il rentre… Il faut qu’il la protège. Elle et Carter… Mais il est trop tôt pour penser à Carter.

Dorian pousse un long soupir et appuie son front sur ses bras, croisés sur le volant de sa Volvo. Il est garé depuis une bonne quinzaine de minutes maintenant devant la maison de son enfance, sur Madison Street. Il sait qu’il a été repéré par ses voisins, certainement par sa mère également. Les téléphones doivent sonner un peu partout pour annoncer le retour du fils prodigue. Le retard très/trop tardif. Il n’ose imaginer ce que ses voisins pensent de lui… Mieux vaut ne pas se poser trop de questions ceci dit. S’il commence à le faire, le médecin urgentiste sait qu’il n’aura d’autres choix que celui de faire demi-tour pour retourner s’exiler. Et il ne peut pas se le permettre.
Il lui faut encore trois bonnes minutes pour se décider à arrêter de tergiverser et s’arracher de l’habitacle rassurant de son véhicule. Il laisse ses valises et cartons à l’intérieur et se hâte vers la porte d’entrée en essayant de vider son esprit. S’il pense, il va se dégonfler. S’il regarde le décor, il va se laisser submerger par l’émotion et se mettre à pleurer comme un imbécile.

Le voilà devant la porte d’entrée. Trop vite à son goût. Il n’est pas prêt. Pas prêt du tout. Mais il n’a pas l’occasion de se débiner. Sa mère ouvre la porte alors qu’il se tient sur le porche, les yeux écarquillés d’effroi, le cœur cognant à tout rompre dans sa poitrine. Celui-ci tombe tout à coup dans le fond de son estomac et Dorian est persuadé qu’il va saluer sa mère en lui vomissant dessus après cinq ans d’absence…
Mais ce n’est pas ce qui se passe.
« J’ai cru que tu n’sortirais jamais de cette voiture. C’est une belle voiture. Ton père disait toujours que les Volvo sont des voitures très sécuritaires. C’est un bon choix. »
« Maman… » s’étrangle-t-il en sentant sa gorge se nouer et ses yeux s’embuer de larmes.
Et sans un mot de plus, sa mère écarte les bras et Dorian vient s’y réfugier en commençant à pleurer silencieusement.  
_______________________

Dorian essuie ses yeux encore rougis par ses larmes et, un genou à terre, il continue de triturer nerveusement une herbe haute qu’il a arrachée près de la tombe de son père. Il contemple les gravures de la pierre blanche et renifle à intervelles réguliers en essayant de ne pas craquer de nouveau.
BELOVED FATHER.
Est-ce que c’est comme ça qu’il se sentait au moment de pousser son dernier soupir dans son lit ? Comme un père aimé ? Dorian est loin d’en être certain. Pourtant c’est le cas. C’était le cas. Malgré la distance, malgré tout… Dorian l’aimait profondément.
Le jeune homme pousse un soupir et lève ses yeux à nouveau brouillés par des larmes brûlantes vers le ciel sans nuage. Il finit par se redresser et se tient simplement debout devant la dernière demeure de son père, sans vraiment savoir quoi faire ou quoi dire. Tout se bouscule et rien n’a de sens. Rien ne lui paraît pertinent, tout sonne faux.

Il se perd dans les méandres de ses pensées lorsqu’il entend une branche craquée dans son dos. Dorian fait immédiatement volte face, dans un sursaut, et fait alors face à Hippolyte. Ce bon vieux Bob…



Dernière édition par Dorian A. Spelling le Dim 17 Nov - 17:44, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Dim 10 Nov - 18:28

Assis sur la chaise du Shérif, les pieds sur le bureau et le paquet de cigarettes juste à côté – le bonheur. Ma fille rentre (enfin, ouvre la porte en grand), annonce qu’elle part à Gower pour la journée, et s’en va, comme un coup de vent qui laisse son parfum derrière elle. Certes, Summer a un portable, mais je préfère la voir en face à face, ce qu’elle sait pertinemment – mais j’étais prêt à parier qu’elle avait fait l’effort de se traîner jusqu’à mon bureau, simplement parce que le poste est sur le chemin. Enfin … il faut bien que jeunesse se fasse. Et je n’aurais rien à lui reprocher.
Moitié futée, la gosse. Comme son père.
A peine le temps de m’en remettre que Joan, la secrétaire du poste, m’annonce qu’elle a un coup de fil pour moi, de la part de Suzanna, la veuve de Declan. Joan, Jane ... Franchement, ce poste ne ressemble à rien. Y’a un foutu destin. Moi, ma mère a décidé de m’appeler Hickok. Qui a entre autre connu Calamity Jane. Et l’adjoint se prénomme William … prénom, entre autre, du non moins célèbre Buffalo Bill. Un vrai tableau de Far West, dans un village tout droit sorti d’un imaginaire bien fourni. Un truc mystérieux.  Tout ça dans la cambrousse d’un Etat paumé.
Je me trainais jusqu’au combiné, me demandant bien pourquoi elle me téléphonait au poste, et non sur mon portable. Un oubli, sans doute.

Je raccrochais quelques instants plus tard. Joan me questionna d’un sourcil élégamment relevé, et comme de toute manière, tout ce qu’il se passait dans ce patelin se savait à la vitesse de l’éclair –mention spéciale à ma relation avec Elizabeth qui restait secrète depuis quatre ans- je ne pris pas le temps de la réflexion et lui exposais la chose.
- Dorian est revenu. Elle veut que j’aille le voir ... vu qu’il vient d’apprendre la mort de Declan. J’y vais. Tu n’appelles que si c’est vraiment urgent. Je la laissais là, pris simplement une veste et mon paquet de clopes, avant de partir.
Sa mère avait précisé qu’il serait probablement devant la tombe de son père. Il ne l’appelait que rarement, je le savais, et apprendre le décès de son père l’a amené à revenir ici. Elle en avait dit peu au téléphone, mais je connaissais bien les Spelling et devinais le reste. Je tournais le contact et partit au cimetière.

J’avais bien envie de le revoir, le petit Dorian. Bon, pas dans des conditions aussi tragiques, certes, mais il fallait l’avouer, il était un peu comme mon fils. Que je n’avais pas vu depuis belle lurette. Je me contentais de l’observer de loin, pendant un moment. De lui laisser un moment d’intimité avec son père, comme j’imaginais qu’il en avait besoin. Je n’avais pas de père, et était plus ou moins père célibataire. Mais le peu que j’avais, je le chérissais. Et Dorian faisait parti du « peu ».
Lorsqu’il nous avait laissé à Grayson, avec nos secrets et nos mensonges, il n’était qu’un adolescent au pied du mur, confronté à une vérité qui ne plaîrait à personne. Quoique, ça c’est vite dit. Dorian, il était courageux. Intelligent. Et un vrai petit scientifique, la magie, c’est définitivement pas son truc. Au fond, moi, ça ne m‘étonne pas qu’il ait fuit devant un truc qu’il ne pouvait accepter. Mais il est revenu.
Après un moment, je me décidais à sortir. Quand je décidais qu’il avait passé assez de temps à pleurer devant la tombe de son père. Je n’étais qu’à quelques pas quand il se détourna. Foutue branche d’arbre. De toute manière, il aurait bien fallu que je fasse quelque chose pour attirer son attention. C’était fait.

- Suzanna m’a appelé. Pas un bonjour, ni une excuse. Une réponse à des questions qu’il se serait posé. Comme ça, tout est clair. Que pouvais-je dire de plus ? Il pouvait m’envoyer bouler – et ça se comprendrait. Il pouvait se retourner, et m’ignorer. Et s’il avait envie de parler, ça aussi, c’était à lui de le décider. Je me contentais juste de m’asseoir dans l’herbe, histoire de lui faire savoir que j’avais tout mon temps. On pouvait parler, on pouvait attendre. A lui de choisir.
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Dim 10 Nov - 20:14

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Dorian craint que cette vision ne fasse rejaillir le flot de larmes qui venait à peine de se tarir. Revoir Hippolyte lui fait un choc, c’est indéniable... Mais il doit être à sec parce que rien ne vient et il reste simplement planté là, ses yeux clairs plantés dans les pupilles sombres du nouveau shérif. Celui qui a pris la place de son père. Qui a pris la place que Declan lui réservait, à lui, et dont le jeune homme n’a pas voulu.
Combien d’espoir a-t-il réduit à néant ? Combien de fois a-t-il déçu ses parents ? Combien de fois n’a-t-il pas été à la hauteur des espérances de son père, une source de honte pour lui ? Son père bien aimé… Tu parles. L’inscription choisie par sa mère sur la pierre tombale ne veut strictement rien dire. C’est un odieux mensonge, une vaste fumisterie, une fraude. Tout ça… Tout ce village, son apparente tranquillité, ses habitants et leurs sourires… Mais ce n’est pas le moment d’y penser.
Et pourtant, tandis qu’il fixe son ainé, c’est tout ce à quoi Dorian peut penser. Les mensonges, la mascarade à laquelle on voudrait qu’il participe. C’est insupportable. Il a de nouveau envie de vomir.

« Suzanna m’a appelé. »
« Evidemment qu’elle l’a fait. »
Il a presque du mal à reconnaître le ton de sa propre voix. Sec, tranchant, acide. Accusateur. Il n’imaginait pas que la chose sortirait de cette manière, mais c’est le cas. Et après tout, pourquoi devrait-il ménager le shérif ? Parce qu’à une époque il le considérait comme un genre de mentor, aussi impressionnant et charismatique que son père, le ton moralisateur et plein de jugement en moins ?
Hippolyte est l’un d’entre eux. Dorian sait. Maintenant il sait tout et l’époque où il pouvait le considérer comme un genre de grand frère est révolue.
Ce qu’il ne sait plus du coup, c’est à qui il a faire très exactement. Non seulement en cinq années l’homme a parfaitement pu changer – pour le meilleur ou le pire – mais le médecin ne peut s’empêcher de se demander si tous leurs échanges étaient sincères, si l’homme qu’il pensait connaître, celui dont il se souvient, était une fraude lui aussi ou non. De quoi est-il réellement capable ? Mérite-t-il le respect qu’il a pu éprouver pour lui ? Mérite-t-il encore son admiration ?
Rien n’est moins sûr.    

« Comment va Summer ? » demande-t-il finalement, d’un ton légèrement radouci, le visage pourtant toujours fermé et gardant ses distances.


Dernière édition par Dorian A. Spelling le Dim 17 Nov - 17:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Lun 11 Nov - 11:06

Le visage du gamin avait changé, mûri par les années passées loin de Grayson et par les traces des sillons sur ses joues, creusés par les larmes qui devaient s’y trouver quelques minutes auparavant. Mais son visage reflète tellement d’émotions que rien ne ressort. Je ne saurais dire s’il était content de me trouver là où s’il voulait que je meure dans l’instant. Et je ne pouvais même pas me projeter à sa place pour pouvoir comprendre. Mais il était trop tard pour lui tourner le dos et partir, et je n’allais pas lui faire ça comme cadeau de (re)bienvenue à Grayson.
J’évoque le fait que sa mère m’a téléphoné, insinuant le fait qu’elle me fait confiance et qu’ellle pense que son fils a besoin de moi. De quelqu’un qu’il connait, de quelqu’un qui le connait. Et qui ne le jugera jamais.

Sa réponse ne se fait pas attendre … Évidemment qu’elle l’a fait. Étonnamment froide, cassante pour quelqu’un qui vient de pleurer son père. Mais ça se comprend. Il est parti sur une idée pas vraiment valorisante des habitants de cette ville … Enfin, pour une partie de la population, dont je fais partie. Je me mordis l’intérieur de la joue, pour ne rien répondre, accusant le fait que j’avais laissé mon paquet de clopes dans la voiture … Putain. J’étais dans l’impasse où je ne voulais pas être. Coincé. Face à Dorian, qui visiblement, n’avait pas eu assez de cinq ans pour digérer. D’ailleurs, je ne savais pas ce qu’il était devenu pendant ces cinq ans. Personne, ni même Suzanna, n’a été mis au parfum. Si ça se trouve, il a Interpol au cul. Bon, ok, peut-être pas. On en aurait entendu parler. Cinq ans. Il peut s’en passer, des choses, en cinq ans. Il a peut-être un ou deux gosses, un ou deux meurtres, un ou deux mensonges à me fournir. Je ne pouvais pas vraiment être plus optimiste quant à sa carrière avec le ton qu’il avait employé, et qui signifiait, par bien des manières, ce qu’il ressentait. Je me tâtais un moment avant de lui répondre, ne savant pas vraiment si ça allait nous aider ou si au contraire, ça allait le faire se refermer comme une huître. De toute manière, je n’ai jamais été très doué pour m’empêcher de parler quand j’avais quelque chose à dire.
- Elle s’est toujours inquiétée pour toi. Quand tu tombais de vélo, tout le quartier était au courant. Alors … ne lui en veux pas de m’avoir appelé. Ouais, gamin, ta mère t’aime, peu importe ce que tu as pu faire. C’est ta mère.
J’avais l’impression de parler dans le vent, à un étranger complet. Il n’y avait rien sur son visage qui ressemblait au Dorian que j’avais connu. Mais je suppose qu’il n’a pas eu les réponses à toutes ses questions, et si celles-ci impliquaient son père, il ne les aurait jamais. On glissait sur une pente dangereuse …

Visiblement, il fallait qu’on change de discussion. Il dut le sentir aussi, car il changea presque aussitôt de conversation en me demandant des nouvelles de ma fille. Bien. Très bien. Oublions les problèmes quelques instants. Je ne pus m’empêcher de sourire à sa question … En cinq ans, elle aussi avait bien changé. Je n'étais pas sûr qu'il puisse la reconnaître, s'il la croisait dans la rue.
- Elle grandit. Elle ressemble de plus en plus à sa mère … Enfin, elle est devenue une de ces ados en pleine rébellion ... Mais bon, tant qu’elle me parle, ne me crache pas à la figure et continue de porter des sous-vêtements, je ne m’inquiètes pas trop. Il connaissait Summer depuis qu’elle était née, et comme lui, elle était une victime collatéralle du secret de Grayson. Comme nous tous. C’est une ado normale, quoi. Aussi normale que lui, que moi, que la moitié des habitants de cette foutue ville. Tous rompus au secret, tous asservis par la même chose. Où est la norme là-dedans ? - T’aurais pas une clope, à tout hasard ?
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Lun 11 Nov - 12:56

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Il déglutit péniblement, très peu sûr finalement d’avoir envie d’entendre Hippolyte parler de sa fille. Parce qu’à l’entendre, à voir ce sourire plein de tendresse se dessiner sur ses lèvres, Dorian a envie de croire que rien n’a changé. Il a envie de croire en l’humanité de l’ancien adjoint de son père. Il se souvient de toute l’affection qu’il éprouvait à son égard, de ces moments où, petit garçon influençable, il grimpait sur ses genoux pour lui montrer les dessins qui les représentaient, lui et son père, dans des situations héroïques. Il se revoit jouer avec Summer et demander aux adultes présents s’ils sont d’accord pour qu’il dise qu’elle est sa petite sœur, parce qu’elle est trop chouette. Il les entend encore rire de l’innocence de sa demande et de celles des enfants en général.
Une innocence qu’ils ont tuée dans l’œuf. Il est cruel de les laisser croire, de les laisser leur faire confiance alors que, tous autant qu’ils sont, ils savent quel destin les attende. C’était cruel de rire et en même temps, il les comprend. Parce que tout ça n’est qu’une  vaste blague, faite à leur dépend. Pas des meilleurs, puisque voilà des décennies qu’elle se prolonge…

« C’est une ado normale, quoi. »
Les mâchoires de Dorian se crispent à ces mots. Il déteste leur choix. Normal. Une adolescente normale. Oui, mais pourquoi combien de temps encore ?
« J’espère qu’elle en profite bien. Si j’avais su, j’aurai davantage savouré mon adolescence normale… » réplique-t-il avec condescendance.
Il a conscience que son petit jeu est stupide. C’est gratuit et mesquin, et ça ne lui fait même pas le moindre bien. En réalité, il se donne l’impression d’être à nouveau un adolescent normal, révolté contre l’autorité paternelle. Sauf qu’il n’a plus rien d’un adolescent, sa vie vient d’être totalement chamboulée et n’a plus rien de normale et son père est mort. Son cadavre est même en train de pourrir juste dans son dos, quelques mètres sous le sol qu’il foule actuellement.
Dorian se sent rougir. De honte, mais également de colère. Lui qui avait trouvé un semblant de paix est en train de se laisser de nouveau gagner par la rage, la frustration, le dégout. Il en veut à la terre entière. Il en veut à son père pour la bombe qu’il lui a lancé et l’a mené à partir. Il lui en veut d’être mort avant qu’ils aient eu l’occasion de se comprendre, qu’il ait eu l’occasion de le pardonner. Il en veut à sa mère d’avoir toujours été si conciliante, si protectrice et de ne finalement pas l’avoir préparé à tout ça. Il se sent dupé, trahi. Il en veut à Hippolyte de ne plus cadrer avec l’image qu’il avait de lui depuis l’enfance.  
Il en veut à Grayson de l’avoir rappelé à elle de manière si froide et douloureuse.
« Et non, je n’fume pas. Paraît que ça fait tâche de déconseiller la cigarette à ses patients et de puer le tabac… »
Et il doit se mordre l'intérieur de la bouche pour ne pas ajouter quelque chose d'abominable du genre : ça reviendrait à déconseiller l'abus d'alcool au volant alors qu'on est fichu alcoolique soi-même, pas vrai ?

Il aimerait vraiment être capable de tempérer ses répliques, de se montrer plus adulte, plus enclin au pardon, mais il n’y arrive pas. Il faut dire qu’Hippolyte le coince au pire moment possible. Dorian n’est de retour au bercail que depuis trois petites heures, après des kilomètres d’un trajet pénible, des jours d’emballage de cartons et de lutte contre les administrations pour que son transfert s’effectue convenablement. Il choisit de venir lui parler près de la tombe de son père dont il a appris le décès une semaine plus tôt seulement…
L’actuel shérif devait se douter en venant le trouver au cimetière qu’il serait à fleur de peau et susceptible de le traiter de cette manière un peu odieuse.



Dernière édition par Dorian A. Spelling le Dim 17 Nov - 17:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Lun 11 Nov - 18:33

Grayson et ses secrets, ça s’infiltre sous votre peau, ça se glisse dans vos veines, ça parcourt vos terminaisons nerveuses et surtout, ça bloque vos synapses. Dans un monde où l’on grandit bercé par la science, façonné par l’industrie et l’argent, quelle est la place, là-dedans, pour le surnaturel ? Pour le hors du commun ? Pour l’exceptionnel ? Pour la magie ? Toutes ces choses sont difficiles à ingurgiter, ça vous possède peut-être, encore faut-il l’accepter, le comprendre. Ce n’est facile pour personne. Ni jeune, quand on est mis au courant, ni vieux, quand on pense comprendre, quand, à la fin du combat, on accepte enfin le sort qui nous a été réservé.
J’arrache des brins d’herbe, pour occuper mes mains. Pourtant, parler de Summer n’est pas quelque chose qui me met mal à l’aise, au contraire. C’est juste le regard vide, même si encore humide, de Dorian. Vide. Sans émotions – du moins, rien de positif.
- J’espère qu’elle en profite bien. Si j’avais su, j’aurai davantage savouré mon adolescence normale… On a tous voulu une adolescence normale. Or la normalité à Grayson, c’est pas avec la même définition. L’espoir, un bien vain mot. On ne peut pas y échapper, quand bien même on le voudrait. Alors, autant en profiter, puisqu’on est dans cette merde.

- Te fais pas d’illusions … Elle aussi est au courant. Depuis environ deux ans. J’crois qu’elle a essayé de te contacter à cette période … Je n’avais pas besoin de préciser qu’elle était tombée sur un silence radio, si ? Alors je laissais ma phrase en suspens, terminée par le roucoulement des oiseaux alentours. Grayson n’était jamais silencieuse. Il y avait toujours les bruits de la nature ou ceux de la route … Mais pas de silence. Pas de tranquilité. Le manque de tabac jouait avec mes doigts, et après avoir encore arraché une touffe d’herbe innocente, je lui demandais s’il avait des clopes. Là encore, la réponse ne se fit pas attendre, aussi chaleureuse que tout ce qui avait passé les barrières de ses lèvres depuis mon arrivée.

- Et non, je n’fume pas. Paraît que ça fait tâche de déconseiller la cigarette à ses patients et de puer le tabac… Hm ? Tabacologue ou juste médecin ? Tiens donc, il a fait quelque chose de sa vie pendant ces cinq ans, le petit. C’pas ici qu’il fera fortune, on se fiche des cancers, les grippes et les rhumes ne durent qu’un jour ou deux grand maximum … Notre santé de fer liée à Grayson rendait ce genre de profession assez … accessoire. Et les accidents graves deviennent généralement tragiques. Il n’y a pas vraiment de juste milieu.
Mais il n’y avait pas que ça, dans sa voix. Les sous-entendus qu’il s’accordait étaient bien plus piquants. Bien plus vifs. Bien plus centrés sur mon propre passé. Un tabacologue qui fume (ou un cancérol- non, personne ne le prendrait au sérieux) … C’est comme un flic alcoolique, censé arrêter les poivrots et éviter qu’ils mettent la santé des autres en danger, de quelque manière que ce soit. Merci du conseil, Dorian, mais si tu veux vraiment me faire mal, il faudrait revoir tes arguments …

- Heureux alors, que je ne sois pas tabacologue, dans ce cas. Alors, c’est ça que tu es devenu ? Médecin ? Au fond, ça ne m’étonne pas vraiment … T’as toujours eu ce truc avec la science. Au grand dam de ton père, d’ailleurs … Flottent les vieux souvenirs de poudre et d’éclats de rire … Le bon vieux temps, quand Declan et moi vivions dans le bonheur, quand nos enfants jouaient ensemble au poste après l’école, quand ma femme nous ramenait un termos de café … Mais, maintenant ? Je ne pouvais accepter que tou soit devenu aussi … noir, aussi vite. Comment était-ce possible ?
Je ne savais que penser, de ce quasi-inconnu qui était en face de moi … Il avait le même vvisage, mais plus rien ne restait. L’innocence qui l’habitait autrefois avait certes disparu … mais cela n’expliquait pas son regard.
- Bon, allons droit au but. Comment tu te sens ?
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Lun 11 Nov - 19:52

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Dorian ne sait pas exactement ce qu’il attend du shérif. Qu’il renonce à essayer de lui parler et lui tourne le dos ? Ou peut-être qu’il s’énerve et lui donne une occasion d’évacuer cette rage qui bouillonne en lui depuis trop longtemps ? A moins que ce qu’il n’attende, ce soit des excuses et une étreinte… Une étreinte toute paternelle…
« Te fais pas d’illusions … Elle aussi est au courant. Depuis environ deux ans. J’crois qu’elle a essayé de te contacter à cette période… »
Cette phrase le décide. Ce qu’il veut à cette seconde, en entendant ces mots : c’est simplement envoyer son poing dans le visage de son interlocuteur. Pas seulement parce qu’il a l’air d’essayer de le culpabiliser avec son dernier sous-entendu, mais pour ce qu’il a fait à sa propre fille. La chair de sa chair, livrée à la bête. Son innocence mise à mort. Il sait par quoi elle a dû passer et lui reprocher de ne pas avoir été là pour la soutenir… C’est complètement injuste. Il n’a rien demandé. Le jeune homme n’a pas demandé à ce qu’on lui révèle une vérité trop dure à porter, pas même vraiment choisi de mettre les voiles. Ca a juste été la seule chose à faire, la seule réponse possible face à ce cauchemar dans lequel on venait de le pousser, corps et âme.
On lui a fichu ce poids sur le dos, mais il n’assumera pas en plus le manteau de la culpabilité pour son absence. Il n’a pas à rougir de ça. Pas à se sentir gêné d’avoir été incapable de cautionner tout ça. Pas plus qu’il ne cautionne l’entrée dans l’arène de Summer. Hippolyte a massacré l’avenir de sa fille, vendu son âme au diable et il en parle avec tant de désinvolture que s’en est écœurant. Si c’est de la provocation, c’est totalement inutile et malsain à son sens.
Il préfère ne rien répondre. Un autre genre de fuite, qu’il assume tout autant que la précédente.

« T’as toujours eu ce truc avec la science. Au grand dam de ton père, d’ailleurs… »
Ne parle pas de mon père. Voilà ce qu’il a envie de rétorquer tandis que ses poings se crispent malgré lui. Sauf que le shérif a bien plus le droit de l’évoquer que lui-même…  
Ca lui fait mal d’entendre ce genre de phrase. Mal de se souvenir. Il voudrait avoir un souvenir heureux auquel se raccrocher, être capable de reprenser à des moments où lui et son père étaient en harmonie, sauf que tout ce qui lui vient en tête, c’est cette affreuse conversation. La dernière qu’ils aient eue. La plus emblématique de leur relation tumultueuse et faites d’incompréhensions.

« Bon, allons droit au but. Comment tu te sens ? »
Et c’est à cet instant que Dorian se dégonfle totalement. Littéralement. Il laisse échapper un sourire haché par l’émotion qui l’étreint, lui noue la gorge et lui retourne l’estomac et le cœur. A nouveau, il sent ses yeux le picoter désagréablement et il lève rapidement sa main pour les essuyer avant que les larmes ne reviennent barbouiller ses joues rougies par le froid, un restant de frustration et de honte.  
« C’est une question complètement stupide, Bob » fait-il remarquer à Hippolyte, laissant échapper une exclamation cynique. « J’me sens comme un parfait trou du cul. C’est ça qu’t’es venu m'entendre dire ? C'est ça qu'tout le monde veut entendre ?»
Il se sent comme un gamin pris en faute et qui attend sa punition avec avidité. La punition qui lui permettra d’expier et de regagner l’amour et la confiance de ses parents. Sauf qu’il n’y a plus que sa mère.
« Il est mort en pensant que j’le détestais et…et c’était pas le cas. J’pourrai jamais lui dire que c’était pas le cas. »
Sa voix se brise et il ravale un énième sanglot, essuyant à nouveau ses yeux mouillés du bout des doigts, avant de passer ses deux mains sur son visage et d’observer le décor comme s’il recherchait quelque chose. Tout plutôt que de soutenir le regard de ce bon vieux shérif…  


Dernière édition par Dorian A. Spelling le Dim 17 Nov - 17:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Mer 13 Nov - 13:30

S'il  y a bien quelque chose que mon métier m'a appris, c'est que souvent, ne rien répondre est bien plus évocateur qu'une réponse. Je ne cherchais pas à le blesser en évoquant ma fille ou son père, mais son absence de réponse m'apprenait que ces choses le touchaient toujours. Car s'il ne disait rien à proprement parlé, son corps, lui, était un vrai interprète. Un mime.
Son souffle se faisait plus court, ses épaules se tendaient, ses poings se refermaient sur eux-même mécaniquement, mais surtout, je pouvais lire de la haine froide dans ses pupilles. Le message était aussi clair que s'il aurait été sous titré et dicté pour les aveugles. Il n'appréciait visiblement pas qu'on ait mis Summer au courant - ou plutôt, qu'on ne lui as pas laissé le choix. Le choix de ne rien savoir, et d'ignorer le triste secret de Grayson. Ou peut-être celui de faire sa vie sans se soucier d’un tas de trucs qui allaient la bouleverser à jamais. Mais il semblait oublier que son père, moi et les anciennes générations étions aussi passés par là ... Et on ne nous avait pas plus laissé le choix.
Mentalement, j'exultais de joie quand enfin, il montre des signes d'humanité. Il a envie de pleurer … Comme c'est mignon. Au moins, il ne me rentre pas dedans -pas encore. Mais il ne fallait pas se contenter de ça. Ne pas tout remettre en question, comme je supposais qu'il avait fait. Car si on commence à douter, alors ça engendre tout un tas de chose, et à Grayson, un tas de choses tragiques. On ne remettait pas en cause l'amour de ses parents quand ils nous apprennent que le père Noël n'existe pas, alors pourquoi le faire maintenant ? Ce n'est pas la même mascarade, mais le principe reste le même, au fond.

J'aimais déranger les gens. Ça m'donnait envie de les déranger encore plus … Et avec ce petit qui semblait avoir tout compris de la vie, c'était particulièrement tentant. Allez, pleure, c'est ta journée de toute façon. Chiale un bon coup et fais en sorte de ne plus jamais pleurer après ça. - Je ne veux rien entendre d'autre que ce que tu ressens vraiment. Que tu te sentes stupide vis-à-vis de ton père ou en colère après lui, après nous, que tu aies envie de t'enfuir à nouveau, que tu aies envie de comprendre ou de poser des questions ou je ne sais quoi, c'est ce que tu ressens au fond de toi qui importe. Si t'as envie de me frapper parce que tu penses que ça t'aideras, vas-y. Affronte tes pensées, car, aussi incroyable que cela puisse te paraître, ton père et moi avons traversé ce que tu vis en ce moment.. Bam. Qui aurait cru que je pouvais aligner autant de mots ? Chapeau bas moi-même. Bon, pas de quoi être fier face à un oisillon tombé de l'arbre … Même si l’oisillon a des réflexions que je ne supporte pas, des réflexions infondées.
- Dorian … Ne remets plus jamais en question l'amour de ton père. Un muscle de ma joue sauta alors que je cherchais son regard, masqué par ses mains. Je n’aimais pas qu’il pense ça de son père, ça de lui. Peu importe la manière, probablement –obligatoirement- violente dont son père lui a annoncé la nouvelle, son père le chérissait de tout son cœur. Comme je chéris ma fille chaque jour. Et ça, Grayson ne pourra jamais nous l’enlever. Mais même si c’était tout comme, Dorian n’était pas mon fils …
- Désolé … Tu viens d’arriver, je te fais la morale, c’est déplacé. Si tu veux être seul maintenant, j’peux comprendre … J’peux partir et te laisser seul, presque plus démuni que quand je suis arrivé. Je peux partir et enfin fumer. Et revenir, te laisser le temps de la réflexion, le temps de faire ton deuil, et d’enterrer ton enfance, mon petit, car tu réalises aussi bien que moi que face à toi se dresse l’immensité de nos responsabilités.
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Mer 13 Nov - 18:38

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Il a envie d’être ailleurs. A des kilomètres de là, bien à l’abri du regard intransigeants de tous ses anciens voisins, à l’abri de celui d’Hippolyte qui le transperce. Sauf qu’il ne peut plus faire marche arrière. Il a déjà tenté de fuir et ça n’a rien donné de très concluant. Dorian a eut beau s’estimer parfois chanceux, parfois tiré d’affaire, Grayson a toujours eu autant d’emprise sur lui. Il le réalise seulement aujourd’hui, à ses dépends. Il le réalise maintenant que son père est mort et enterré.
Il est rentré pour de bon cette fois. Il a rêvé de ce jour, cauchemardé serait un terme d’ailleurs plus exact, et maintenant qu’il le vit, il se sent… Coupable ? Lâche ? En colère ? Découragé ? Un peu de tout ça et d’autres choses encore ?
Oui, la vérité c’est que Dorian est totalement dépassé, largué, et qu’il lui faudra encore un moment pour atterrir tout à fait et comprendre dans quel pétrin il vient de s’embourber, pour de bon. Ca n’a été que partie remise. Ces cinq années passées en dehors du village n’ont été qu’une pure perte de temps et d’énergie. Dorian s’est bercé d’illusions. Il s’est trompé et malheureusement, il n’est pas le seul à en avoir payé le prix.

Le discours de shérif lui passe loin au-dessus de la tête. Pour le moment, Dorian est trop sonné, trop perdu pour vraiment lui accorder du crédit. Il se sent épuisé, et pas seulement à cause de la route ou du chagrin que la disparition de son père a provoqué. Il commence à peine à saisir ce qui va à présent se passer et à quel point il est coincé.
Condamné.  
Condamné à finir ses jours à Grayson, à vivre une vie de mensonges pour le soi-disant bien être du plus grand nombre. Une vie de laquelle il ne veut pas…

Malgré lui, il se remet à penser à toutes ces nuits. Les premières après la révélation de son père. Il y en a eu quelques autres par la suite. Des nuits sombres et pleines de terreurs. Des nuits entière passées face à des boites de médicaments. Des heures passées à contempler une corde. D’abominables minutes passée à sentir le goût métallique de l’arme de service de son père dérobée le jour de son départ dans sa bouche.
Il n’a jamais été capable d’en finir. Il n’a jamais été fichu de mettre fin à son cauchemar. Quelque chose lui dit qu’il n’y arrivera pas plus aujourd’hui. Quelque chose lui dit que Grayson n’est pas d’accord avec cette idée… Et ce que Grayson veut, Grayson à la fâcheuse tendance à l’obtenir.

« - Désolé … Tu viens d’arriver, je te fais la morale, c’est déplacé. Si tu veux être seul maintenant, j’peux comprendre … »
« Non. »
C’est sorti tout seul. Dorian plonge un regard presque suppliant dans celui du shérif avant d’éprouver de la honte et un peu de colère à son égard. Il le détourne de nouveau, observant le décor morne, trop calme. Tout ça lui a manqué…
« Il va me falloir du temps. Il va m’en falloir une quantité astronomique mais… J’ai été seul ces cinq dernières années et je crois que ça commence à me fatiguer. »
Une autre manière de lui avouer que lui aussi lui a manqué. Ils lui ont tous manqués. Du moins l’image qu’ils se faisaient d’eux et de son village idyllique.  

« On pourrait juste… Ne pas parler de tout ça maintenant ? »
Le tout ça désignant évidemment tout ce qui englobe le secret. Englobant les raisons de son départ, peut-être celles de son retour.


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Dernière édition par Dorian A. Spelling le Dim 17 Nov - 17:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Sam 16 Nov - 16:33

Je me sentais vraiment con, une fois que je le lui ai dit. C’est vrai … de quoi j’arrivais, me permettais de juger ce qu’il avait fait et espérer m’enfuir comme ça ? J’étais son parrain, OK, ça signifiait que je devais prendre soin de lui quand ses parents de le pourraient plus (ce qui est difficile à faire quand on est mort) OK, mais … même. Non. Bon, bah comme ça c’est clair. Non. Non, j’avais tort de m’excuser. Bien.
Je savais qu’un coup de pied, même littéral, bien placé ne lui avait jamais fait de mal. Surtout quand, au fond, je souhaitais avoir son avis sur ce qu’il ressentait, je ne le forçais pas (encore) à faire des choses insensées. Mais son regard, le regard qu’il me lança entre ses mains était bien plus intéressant et bien plus révélateur. Un regard que Dorian lui-même n’arrivait pas à soutenir. Un regard qui dévoilait ô combien ça lui avait manqué, qu’on lui parle, qu’on s’intéresse à lui, qu’on le comprenne et le soutienne. Des choses que des inconnus n’avaient probablement pas pu faire. Il expliqua, tant bien que mal, le regard sur l’horizon, qu’il lui faudrait encore du temps pour avaler la pilule, pour assimiler et accepter toutes ces choses que l’on attend de lui.
En langage Spelling, ça nous donne quelque chose du genre : j’ai fuit pendant cinq années, mais maintenant que je suis face à la réalité, il va me falloir un peu plus de temps pour l’accepter. Tout seul, c’est-à-dire, sans toi, mes parents et toutes les personnes à qui je tiens et qui auraient pu m’aider dans ce que je traverse, et ça commence à me fatiguer, comprenez que je veux en finir avec ma vie de vagabond et revenir à l’ancienne.
Sauf que nous savons pertinemment que son ancienne vie était morte il y a environ cinq ans. Et que jamais il ne pourrait la retrouver. Le plus dur, c’est que je ne pouvais rien y faire. Ni pour lui, ni pour Summer, ni même pour moi-même. On nous a lâché dans cette arène, et il n’y a pas de lutte contre les lions, on se contente juste de faire des choix pour rester en vie. Ni plus, ni moins.

J’acquiescais sur ses derniers mots. Changeons de sujet, pour ne pas revenir à celui-là avant longtemps. Je me levais doucement. Si le sujet était clos, alors il en avait sûrement fini avec la sépulture de son père, le cimetière, tout ça … Allons de l’avant. Allons fumer. Parfait. On s’en va, alors ? Du moins, moi, je m’en allais, libre à lui de venir … ou non. Mais croupir dans l’herbe, ça allait un temps. Je pris la direction de ma voiture, essayant d’établir dans ma tête un nouveau sujet de conversation. Je ne pouvais plus vraiment lui parler de son père, ni de ses années loin de Grayson, ni de mon boulot qui lui rappellerait sans doute trop son père … Ni non plus de son dessin animé préféré … Je ne voulais pas non plus remettre le sujet de conversation sur ma fille, vu l’issue de la première tentative … Tout devenait assez compliqué, au final. On allait se retrouver comme deux sombres abrtis qui n’ont plus rien à se dire … Et je ne me rappelait pas une seule autre fois où nous n’avions rien à nous dire. Je tentais un sujet, même s’il serait peut-être lui aussi rapidement enterré avec la mention : « à oublier ».
- Alors, tu deviens quoi ? Médecin, c’est ça ? Une copine –ou un copain ? Je ne voulais pas évoquer des choses qu’il perdrait en venant ici, j’espérais sincèrement que ce qu’il avait précipitamment lâché en venant ici, il le retrouverait bientôt. Un boulot. Des envies. Tout ce que la vie peut offrir, que ce soit ici ou ailleurs. Certes, ici, nous n’avions peut-être pas autant de choix de carrière que dans de grandes villes, mais ça n’empêchait pas d’être heureux. Car Grayson offrait aussi bien le bonheur que l’horreur. A nous de choisir lequel des deux dicterait notre vie.
Et c'est quand on pense à ce genre de chose que Grayson, dans sa grande bonté, nous chie dans les bottes. A ce moment, la tombe de Matt Wuornos servait ce rôle. Vlan. Prends ça dans tes dents et tes beaux discours.
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Dim 17 Nov - 18:03

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Dorian se contente d’acquiescer, sans un mot et l’actuel shérif ne perd pas une seconde à mettre les voiles.
Son cadet, pour sa part, s’attarde encore un peu en arrière, hésitant à risquer un coup d’œil par-dessus son épaule. Un dernier coup d’œil en direction de la tombe de son père, en direction de toutes les autres. Combien de ceux qui sont enterrés là, sous ses pieds, le sont à cause d’eux ? Combien d’innocents ? Combien de coupables ? Combiens de victimes et combien de bourreaux ?
Stop. Il sait que s’il commence à y songer, il va de nouveau craquer et peut-être même reprendre ses jambes à son cou. Et Dorian ne peut plus se le permettre. Il en a assez de sa solitude, assez d’être éloigné de ceux qu’il aime et le connaisse. Il en assez de fuir et de toute manière, le médecin en devenir à comprit qu’il ne parviendrait jamais à mettre assez de distance entre lui et Elle. Jamais assez…
Renonçant à observer une dernière fois la pierre tombale de son paternel, par honte mais également un peu parce qu’il est en colère contre lui, le grand brun emboite enfin le pas à Hippolyte.

Ce dernier a déjà grimpé dans son auto et sans lui en demander la permission, le cadet ouvre la portière du côté passager et se glisse sur la banquette en laissant échapper un lourd soupir. Il ferme les yeux quelques instants, essayant de faire le vide, la tête appuyée contre le cuir. Il se focalise sur sa respiration durant un moment, pendant que le conducteur met le contact.  
Le silence a repris ses droits dans l’habitacle, ce qui va bien à Dorian. Il n’a aucune idée de ce qu’il pourrait bien dire à Hippolyte. Il y a un tas de sujets qu’il aimerait aborder, mais ce n’est pas le moment. Il ne veut pas risquer de commettre une bourde après avoir manqué cinq années de la vie du shérif et n’est pas certain d’avoir envie de trop lui faciliter la tâche non plus.
Après tout, il est toujours en colère. Toujours frustré, perdu et plein de rancœurs.

C’est finalement le plus vieux qui se lance. Dorian, qui s’était un peu redressé et observait le paysage rébarbatif défiler par la fenêtre, tourne la tête vers Hickok, un faible sourire amusé aux lèvres.
« Sérieusement ? Tu es en train de me demandes si je suis devenu gay ? Tu sais, c’est pas parce que j’utilise de l’anti-cerne et que j’accorde mes fringues que j’suis homo. J’vois que les choses ont pas changé en tout cas. Toujours aussi plein de préjugés sur les citadins dans l’coin » plaisante Dorian avant de retrouver sons épineux.
C’est à dire que le sujet est épineux. Pas celui de son homosexualité, de ce point de vu là, les choses sont clairement définies. Non, ce qui pose souci, c’est que la question des fréquentations le ramène à Hadley…
« J’ai eu quelques histoires mais j’ai mis un terme à la dernière quand j’ai appris pour mon père. C’était rien de très sérieux de toute manière… Une collègue de l’hôpital. Infirmière. J’suis en internat pour le moment. C’est ma dernière année. J’ai demandé mon transfert au centre de Trimble. J’ai du tirer quelques ficelles pour que ce soit accepté dans un délai si court mais ça a marché… A croire qu’on voulait faciliter mon retour dans le coin. Enfin je reprendrai le boulot que dans une douzaine de jours, le temps que je m’organise. J’vais devoir faire quelques allers-retours encore pour finaliser tout ça mais c’est en bonne voie…»
Comme ça, si le shérif se posait encore des questions sur la durée de son séjour à Grayson : le voilà çà présent fixé. Dorian est revenu pour de bon.

« Et de ton côté ? Il a dû se passer un tas de trucs, non ? Madame Pietski te donne autant de fils à retordre qu’à papa ? » ne peut-il s’empêcher de sourire en repensant à cette bonne vieille foldingue d’Elma.


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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Dim 17 Nov - 22:32

Prendre son temps, toujours. Mais bien souvent, on ne fait que le perdre, et c’est une chose maligne, car jamais on ne la retrouve. Les tombes qui s’enchaînent, comme autant de rappels sur ce temps qu’on achète, ce temps qu’on paye de nos corps, de notre sang, de notre intégrité. On l’achète en vendant nos parents, nos voisins, et on vit grâce au mal que l’on fait – et on le fait, au risque de voir notre temps s’envoler à la même vitesse que notre tête loin de notre corps.
Je ne m’arrêtais pas sur les tombes, pas besoin. Je connaissais les noms de toutes les sépultures. Les tombeaux des familles anciennes de Grayson. Celle de ma femme. La sienne, c’était toujours une matraque sur mes os. Un feu dans mes tripes. Elle me vidait, de tout. Mais parfois, elle ne laissait que l’amour derrière –un amour qui fait vachement mal – car je savais que ma femme n’aurait voulu que mon bonheur. Mais j’évitais d’y aller, c’était plus simple. Summer s’occupait de la tombe.

Donc je me retrouvais, au fond de mon siège, à brûler une cigarette. Brûler. Toujours, brûler. On en revenait souvent aux mêmes choses. J’expirais la fumée, la laissant m’hypnotiser quelques secondes. Dorian me rejoint enfin. Ah, merde. C’est vrai, il fume pas. J’ouvrais ma fenêtre. Bon, et avec tout ça, il va avoir froid, et ça va être de ma faute, vous allez voir … Je mis le contact et le chauffage se lança péniblement. Heureusement, l’essence ne coûte pas cher … Chauffer les fenêtres ouvertes, on a déjà eu de meilleures idées. Je jetais le mégot à l’extérieur, remontais la vitre et démarrais la voiture et une conversation.
Je lui demande comment ça va, sa vie. Ce qu’il en a fait, pendant ces années loin d’ici. Il retrouve un air joyeux que je ne lui avait pas vu depuis longtemps. Qui fait du bien, qui détend les maxillaires. - Et pourquoi tous les citadins du coin auraient des préjugés sur ça ? OK, t’as peut-être pas tort, mais j’m’en fiche de qui te rend heureux, que ce soit une fille, un mec ou un canard. Même si c’est glauque, le canard …  
Je virais à droite et baissais le son de l’auto-radio, avant de reporter mon attention sur Dorian. Trimble ... Fiou. Les habitants de Grayson avaient la manie de demander à Nathaniel le fou Redd toutes sortes de conseils ou consultations, je préférais cent fois (si ce n’est plus) qu’il soit embauché à l’hôpital de Trimble. Bon fiston. Prends ton temps, n’hésite pas … Certains vont peut-être te poser au moins autant de questions que moi, avec sans doute beaucoup moins de tact. D’autres vont te faire chier, tu sais, on pourrait avoir tous les nominés de la palme d’or des gens les plus cons à Grayson. Prends tout ton temps, ils sont pas pressés à Trimble.
Et donc, du côté de Grayson ? Bah, on gère les cons de consanguins et les fous. Tout en essayant de ne pas tomber dans la folie soi-même. Bienvenue à Grayson, bourgade paumée, Missouri. Tu peux le dire … Un tas de trucs. J’ai pas d’exemple en tête là … Oh, Elma ne pose pas trop de problèmes en ce moment … Hmm, maintenant que tu le dis, c'est assez suspect. Peut-être que sa raison est miraculeusement revenue ! Ah … On l’aimait bien, cette vieille femme. Elle était gentiment folle, à tendance parano, et elle appelait régulièrement le poste pour nous donner de ses nouvelles ... Pas comme les Redd, qui étaient de grands malades psychotiques qui se voilaient derrière un masque de parfaits petits voisins à la Desperate Housewives. Non, une folle qui appelle parce que son fils n'est pas rentré pour le goûter, ou parce que le laitier n'est pas venu récupérer les bouteilles de lait. Sauf que ses enfants sont tous partis du toit familial depuis bien longtemps, et le laitier ne fait plus de porte-à-porte.

Je me garais à l’entrée de Madison Street. Je ne lui avait pas vraiment demandé notre destination. Pas plus que j’avais la moindre envie d’aller à un endroit spécial. J’étais bien, dans cette voiture, avec lui et mon paquet de clopes, d’où j’en tirais d’ailleurs une autre. Me revenait une autre anecdote alors que je l’allumais –la clope, soyons précis, avec tous ces esprits pervers. D’ailleurs, y’a deux ou trois ans, un autre retraité du patelin, un voisin d’Elma, a fait un feu de joie dans son jardin - pour brûler des feuilles mortes je crois. Il a réussi à ne plus contrôler le petit feu et à s’enflammer un peu, du coup il est parti chez Pietski en sous-vêtements pour appeler les pompiers. On en a entendu parler des jours et des jours après ça … Au moins, ça changeait des appels pour signaler la disparition de l’un de ses chats … J’te dépose là ou … ? Ou on reste ici à s’raconter des anecdotes le reste de la journée, au chaud dans la voiture en courant d’air ? J’parie qu’il avait eu des patients un peu bêtes, un peu drôles, des cas « gênants » ...
Et ce genre d'histoire, ça m'allait bien, je voulais bien rire du malheur des autres.
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Mer 20 Nov - 17:44

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Dorian lève les yeux au ciel en entendant Hippolyte le prévenir que certains habitants vont le faire suer avec leurs questions… Il serait le dernier des imbéciles s’il ne s’y était pas préparé et si l’on pouvait traiter Dorian de lâche on ne pouvait pas le soupçonner d’être un idiot. Il a d’ailleurs envisagé son retour comme on envisagerait une lourde opération de plusieurs heures. On s’y prépare physiquement, mentalement, on visualise toutes les étapes, on prévoit l’imprévisible autant que possible et on se prépare tout de même à devoir improviser.
Ce qui l’a le plus ennuyé, ce n’est pas l’idée de devoir répondre aux questions de ses voisins et anciens amis sur ce qu’il a fait durant son absence, c’est de devoir répondre à la grande question : pourquoi être parti comme un voleur ?
Le médecin urgentiste sait d’avance que sa réponse, quelle qu’elle soit, ne conviendra pas à certains. Ils ne pourront pas s’empêcher de lui en vouloir, de l’accuser d’avoir tuer son père à petit feu. Peut-être que c’est vrai, peut-être pas. A d’autres, Dorian n’aura pas à mentir parce qu’ils sauront pertinemment pourquoi il s’est dégonflé.
Et puis il y a Hadley… Hadley à qui il ne compte pas mentir et dont il appréhende la réaction. Il n’a pas réussi à se préparer à la revoir. Dorian a eu beau avoir essayé cent fois, rien de satisfaisant ne lui est venu et il se sent terrifié par la simple idée d’avoir à soutenir son regard. Il va devoir y aller au culot.

« Tu peux le dire … Un tas de trucs. J’ai pas d’exemple en tête là … Oh, Elma ne pose pas trop de problèmes en ce moment … Hmm, maintenant que tu le dis, c'est assez suspect. Peut-être que sa raison est miraculeusement revenue ! »
Il rit. Le premier rire franc qui s’échappe de ses lèvres depuis… Eh bien certainement depuis l’annonce de la mort de son père. Des tas de souvenirs lui reviennent en mémoire, concernant cette timbrée d’Elma et ses chats imaginaires.
« Tu crois encore aux miracles ? Nah, elle doit simplement être trop occupée à préparer toutes ses tourtes avec la bouffe de chat qu’elle achète… Elle tente encore de participer au concours de cuisine annuel ? Comme si qui que ce soit avait la moindre chance face à Lucinda Redd… » conclut-il d’un ton boudeur.
Combien de fois a-t-il vu sa mère rentrer, furieuse, parce qu’elle avait encore atterrit à la seconde ou troisième place. « Devinez qui a encore raflé le premier prix ? » leur lançait-elle à son père et lui, les joues rougies et les cheveux en bataille. Son père et lui échangeaient généralement un regard complice et la laissait se répondre toute seule et chercher à critiquer leur parfaite voisine, en vain. Lucinda Redd était parfaite au point d’en devenir absolument imbuvable. Elle restait toujours très aimable ceci dit et il était difficile de lui en vouloir très longtemps… Sa mère finissait toujours par s’en vouloir et le lendemain, il la surprenait en train de préparer une plâtrée de cookies ou autres gourmandises pour la rouquine afin de laver sa conscience.

« …Au moins, ça changeait des appels pour signaler la disparition de l’un de ses chats… J’te dépose là ou… ? »
« Oh hmm… Si t’es pressé, oui, mais si c’est pas le cas… »
La vérité, c’est que sa prochaine étape est d’aller trouver Hadley chez elle, en espérant que son père et Matt le laisse entrer si jamais c’est eux qu’il trouve en premier. Il n’a jamais osé prendre de ses nouvelles et sa mère s’est gardée de lui en donner. Si son père approuvait son choix de petite amie, ce n’était pas le cas de Suzanna Spelling qui la jugeait trop… franche, trop délurée pour son Dorian chéri.
Il commence déjà à se dégonfler, c’est pathétique.
« Juste cinq minutes. Histoire de faire parler les bavards qui nous verrons » sourit-il, un brin fataliste. « J’ai vu des tas de rideaux se lever pendant que j’allais vers le cimetière. Je pense que l’annonce de mon retour est déjà sur toutes les lèvres. Le scoop du mois, non ? J'aurai drpit à ma photo dans le journal local ? Vous en avez toujours un ?»
Une façon comme une autre de demander quels sont les potins du moment, puisqu’il ne s’agit apparemment pas d’Elma Pietski. Il a surtout envie de savoir combien de temps il restera le sujet de conversation numéro un ou si les graysoniens ont une histoire plus croustillante à se mettre sous la dent.

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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Jeu 21 Nov - 7:27

La bonne vieille Elma Pietski … Elle n’avait plus toute sa tête, mais il faut reconnaître qu’elle avait le don de faire rire Dorian. Un beau rire, clair. Un rire qui fait du bien, pour lui, pour moi, pour cette tension qui s’était installée dès que j’avais posé un pied dans le cimetière. Il n’aurait jamais fait ce genre de remarque un quart d’heure auparavant. Et là, il plaisantait au sujet d’Elma, se souvenait des plats de Lucinda –qui malgré sa folie, jouait à la perfection son rôle de Desperate Housewive, surtout avec ses talents de cuisinière. Pauvre Suzanna, qui finit chaque année sur le podium, certes, mais toujours derrière Lucinda. D’une manière ou d’une autre, j’avais la chance de toujours avoir une part des plats qu’elles préparaient. Je joue le pauvre petit shérif qui a tant œuvré pour la ville et qui n’a pas le temps de se faire à manger … J’avais eu le temps d’apprendre, mais le truc avec ces petites communes, c’est que l’on pense toujours que c’est la place des femmes dans une cuisine … Alors, avoir des plats de temps en temps, je n’allais pas cracher dessus. Summer non plus, même si je pense pouvoir dire que je me débrouille pas trop mal. Enfin, quoi qu’il en soit, j’aimais particulièrement la période du concours de cuisine !

Je me garais à l’entrée de Madison, lui laissant le choix de partir ou de rester. Visiblement, il ne semblait pas très pressé … Joan m’appellera s’il y a une urgence … Donc j’ai le temps. Je sentais que quelque chose couvait sous la surface. Même après ses rires, même après ses remarques … Il restait des non-dits dans l’habitacle de la voiture. Je pianotais des doigts la portière où mon bras reposait, le regard au loin. Deux habitants visiblement pressés, mais qui ne perdirent pas une miette du contenu de la voiture. Le fils Spelling, dans une vitrine rutilante. Amères sont ses paroles, à son propre propos.
- C’est même sûr et certain … Si l’un d’eux te voit, sa famille est au courant dans la minute, puis les amis, les voisins, les amis des amis des voisins … Donc oui, tu as tes chances pour voir ta tête dans le journal demain. Et pour répondre à ta question, bien sûr que le journal vit encore, au cas où des petits secrets seraient dévoilés ou bien plus détaillés que les rumeurs … Mais il va falloir que tu partages la une avec le couple qui a disparu la semaine dernière. Les recherches n’ont rien mené … Et ne mèneront très certainement à rien. Mais … c’était peut-être encore un peu tôt pour tout lui dévoiler. Au pire, il ferait les déductions qui s’imposent tout seul et m’insulterai ensuite pour ne pas lui avoir dit. Je tirais une bouffée sur ma cigarette. C’était pas grave, tant qu’il me parlait.

Bon. Et maintenant ? Aurais-je la chance de savoir ce qui le tracasse encore ? Ou bien resterons-nous sur ce sujet « tragique » qu’est la mort de ce couple ? Oh, et qui sait, avec un peu de (mal)chance, il y aura aussi Declan sur cette couverture. Encore un peu plus de pathos, faisons pleurer les maîtresses de maison. Et mes doigts qui jouaient la mélodie du bonheur sur la portière. Je coulais un long regard vers mon passager. Dans la voiture, on ne jouerait pas au chat et à la souris. Je le connaissais depuis qu’il était né, je pense que je pouvais supporter ce qu’il avait à dire … Bon, soit tu me parles de ce qui te travaille, soit tu me racontes des trucs cools qui te sont arrivés pendant ton internat. T’as vu, dans ma grande bonté, je te laisse même le choix. J'espérais, dans l'ordre, qu'il parle du choix n°1, puis du choix n°2 -puisque de toute manière, je ne pourrais jamais le juger, c'est pas maintenant que je vais commencer (enfin, pas trop)- et surtout pas l'option n°3 : se tirer de la voiture avec un grand sourire.
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Ven 22 Nov - 8:30

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Dire qu’il ne s’attendait pas à voir le shérif libérer son emploi du temps pour lui serait mentir. Il lui adresse un petit sourire, essayant de s’imaginer à quoi ressemble Joan aujourd’hui. Mais quand il tente d’y penser, il se souvient d’une fois où elle était venue manger avec lui et Carter au pique-nique d’été et se met à imaginer à quoi pourrait bien ressembler son ex petite amie aujourd’hui…  
Il détache sa ceinture et essayer de s’installer plus confortablement dans la voiture d’Hickok pendant que celui-ci confirme ses craintes à propos des rumeurs qui vont circuler sur son compte. Et alors qu’il s’imagine déjà être interviewé pour le journal local, son interlocuteur lui parle d’un couple disparu la semaine avant son retour.
Dorian reste interdit un moment.

Un couple disparu la même semaine que la mort de son père ? Ca ne peut pas être une coïncidence. Ca ne peut pas… Ou peut-être que si. Peut-être qu’il voit le mal partout, se monte la tête et imagine des choses. Peut-être qu’il veut voir le mal partout…

« Bon, soit tu me parles de ce qui te travaille, soit tu me racontes des trucs cools qui te sont arrivés pendant ton internat. »
« Pendant mon… Hem… »
Il éprouve des difficultés à s’arracher à ses pensées et à se reconnecter à la conversation qu’il essayait de mener avec le shérif. Son cerveau carbure à plein régime à présent. Ce n’est pas la première fois que des gens disparaissent à Grayson. Ca arrive relativement souvent même. Leurs bois sont dangereux pour les touristes qui continuent à s’y aventurer malgré les mises en garde, mais il n’y a pas que ça. Il y a aussi les lacs qui peuvent s’avérer traitres, la faune locale et puis c’est un petit village paumé qui attire les fugueurs et autres personnes en pleine remise en question. Ca a toujours été comme ça, pour une étrange raison. Il ignore combien de personnes sont passé par Grayson et ont pris la décision de ne jamais retourner là d’où il venait ou de ne jamais pousser jusqu’à leur destination initiale. Certains de leurs disparus se manifestent des années plus tard et correspondent avec leurs proches pour expliquer leur geste. Il a du moins entendu parlé d’au moins deux cas de ce genre du temps où son paternel était encore shérif.
Est-ce que ce couple que le shérif actuel vient d’évoquer réapparaitra prochainement ? Pas sûr. Mais c’est possible.

Dorian passe ses deux mains sur son visage tendu par la fatigue et les doutes, puis soupir et cherche à sourire à Hippolyte. Un sourire fatigué et crispé.
« Désolé, j’suis un peu… Je viens de traverser la moitié du pays pour rentrer et... C’n’est pas une journée facile. J’suis épuisé et voir la tombe de mon père ça…ça m’a mis un sacré coup. Et je dois encore aller m’expliquer avec Hadley alors… Là tout de suite j’ai dû mal à penser à des trucs cools. »    
Il a remarqué quelque chose au moment où de citer Carter. Une ombre sur le visage du shérif qui l’intrigue. Les sourcils bruns du médecin se froncent. Il se trompe peut-être mais il veut en avoir le cœur net.  
« Y a quelque chose que j’devrai savoir ? A propos d’Hadley… J’ai pas osé aborder le sujet avec ma mère encore mais… Elle s’est mariée ou quelque ch… »  
Et puis tout à coup il comprend. Ou croit comprendre. Ses mâchoires se serrent un peu plus et il sent la colère recommencer à gronder en lui.
« Je ne vais pas lui expliquer les véritables raisons de mon départ, si c’est à ça que tu penses, Hippolyte » grince-t-il avec agacement, avant de laisser au shérif une chance de s’expliquer.  

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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Sam 23 Nov - 21:52

Le petit Spelling a bien du mal à rester concentré. Perdu dans ses pensées, il doit écouter qu’un mot sur deux ou trois, alors forcément, il comprend rien à ce que je raconte. Je savais qu’il avait besoin de temps. Je savais que beaucoup de choses l’avaient remis en question dernièrement, et que perdre un de ses parents n’a rien d’aisé. Je ne l’avais pas vu depuis cinq ans, et maintenant, ses traits s’étiraient encore plus, révélant sa fatigue et accentuant sa maturité. Il avait bien changé, le petit Spelling.
Mais je ne voulais pas qu’il sombre complètement, alors je parlais et lui posais des questions. Il s’excuse un peu sur son état, expliquant que sa journée a été bien longue et qu’elle était loin d’être finie. A l’évocation d’Hadley, je me figeais. S’il voulais s’expliquer avec elle … C’est qu’elle ne lui avait pas adressé la parole depuis un certain temps. D’ailleurs, les rares nouvelles que j’avais eu de lui venaient de sa mère, il avait rompu tout autre contact … Et Suzanna, clairement, ne lui avait pas annoncé le décès de Matt. Il ne ressentirait pas le besoin express de s’expliquer avec elle un an après la mort de son frère, autrement. Et Carter n'a peut-être pas non plus ressenti le besoin de l'en informer, pensant que Suzanna l'aurait fait. Et c'est avec ce genre de raisonnement que nous en arrivions à ma/notre délicate situation.

Y a quelque chose que j’devrai savoir ? A propos d’Hadley… J’ai pas osé aborder le sujet avec ma mère encore mais… Elle s’est mariée ou quelque ch… Il s’interrompt un bref instant, comme sur le coup d’une révélation, et finit sa phrase comme si de rien n’était, le ton de sa voix un peu plus accusateur encore. Heureusement, parce que je ne voyais pas tout de suite de quoi il voulait m’accuser … Je ne vais pas lui expliquer les véritables raisons de mon départ, si c’est à ça que tu penses, Hippolyte. Je me sentais vaguement comme un lapin prit dans les phares d’une voiture. Comme un enfant piégé en pleine connerie – dont il n’est pas responsable.
Bon, mes amis, comment annonce-t-on un décès à un mec coupé du monde pendant cinq ans, et qui revient comme une fleur à cause d’un autre décès ? Cadeau du jour bonjour. Je secouais la tête négativement, prenant mon temps. Je ne savais pas par où commencer. Et même si j’avais déjà eu à annoncer le décès de Matt à son propre père, je craignais que ce soit au moins aussi difficile pour le faire à Dorian. J’allais briser un peu plus tous ses rêves, l’enfoncer un peu plus dans le monde des enfers.
- Ce … C’est pas le problème. Je sais que tu diras rien. Bon, je mettais l’accent sur le fait qu’il y ait un problème. Mais, fais chier, aussi … Je passais ma main sur mes yeux, sur mon visage, machinalement. Pour ne pas penser à ce que j’allais dire. Pour espérer une miraculeuse porte de sortie, un braquage en live devant nos yeux ou autre chose … Mais en même temps, je ne pouvais pas le laisser aller chez Carter comme ça … Sans savoir.
- Euuh … Le truc, c’est pas Carter. C’est … son frère, Matt. Il est … Il a eu un accident et … et ça va faire un an donc … j’suis pas sûr qu’aller t’expliquer avec elle aujourd’hui soit … très malin, tu vois ? Désolé … Oui, je suis sincèrement désolé de te l’apprendre comme ça. Personne ne devrait avoir à subir ce qu’il vivait. Personne. C’est pas humain, d’apprendre qu’autant de personnes dont on était proches et que l’on a pas vu depuis des années, on ne les reverra plus. Peut-être que j’aurais dû le lui dire quand nous étions au cimetière … Peut-être …


Dernière édition par Hippolyte "Bob" Hickok le Dim 24 Nov - 17:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Dim 24 Nov - 11:06

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Ce n’est pas à ça qu’Hippolyte pense. Les sourcils de Dorian se froncent alors qu’il sent le malaise croitre chez son interlocuteur et lui être communiqué. Il se passe quelque chose. Du moins, il s’est passé quelque chose dans la vie d’Hadley. Quelque chose d’assez grave pour que le shérif perde ses moyens face à lui et n’ose pas vraiment croiser son regard. Quelque chose de plus grave que l’idée même qu’il puisse dévoiler leur grand secret à son ex-fiancée.
L’homme le rassure tout de même très vite sur le sort de la jeune femme. Le problème ne vient pas d’elle. N’empêche que l’espace d’une seconde, son cœur du médecin s’est arrêté et qu’il a retenu son souffle, craignant de l’entendre prononcer trois mots. Trois mots froids aux conséquences irrémédiables. Trois mots qui l’auraient achevé lui-même.
Hadley est morte.
« Ton père est mort. »
Dorian se sent encore étourdi lorsque finalement, le couperet tombe, pour quelqu’un d’autre qu’Hadley. Matt… Dorian a dû annoncer quelques décès au cours de son internat déjà et il a parfaitement compris quelles conséquences l’accident avait eues. Le ton du shérif, l’expression de son regard, la crispation de son visage… Il n’y a pas de doute : Matt Wurnos ne s’en est pas tiré. Et durant une poignée d’affreuses secondes pourtant, le fils de l’ancien shérif éprouve du soulagement. Mais ça ne dure pas parce qu’il sait qu’Hadley ne va pas bien pour autant. Elle n’est peut-être pas morte mais elle doit assurément être dévastée.
Et égoïstement, il pense aussi au fait qu’elle doit le haïr d’avoir été absent durant cette épreuve et que ça ne va assurément pas lui faciliter les choses.

« Oh… C’est… Oui, ok. Hem… Mais comment… Enfin oui, je vois… »
Il n’a même pas vraiment conscience de bafouiller, les sourcils toujours froncés, arborant une expression plus intriguée qu’autre chose. Il ne remarque pas vraiment que son visage vient de perdre le peu de couleurs qu’il avait. Son cœur s’accélère dans sa poitrine et il est pris d’une bouffée de chaleur qui l’incite à tirer sur le col de son manteau fermé. IL ferme les yeux quelques secondes, cherchant ses mots.
Il voudrait poser tout un tas de questions au shérif, sur l’accident en lui-même, sur la manière dont le vit Hadley, savoir si son père tient le coup, mais tout s’embrouille dans sa tête et sa gorge est trop nouée pour laisser passer quoi que ce soit.
Dorian ferme les yeux un instant, les rouvre pour les braquer avec indécision sur le shérif, secoue la tête d’un air consterné, tique et finalement, se rend compte qu’il est sur le point de vomir.
« Oh merde » lâche-t-il précipitamment, avant de se battre contre sa ceinture de sécurité et de se tourner sur son siège pour tirer sur la portière et s’extirper du véhicule.
Il doit s’y reprendre à deux fois tant ses gestes sont gauches mais il finit par parvenir à bondir hors de la voiture et s’en éloigne sur ses jambes incertaines.

Le jeune homme reste un moment courbé sur le bas côté de la route, une main portée à sa poitrine, l’autre appuyée sur sa cuisse. Finalement, rien ne vient. Il reste nauséeux, il est prit de haut le cœur deux ou trois fois, mais les choses s’arrêtent là. Il entend la portière du shérif s’ouvrir à son tour et pousse un lourd soupir, appuyant ses deux paumes sur ses cuisses, cherchant à retrouver un rythme respiratoire normal.
Hippolyte reste dans son dos, d’abord silencieux, ne sachant certainement pas trop quoi lui dire de plus. Il n’y a de toute façon rien à dire. Il est partit et Grayson ne s’est pas mise en pause pour ses beaux yeux. Les gens ont continués à vivre et certains, malheureusement, ont arrêtés.
Comment a-t-il pu ne pas envisager ce genre de scénario ?
« Pourquoi est-ce qu’elle ne m’a rien dit ? » parvient-il finalement à articuler avec colère, faisant référence à sa mère.
Sauf que c’est injuste de la blâmer et il le sait. Elle n’a sans doute pas osé le faire, pas voulu le faire culpabiliser. De toute façon, il n’a rien à lui reprocher : c’est lui qui a fait le choix de mettre les voiles et de ne pas assumer. Et puis il n’a jamais posé de questions.
En réalité, il n’a jamais prononcé un mot… Il se contentait de composer le numéro de chez lui et de garder le combiné à l’oreille pour entendre la voix de sa mère qui discourait seule, parlant de tout et de rien, lui soufflant de temps à autres qu’il leur manquait à elle et son père. Il lui a suffit de l’entendre respirer pour comprendre à qui elle avait à faire. Elle ne lui a jamais demandé de s’exprimer. Parce qu’elle savait sans doute que ça aurait été trop difficile pour lui et voulait que sa décision de revenir vienne de lui. Alors il s’est tu pendant cinq ans.
Et pendant ce temps, la vie a suivit son cours sans l’attendre à Grayson.

« Quel con » crache-t-il entre ses dents, se redressant enfin pour contempler à nouveau le ciel dégagé, essuyant ses yeux brouillés de larmes. « J’ai même pas… J’ai pas pensé qu’un truc pareil pourrait arriver. J’ai pas pensé… J’ai pensé qu’à moi. »
Il se tourne vers le shérif et secoue la tête.
« Vous auriez dû revenir me chercher par la peau du cul. Toi ou mon père. Vous auriez dû… »
Mais c’était encore rejeter la faute sur eux, alors qu’il était le seul coupable.
« J’ai mis trop longtemps à revenir. J’me suis retrouvé…coincé. J’pouvais plus rentrer, tu comprends ? Si mon père avait vécu encore dix ans, je… J’ai merdé. »
Merdé en beauté. Il a perdu cinq ans de sa vie à nager à contrecourant pour rien du tout. Il a fait souffrir un tas de gens pour finalement revenir la queue entre les jambes, quand il est trop tard pour faire amende honorable et réparer ses erreurs. C’est pathétique…
« C’est moi qui suis désolé » peine-t-il à articuler, déglutissant des larmes de rasoirs.  
Et finalement, il fait ce qu'il a eu envie de faire dès la seconde où il a croisé le regard du shérif : il s'avance vers lui pour l'étreindre quelques secondes, cherchant un peu de réconfort et espérant ne pas être repoussé, même s'il estime l'avoir mérité.     
Parce que c'n'est pas vraiment de la colère qu'il prouve au jour d'aujourd'hui, c'est la honte qui l'anime, la honte qui l'a empêché de rentrer plus tôt et la maintenu loin de Grayson et de tous les êtres qui lui sont chers.

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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Dim 24 Nov - 16:00

Et voilà. Je compte jusqu’à trois, et le petit Dorian va se rendre compte de ce que j’ai dit. Un. Soulagement. Ce n’est pas la vie de Carter qui est en jeu, il baragouine des mots sans importance. Deux. Réalisation. Absence de couleurs sur son visage, tout s’estompe, bouffée de chaleur et regard ahuri. Trois. Action. Combat avec son corps, avec la voiture.
Je me giflais mentalement. Une fois n’est pas coutume. Je voyais son corps, courbé en deux, attendant sûrement qu’il rende l’intégralité de son contenu. Bon. J’allais pas le laisser tout seul, en plus de ça … Le champ des personnes qu’il connaissait et appréciait semblait se restreindre d’heure en heure … C’est difficile d’endurer un deuil, alors deux en l’espace de quelques jours … Je me décidais à sortir de la voiture. Je claquais la porte, pour qu’il entende que je sortais, à sa rencontre. Au moins, il ne s’était pas enfui. Alors, je me contentais de rester à quelques pas de lui, lui laissant avec ses pensées et ses hauts-le-cœur. Je ne pouvais rien dire de plus, rien lui offrir non plus. Que pouvais-je y faire ? Ils étaient morts et enterrés. Enfin, plus ou moins enterrés. Mais ça revenait au même : il ne pourrait plus jamais leur parler.
Sa crise probablement passée, il expie ses paroles, les crache sur moi comme s’il pensait que ça changerait quoi que ce soit à la situation. Pourquoi ta mère ne t’as rien dit ? Je ne sais pas, au hasard, parce que tu ne lui as rien demandé ? Ne crois pas que je n’étais pas au courant. Je leur demandais s’ils avaient eu de tes nouvelles. C’est plutôt eux qui en donnaient, et ils, surtout ta mère, ne voulait pas t’inquiéter inutilement. Mais tout ça tu le sais, pas vrai ? Et tu n’as pas envie de me l’entendre dire. Donc, je gardais le silence. Mais vas-y, crache-moi tes paroles, expulse tes pensées, ça soulage.
Je le laissais faire. S’insulter soi-même, je connaissais. Insulter les autres aussi. Au moins, il avait l’audace de se tenir debout, face à moi. J’hésitais un moment à lui mettre une bonne vieille droite –ou, au choix, un revers – mais je me retenais. Il fallait qu’il comprenne par lui-même, qu’il fasse un point sur sa vie. Sur tout. Et c’est le genre de choses qui demandent un peu plus de cinq minutes – j’en savais quelque chose. Pas de gifle, pas d’excusees, pas de conseil. Pas pour le moment.

C’est moi qui suis désolé. Mensonges, mensonges, mensonges. Mon poing me démange. Il a vraiment l’air désolé, le petit Spelling, désolé de quoi ? Si on est pas venu le chercher, c’est pas parce qu’il l’a pas demandé, non … C’est parce que d’une certaine manière, ça nous arrangeait bien, qu’il ne soit pas dans nos pattes, qu’il essaye de faire sa vie ailleurs. Qu’il voit autre chose. Mais être désolé ? Il ne m’aurait pas pris dans ses bras à ce moment là, il se serait définitivement mangé ma main dans sa gueule.
Alors je le serrais, de toutes mes forces. Cela faisait un petit moment que je ne l’avais pas fait – et ça faisait du bien de le sentir à nouveau dans mes bras. Il était vraiment comme mon fils. Même si l’étreinte ne dure qu’un temps.
- Bon, t’as fini ? T’es revenu, c’est ça qui importe. Et si certains ne sont pas contents, tant pis. T’as pas besoin d’être désolé et tu sais, si on avait eu besoin de toi, Suzanna t’aurais demandé de rentrer. Ou t’aurais eu droit à ton père et sa demande express de ramener ton petit cul de velours au village. Au choix. Mais finalement, avec sa mort, t’as quand même rappliqué ... Voilà voilà …
- T’as besoin de temps ? Du temps pour toi, pour tout remettre dans l’ordre. Du temps, seul avec toi-même. Et … Je sais, j’ai pas été très présent non plus … On a tous merdé dans cette histoire, et impossible de définir le coupable avec précision. C’est un enchaînement de choses et d’autres qui aboutissent à maintenant, là, tout de suite.
Lui et moi, dans un face à face impossible.
Parce que c'est pas anodin, de se tirer. C'est pas en étant désolé que ça efface tout. On ne rattrape pas cinq ans en cinq minutes. Tout ça, c'est des foutues décisions qui, à un moment où à un autre, ont été accepté. A nous de faire avec, à lui de vivre avec.
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Dim 24 Nov - 18:20

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Il renifle discrètement et se recule, la tête basse et les mains enfoncées dans les poches de son long manteau noir. Il écoute ce que le shérif a à lui dire et encaisse ses remarques. Il a raison : ce qui est fait et fait et à présent, il faut qu’il avance. Il ne rattrapera pas le temps perdu et ne pourra jamais changé ce qui a été fait. Il faut que Dorian assume ses actes jusqu’au bout et essaye de vivre avec ses erreurs. Ce qu’il faut surtout, c’est qu’il évite de noircir le tableau, ce qui n’est pas forcément évident vu les coups durs successifs qu’il vient d’avoir à encaisser. D’abord son père, maintenant Matt…
Le jeune homme doit simplement se souvenir des raisons de son départ. Des raisons tout à fait honorables, il continue à le penser malgré tout. Ca n’a pas été évident de renoncer à tout ce et ceux qu’il connaissait, mais c’était la seule chose à faire. Prendre du recule, fuir, se préserver, préserver Carter… Les choses avaient mal tournées mais il ne pouvait pas regretter entièrement tout ça. Ca reviendrait à se renier lui-même.
Dorian prend une longue inspiration, expire calmement, essayant de reprendre le contrôle de lui-même et de retrouver un peu de dignité.

« Laissons tomber » finit-il par lâcher, en agitant sa main, comme pour littéralement balayer leur conversation.
Il la fourre ensuite de nouveau dans sa poche et observe les alentours alors que le silence reprend ses droits entre eux. Il observe la rue calme, les bâtisses familières qui lui ont manquées, la forêt emprisonnant l’entièreté du village et dans laquelle il aimait se perdre plus jeune. Dorian se souvient de la première fois où  il a réussi à convaincre Carter de coucher avec lui là-bas, contre un tronc d’arbre. Ca avait été génial…et douloureux. Pour elle surtout. Elle lui en avait un peu voulu mais en même temps, ils avaient tellement ris tous les deux… Un excellent souvenir qu’il se voit ceci dit mal évoquer avec elle aujourd’hui.
D’ailleurs il n’a aucune idée du sujet qu’il va pouvoir évoquer avec elle tout court. Cela dit, il n’est même pas certain qu’elle accepte de lui adresser le moindre mot. Il ne pourra pas la blâmer de refuser de lui adresser la parole ou de le faire rentrer de nouveau dans son existence. Il s’en est échappé comme un voleur et il sait parfaitement qu’elle a dû en souffrir. Lui-même a eu l’impression de laisser son cœur sur place, à Grayson, avec elle… Sauf qu’il pouvait se raccrocher à l’idée que ça avait été son choix. Pas elle.

« Je crois que je ferai mieux d’y aller. »
Il aimerait être capable de poursuivre son échange avec le shérif mais l’effort lui paraît finalement insurmontable. Tout ce qui s’est passé entre eux depuis qu’ils se sont revus près de la pierre tombale de Declan lui paraît déjà irréel. Il a dû mal à croire qu’il est vraiment face à Hippolyte, qu’ils ont vraiment parlé ensemble… Dorian évolue en plein brouillard, ne parvient pas à rester constant dans ses émotions et à savoir ce qu’il veut et où il va. Tout s’embrouille et il a besoin de s’éclaircir les idées avant son face à face avec Hadley...
Il va effectivement avoir besoin de temps. Du temps pour réaliser qu’il est rentré pour de bon. Du temps pour réaliser que son père n’est plus. Du temps pour assumer. Du temps pour réapprendre à vivre à Grayson. Du temps pour accepter les responsabilités qui lui incombent maintenant qu’il est rentré.  

« Tu remettras mon bonjour à Summer. Dis-lui que je viendrai la voir très vite… Juste le temps de…de m’installer. Je passerai te voir aussi quand ce sera…moins confus » ajoute-t-il en tapotant sa tempe, histoire de lui faire comprendre de quoi il parle.

Ce qu’il ignore encore, c’est qu’ils seront amenés à se revoir bien plus tôt que prévu et dans des circonstances fort déplaisantes.


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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian Dim 24 Nov - 20:46

Je sentais que la boucle se bouclait. Dorian était revenu. Il était au courant … et il ne lui restait plus qu’à voler de ses propres ailes. Il avait fait ses adieux à son père, revu sa mère, s’était confronté à moi, et après avoir vu Carter, il aurait toutes les cartes en main pour refaire sa vie ici. Comme il l’entend. Jusqu’à ce que les obligations le rattrapent, sûrement bien trop vite, bien avant qu’il ait repris une routine et des occupations saines – un semblant de vie.
Mais pour l’instant, on en était loin. On était sur le bord d’une route …
La conversation était finie. Il allait passer à l’étape suivante. J’aurais aimé lui donner plus de temps, mais ce n’était pas dans mes cordes. Mais il fallait se rendre à l’évidence, je n’allais pas lui tenir la main toute sa vie … Quelle idée dérangeante …
- Ouais … J’imagine que j’te raccompagnes pas … Bonne fin de journée … Si seulement c’était encore possible, une bonne fin de journée. Cela faisait bien longtemps qu’il n’y avait pas eu de bonne journée. C’est bizarre, cet au revoir. Il a des airs d’adieux, alors que ça devrait plutôt ressembler à des retrouvailles …
- Bien sûr, je lui dirais. Prends ton temps et … si t’as besoin d’en parler, tu sais où venir. Pas besoin d’en dire plus. On savait tous les deux ce qui allait arriver. Je le pris une dernière fois dans mes bras, avant de retourner vers ma voiture. Un dernier signe de tête avant que je le voie s’éloigner.
Donc, Dorian Spelling était bien vivant et de retour à Grayson. Eh beh … comme quoi, la vie m’étonne toujours. Pourtant, j’pensais avoir eu ma dose pour le reste de ma vie … Avec l’Histoire, Summer, l’Accident, et Beth aussi. Et, dernièrement, la mort de Declan, le retour de son fils. Je ne savais plus où j’avançais. Rien n’était prévisible, apparemment … Les données changeaient.
Je tournais la clé dans le contact, roulant seul jusqu’au poste. Pour retrouver Joan et son air faussement désinteressé et apprendre que Will est parti régler une petite affaire. Alors, je me laissais prendre au regard souriant de la réceptionniste, et lui racontais superficiellement mon après-midi, tentais de répondre à ses questions et d’assouvir sa curiosité intarissable. Sa curiosité la tuera, mais pour le moment, je m’accordais ce moment de répit, avant une autre intervention, un brutal rappel à la normalité.
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MessageSujet: Re: 00. Homecoming #bob&dorian

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00. Homecoming #bob&dorian

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