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Road to Salvation a fermé ses portes.


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 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler.

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29/12/13 : bagarre avec Carter > visage tuméfié, côte cassée, main droite fracturé. Bleus et autres blessures au visage. Rambo quoi.
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MessageSujet: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Dim 8 Déc - 0:16


22 november Հ " Shoppiiiiing !".



No ones gonna take my soul away,
I'm living like Jim Morrison.
Headed towards a fucked up holiday.
Motel sprees, sprees, and I'm singing,
"Fuck yeah, give it to me, this is Heaven, what I truly want."
It's innocence lost.
Innocence lost


« SOS Queen B ! J'ai plus rien à me mettre, sauve-moi : emmène-moi faire du SHOPPING ! »

C’est sérieusement possible d’envoyer une photo par ce cellulaire ?
Les ongles laqués glissant entre les poils d’Ea, je parvins à sortir de mon coma post-shoot après avoir sentit vibrer mon portable contre ma poitrine. Et oui, tout neuf. Enfin, pas réellement, c’est l’ancien d’Ethan puisqu’il ne lui convenait plus et que j’avais décidé de passer à autre chose que mon portable-couteau-suisse-programmable en brosse à dent. Cette espèce de frigo incassable m’a suivi pas mal d’années mais il m’a lâché le con, à son tour, alors je me suis résignée à me tourner vers un peu plus de technologie. C’était le premier message de Tyler depuis un bail, et toute ma joie se répercuta dans un gros câlin à Ea. Bouhhhbichoumignon. Soulevé face à mon visage baigné dans la fatigue, je frotte mon nez à sa truffe humide, adorable et son petit miaulement d’amour finit par me décider à me bouger. C’est comme s’il était le miaulement de ma raison. Bonnie, pose donc ce joint entre tes ongles rouges et lève tes fesses, t’as attendu ce message pas mal de temps, ce serait con de louper l’occasion, non ? « Eth ! Moi aussi je veux envoyer une image à Ty, dis moi ! ça passe par où ces trucs ? Je dois faire quoi ? »
S’ensuivit une longue conversation éthylique, presque à sens unique, j’étais pas mal défoncée je dois l’avouer, comme la plupart du temps depuis.. depuis. Mais j’étais de bonne humeur, comme un coup de speed et les effets de la drogue douce dans mon organisme se transformèrent en dopant incroyable. J’ai déposé tendrement mon gros chaton sur sa couette ( je lui ai achetée exprès ) et me suis assise à côté d’Ethan pour qu’il puisse m’expliquer. Il est lui-même incroyablement dans les vapes, bien loin de l’état nouveau dans lequel je me trouve. Ce fut donc compliqué, mais avant qu’il ne faille lui envoyer la photo, je cru comprendre qu’il fallait la prendre. Evidemment. S’ensuit donc un passage à la salle de bain pour me pomponner. Chose que je n’ai pas faite depuis un bout de temps. Passage à la douche en chantonnant un air ( toujours le même, Joplin ) pour me donner de la contenance. Bon ok, passage numéro deux dans les fringues. Trouver quelque chose de pas trop moulant pour éviter de montrer la perte de poids. Pas trop large non plus ( on zappe les pulls d’Ethan, soit, dommage… ) pour éviter de paraitre suspecte. Novembre. J’opte pour un jean noir en 7/8ème et un pull en laine vert d’eau, histoire de rendre mes yeux et ma rousseur valorisés. Oh et puis allons-y pour une séance de maquillage bien forcée. Quoi de mieux que du noir à teinte invariable pour cacher les cernes ? Histoire aussi de renforcer les étoiles éthérées dans mes prunelles. Ça ira bien. J’hésite un instant à prendre Ea en photo avec moi pour éviter de concentrer l’attention uniquement sur moi et prouver à ce petit connard que mon chat est fabuleux, mais j’abandonne. Après tout, l’unique Queen B se suffit à elle-même. ( Menteuse ). Je mis bien dix minutes pour prendre ma photo avant de me ramener dans le salon, le message douloureusement tapé à cause de mes ongles et j’ai balancé le portable sur le ventre d’Ethan pour qu’il se charge du reste. Le moins de contact possible, des mots durs, des mots crus, comme à l’époque de nos quinze ans, la tendresse et l’affection en moins. Je détourne le regard comme pour me détourner de mes pensées et reviens me jeter dans les bras de mon autre amour, soit, mon chat.

« Tiens, c’est fait.  Et sinon tu prends combien ? »
« Ta gueule, connard. J’te dis pas merci. »

Je croise son regard, et me dit qu’il est vraiment, vraiment déprimé. Une étincelle n’y jaillit plus et là où il y’avait un clair-obscur certain, il n’y réside plus qu’un épais amas d’ombres. Ça me fait passablement flipper mais au lieu de répliquer quoi que ce soit, je pince les lèvres. J’ai du user de cette manie pour me taire, désormais, face à lui. Lui ne capte rien, il est trop loin. Je soupire discrètement, récupère mon message, appuie rageusement sur « envoyer » et termine de me préparer sans mot.

Un seul bisou pour Ea.

**

« Non j’t’assure Ty, ce téléphone c’est de la merde ! Il comprend rien de c’que je lui dis, et y’a trop d’applications inutiles. Si tu veux la seule dont je me sers c’est la calculatrice. Du coup j’ai quand même réussi à la mettre en favori et… »

… blabla bla, bla..
Je dois l’avouer, ça me fait un bien fou. L’espace d’un instant j’oublie tout et j’essaie de lui communiquer cet oubli. Je n’ai pas envie qu’il soit en position de malaise par rapport aux derniers évènements. A partir du moment où il s’est installé gaiement dans ma bagnole, j’ai zappé le creux dans mon ventre et les nœuds de mes muscles se sont desserrés. Je sais que mon maquillage ne cache pas tout, que c’est superficiel tout ça mais peu importe. J’adopte cette attitude que j’ai toujours eue à ses côtés, catin à ragots professionnelle, menteuse presque prétentieuse, fabuleuse. Ce masque auquel je m’accroche ( pas comme à la vie ) n’en est plus un quand je suis avec lui. C’est presque con à dire, et j’me vois mal virer dans le sentimentalisme. Plus question de ça. Je suis surexcitée, une vraie pile électrique, et on parle, encore et encore. Son dynamisme, ses moues, sa manière de gigoter quand une chanson « cool » ( selon lui ) passe à la radio, tout ça me met en joie et le speed dans mes veines m’aide à tenir la cadence, à virer de mon visage cette tendance à la déprime. J’étais habituée aux légers retards de la princesse, mais même ça ne me dérangeait pas aujourd’hui. Peu m’importe en fait, l’important étant que son débarquement augmentait la puissance hallucinatoire du poison dans mes veines. Le trajet jusqu’au centre ville de Trimble ne dura en vérité qu’une dizaine de minutes, tout au plus, mais cela me paru durer des heures, avec un plaisir non dissimulé. Session shopping pour les princesses de ce soir, Bonnie Tyler dans la place les gars !

Je ne rentre pas tout de suite, fais attention à Ea. Je reste avec Ty donc pas de soucis. > sms from Bonnie to Alexander.

**

Alors ok, ce fut génial. On a couru partout, comme des gosses, et oui j’ai dépassé ma frustration dans les dépenses. Oui j’ai plein de sacs sur les bras, parfois qui ne contiennent qu’un ridicule soutien-gorge. Chacune des pièces achetée à été approuvée par mon nouveau styliste personnel, mes tenues de travail comme mes tenues ville. Il a également été question d’acheter un nouveau gilet à Ethan, histoire de remplacer ses vieux troués. J’ai donc découvert que Tyler avait d’aussi bons goûts au niveau féminin que masculin. Je n’ai pas hésité à lui rappeler que si j’avais également besoin de refaire ma garde-robe, comme la sienne, c’est parce qu’IL avait décidé de saccager quelques unes de mes affaires pour faire un super costume à mon chat. J’ai, par contre, omis de lui dire que c’est parce que j’ai perdu du poids, également. Peu importe, la moitié du temps nous l’avons consacré à sa garde-robe et j’ai découvert à quel point il pouvait être relou sur ce qu’il porte. Non ce bonnet me fait une grosse tête. J’t’assure Ty, il te va niquel, écoute ta queen. Non pas cette couleur. Pas cette coupe là, c’est trop cintré. Et là pas assez. Enfin bref, plein de discussions transformées en sacs contenant pour les trois-quart du superflu qu’on ne mettrait peut-être pas. Ma vision s’est peu à peu rétablie et je me suis calmée au fur et à mesure que la dope s’est dissipée de mon organisme. Nos langues se sont déliées sans pour autant aborder les sujets jugés « tabous » ( s’il y’en avait entre nous ). « T’as qu’à manger à la maison, ça fait longtemps. Puis Ea, tu lui manques tu sais. » Lui glissais-je, en lui tirant la langue, à peine entrée dans la voiture. Je n’ai pas vraiment envie que ce moment m’échappe alors, autant le faire durer puis, il est partant, alors bitchons ensemble !

« Sans rire, y’a toujours tes trucs à la baraque pour pas que tu t’emmerdes avec ton histoire de diabète donc t’as pas d’excuses. C’est moi le taxi, t’as pas ton skate, donc tes petites fesses blanches je vais les traîner à la maison mon grand. » Je lui glisse un baiser prude sur la joue, dans le style le plus princier de Bonnie l’Adorable.« Please ? »

In the land of gods and monsters, I was an angel,
Lookin' to get fucked hard.
Like a groupie, incognito, posing as a real singer,
Life imitates art.
You got that medicine I need,
Dope, shoot it up, straight to the heart, please.
I don't really wanna know what's good for me.
God's dead, I said, "Baby that's alright with me."
©gods&monsters - Lana del rey



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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Dim 8 Déc - 10:19

In the lands of gods ands monsters, we were angels.


It's a perfect day. It's a fucking SHOPPING day !

La plupart des gens font faire du shopping parce qu’ils se sentent mal, parce qu’ils ont quelque chose à compenser. Pas Tyler. Il attend au contraire d’être au meilleur de sa forme pour se rendre dans les boutiques les plus proches. Enfin non, habituellement, il s’éloigne justement au maximum de chez lui, histoire d’aller mettre son nez dans un centre commercial qui vaille vraiment le coup. Mais c’est une habitude qu’il a avec Norrie et c’n’est pas avec elle qu’il sort aujourd’hui, mais avec Bonnie. Sa Queen B qu’il se sent enfin prêt à laisser retourner dans sa petite vie minable de cuisinier. Sa Californienne insupportablement géniale…
Il espère qu’elle sera partante et qu’elle ne sera pas trop déprimée. IL lui a laissé du temps pour se remettre de son avortement précipité. Elle n’a pas voulu de lui pour affronter cette épreuve alors pourquoi est-ce qu’il aurait dû se sentir obligé de lui tenir compagnie par la suite ?
Oui, bon, ok, c’est certainement ce que n’importe quel ami digne de ce nom aurait fait, mais Ty n’aime pas côtoyer les gens trop déprimés, c’est comme ça. Ca lui met le nez dans sa merde et puis ça le contrarie et on s’ennuie avec eux. Sa rupture avec Aël étant encore trop fraiche, il n’avait pas besoin de s’imposer ça en plus. Et puis il sortait de l’hôpital, c’est une bonne excuse pour ne pas jouer les garde malade/dépressif, ça non ?

Peu importe à l’heure actuelle de toute manière. Il va aller faire du shopping en ville, se détendre un peu et tout ira à nouveau mieux. Si Bonnie ne vient pas, eh bien tant pis et si elle vient : alors tant mieux. Si elle vient pour déprimer, il fera comme s’il ne remarquait rien et la plantera dans un magasin si il le faut. C’est certainement cruel mais…c’est comme ça qu’il fonctionne. Marche ou crève. C’est comme ça qu’il a grandi et il ne connaît aucune autre méthode. Et puis il connaît des trucs pour empêcher les nuages d’obscurcir ses journées… Il y a la manucure, les coiffeurs, les magasins de cosmétique proposant des relooking : rien à quoi Bonnie ne puisse résister.

Alors qu’il est tout de même en train de s’habiller, il reçoit la réponse de Bonnie. Une réponse accompagnée d’une photo qui lui arrache un petit cri de victoire. Elle est belle et elle a l’air en forme.
« Parfaite ! » s’exclame-t-il en sentant sa poitrine se gonfler de plaisir.
La journée promet d’être radieuse et  décide qu’il va l’être lui aussi.
Au lieu de répondre à sa rouquine préférée, il envoie un message à Aël pour le prévenir de son emploi du temps, en se faisant la réflexion qu’il serait temps que les trois personnes les plus importantes de sa vie en ce moment se rencontre enfin. Peut-être à l’occasion de son anniversaire… ou de Thanksgiving, tiens ! Grayson organise un truc tous les ans et les étrangers sont invités à se joindre à la fête alors… Ca pourrait être une chouette occasion. Une occasion qu’ils se rencontrent et que ses amis voient où il bosse exactement.

Une fois habillé, Tyler téléphone à sa mère pour la prévenir elle aussi de ses plans. Elle lui tien la jambe, comme à son habitude, et le garçon se met en retard. Comme à son habitude. Pas de beaucoup ceci dit et quand sa rouquine débarque enfin, il n’a plus qu’à choisir quelles chaussures iront le mieux avec ses fringues du jour. Quand c’est fait, il la suit et grimpe dans sa voiture, un sourire jusqu’aux oreilles.
Et tout se passe exactement comme il le veut, comme il a espéré que ça se passerait. Bonnie parle, il tente d’en caser une, puis la situation inverse se produit. Trouver un vêtement qui lui aille parfaitement devient le problème le plus terrible de son existence et il oublie tous les autres. Il oublie même que Bonnie à chier un môme et tiré la chasse pour qu’il disparaisse à jamais. Et elle a l’air de l’oublier aussi.
C’est absolument parfait. Tout est parfait.
Leurs bras sont chargés de paquets (Tyler sait déjà qu’il finira par rapport er la moitié des trucs qu’il a acheté au magasin, mais ça fait partie du rituel), ils finissent par retourner sur leur pas pour aller s’écraser dans la vieille caisse de Bonnie. Reste à savoir si elle supportera le poids de leurs achats en plus des leurs. Ceci dit, à eux deux, ils doivent atteindre les 120Kg, en grande partie grâce aux fringues d’hiver qu’ils ont sur le dos… Mais inutile d’évoquer la perte de poids visible de Bonnie. Surtout que ça l’agace un peu puisque lui n’arrive pas à passer au-dessous de ses 63Kg actuel. Alexander a raison : il devient trop gros. Foutu diabète qui l’empêche de sauter la moindre collation…

Tyler retrouve rapidement le sourire ceci dit, lorsque sa partenaire de choc lui propose de venir manger chez elle. Bon il est encore question de bouffe et c’est contrariant, mais au moins, sa mère ne sera pas là pour compter les calories qu’il ingurgite.
« Pourquoi tu t’emballes ? Evidemment que j’viens, pas la peine de m’trouver des arguments, espèce de plouc ! J'tiens absolument à faire des essayages pour Alex. On va lui préparer un petit défilé de bitches et il ira s'tuer avec les cintres » plaisante-t-il avant de lever tout à coup le son de la radio. « Aaaah ! C’est Mother Monster ! Baby could I bear, being away from you I found the vein, put it in here ! I live for the applause, applause, applause » chante-t-il à tue-tête, entrainant rapidement sa rouquine dans son délire. « JE SAIS ! Pour mon anniversaire, je vais organiser un bal costumé ! Un Monsters Bal !  Tout le monde devra venir déguisé en Gaga ! Ta mission, si toutefois tu l’acceptes, consiste à habiller Alxander pour l’occasion ! »
Et il éclate de rire. Il rit à en pleurer en imaginant Alex déguisé, en imaginant Bonnie lui courire après dans leur appartement, des tas de fringues dans les mains. Et puis il imagine Aël avec le même accoutrement. Il n’arrive plus à parler ou à respirer, et Lady Gaga continue de réclamer des applaudissements.

Cette journée est parfaite.


© Grey WIND.

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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Dim 8 Déc - 16:28

« j'suis qu'un surfeur de street
en dessous les étoiles
un forever bad trip
faudrait qu'j'mette les voiles
comme un loup sous la lune
comme un taxi driver
un poids lourd sans les freins
comme une putain d'dealer »

Nous avons partagé un joint sans rien dire, moi allongé sur une partie du canapé, Bonnie sur l’autre. Pas un mot, juste quelques regards pour se passer le joint entre nos doigts, entre nos lèvres. Juste un silence pesant, bourré de malaise, de non-dit, de rancune et de fierté. Ca n’était pas la première fois que nous échangions de la drogue sans rien dire, mais ici c’était particulier. Je la connaissais mieux qu’elle ne se connaissait elle-même, et inversement, et j’sens cette ambiance malsaine, badante. Nous étions comme deux cons à nous regarder, chacun sur une rive, à se demander ce qu’il fallait faire, quels mots utiliser et qui ferait le premier pas. Ca ne sera pas moi et ça ne sera pas elle. Ca fait combien de temps que ça dure ? Des jours, voir des semaines. En faite, ça fait 16 jours exactement que nous nous parlions par phrases brèves. « Salut. », « J’vais bosser. », « t’en veux ? », « J’rentre pas ce soir. ». Seize jours que j’ai appris qu’elle s’était faite avorter deux fois et que ses deux fois étaient en partie MA faute, parce que j’avais eu le malheur de laisser un peu de moi en elle. Deux gosses morts dans les chiottes. Je crois que nous n’avons pas réellement comprit tous les deux, nous n’avons pu vu cette putain de tranchée nous séparer suite à cette dispute où j’ai su avoir été père deux fois. Parce que si pour elle, tu ne deviens parents qu’à partir du moment où le bambin vient hurler ses larmes au monde, pour moi c’était à partir de l’instant où il commence à se concevoir au creux de tes tripes. Nous avons été deux putains de connards irresponsables et j’ai pas été là quand il le fallait. Et elle ne m’avait rien demandée…

J’ai été me taper deux lignes dans les chiottes pendant qu’elle jouait avec Ea, sans qu’elle ne remarque rien. Puis une autre, parce que j’voulais juste oublier cette sensation qui me collait à la peau. Et maintenant, je suis là avec Bonnie, fumant un joint comme si de rien n’était alors que mon cerveau commence doucement mais sûrement à se liquéfier. Il devient une brume, le monde devient coton et la voix de Bonnie me parvient de très loin. Je comprends ce qu’elle dit, mais j’ai envie de lui dire de parler un peu plus fort parce que c’est dérangeant de l’entendre de cette manière bizarre, en écho, comme un pré-malaise. Pourtant j’ai réussi à lui expliquer le principe du MMS, en bafouillant parfois, en butant sur quelques mots mais j’m’y suis pas attardé. Et elle a eu l’air de comprendre. Je crois que c’est la première conversation que nous avons eu. Aussi longue j’veux dire, même si c’est moi qui ai principalement parlé pour lui expliquer le fonctionnement. Quand j’lui ai expliqué qu’il fallait d’abord prendre la photo avant de l’envoyer, elle s’est tiré sans un mot se préparer dans la salle de bain. Je ne dis rien, je laisse simplement mon corps lourd s’écraser sur le canapé, avec la sensation de posséder des poids à chaque cheville et chaque poignet. Et j’me suis laissé porter dans un espèce de flottement bizarre, je n’ai pas cherché à me raccrocher à la réalité, je cherchais justement à la fuir, à ne ce qu’elle ne me colle pas au cul. J’voulais oublier et dormir. Des heures, ça m’irait très bien. Je m’enfonce dans une sorte de canapé en coton jusqu’à ce qu’un poids lourd vienne percuter mon torse.

J’ouvre péniblement les yeux et mets bien deux bonnes minutes avant de comprendre ce que je dois faire avec le portable de Bonnie, anciennement le mien. Ah oui, MMS. Je me relève un peu et programme le message avant de l’envoyer, détaillant vaguement la photo qu’elle avait prise. Mes yeux vont de l’écran à Bonnie. De Bonnie à l’écran. J’arque un sourcil et lui tend mollement le téléphone :

« Tiens, c’est fait. Et sinon tu prends combien ?
- Ta gueule, connard. J’te dis pas merci. »

Je continue de la fixer sans un mot. J’ai même plus la force de lui dire d’aller se faire foutre, pour la simple et bonne raison que ça m’fatigue. Tout ce petit manège, toute cette ignorance, toute cette …. Et puis merde. Nos regards se croisent et je baisse le mien sur le sol avant de me rallonger. Je ne la regarde plus, je ne veux pas voir son existence. Je l’ai juste entre-aperçu faire un câlin à son chat, lui déposer un baiser sur le front et partir.

Et moi je crois avoir un trou béant à la place du cœur.

**

J’ai rien capté de mon après midi, je n’avais ni conscience de l’heure et encore moins du temps qui s’évaporais au fur et à mesure que je fumais mes deux joints. J’étais … Complètement défoncé. Toujours allongé sur le canapé, je m’enfonce dans je ne sais quel méandre des putains de pensées gangréné de sensations. De sentiments. J’crois que c’est l’une des rares fois où je me sens si … Lourd. Si mal. Sûrement l’effet des drogues cumulées et plus j’me sens vaseux, plus j’ai le besoin d’en prendre. Pour oublier et quitter cette sensation désagréable au creux de la poitrine et du ventre. J’lui ai servi à rien et j’la regarde partir sans rien pouvoir faire. J’ai jamais eu besoin de personne, mais Bonnie c’était pas pareil. Elle était ma Blondie, j’la connais depuis qu’elle a bu des biberons, depuis qu’elle porte des couches. On a fait les 400 coups ensemble, les pires conneries. On a fait « nos premières fois », ensemble aussi. Tout a été fait avec elle, et maintenant j’la regarde se tirer sans rien dire, avec un bloc de fierté qui m’obstrue la raison. J’devrais peut-être essayer de lui parler, mais j’étais pas le seul concerné dans cette histoire. Elle aussi devait faire des efforts si elle voulait vraiment que tout redevienne comme avant. Et j’pars dans des délires, à parler tout seul. A faire comme si elle était là, comme si c’était à elle que j’causais. Putain, tu délire. Tu deviens fou Alex.

« C’trop con qu’on s’parle plus. On s’aime bien tous les deux … Et on est là comme des enfants à faire comme si on s’connaissait pas… »

J’essaie de m’assoir, mais j’retombe droit sur le canapé, en ricanant comme un imbécile heureux. J’me sens tellement pathétique si tu savais. J’ai tout foiré dans ma vie, alors que toi tu peux tout réussir.

« ouais, t’entends ? Toi t’peux tout réussir parce que t’es Bonnie et que t’as des putains d’étoiles dans les yeux. »

Et je délire encore, plus fort. Au rythme des douleurs venant par vague contre mes côtes. C’nul de se sentir si … rien. Un rien. Que du vide, que du vent. Un homme mort bloqué entre quatre murs, à tourner en rond et à pas savoir quoi foutre de sa vie. J’veux pas rentrer dans le système, j’veux pas rentrer dans le moule. J’crois que mon téléphone vibre, mais j’ai pas la force de l’attraper. Il est trop loin pour moi et mon bras est comme un sac de sable de dix kilos. J’ai pris combien de drogue ? J’sais plus, j’ai pas compté. Je crois que quand Bonnie est partie, j’ai du me faire encore deux trois lignes. Peut-être quatre ? Qu’est-ce que ça peut foutre, j’suis habitué à m’prendre des doses corsées dans la gueule. Parce que Tyler à raison.

« Ouais p’tit con, t’as raison. J’sais juste taper et m’droguer, sinon j’sers à rien d’autre. »

J’ricane encore, me passant une main sur le visage. Et je ris, encore, toujours plus fort. Sacré Princesse, il en dit de sacrées vérités. Je tends mon bras droit pour choper le dossier du canapé, m’aidant à me relever. Oui, je m’aide moi-même parce que sinon, personne le fera. Même Bonnie le fera pas, ou plus. C’est finit avec elle tu sais, j’crois qu’il vaut mieux qu’elle parte, qu’elle aille faire une vie ailleurs avec un pote bien plus … bien plus pote quoi. J’lui ai fourré deux gosses dans l’bide et j’ai même pas été foutu d’être là correctement.

« On s'achète, on se vend
Au vent des hémisphères,
On se jette, on se prend
Contre un peu d'éphémère,
Sur l'étoile d'argent le cerveau ou la chair
Faudra choisir un camp
L'obscur ou la lumière »

J’suis qu’un bon à rien. Et j’rigole en plus, assit … ou plutôt affalé sur le canapé j’crois. A moins que ça ne soit une autre surface, j’sais pas. J’sais même plus si j’ai bougé. Je ramène mes mains vers mon visage, toujours avec cette difficulté à le faire. J’aperçois une forme orange à ma droite qui semble sautiller, comme une petite balle rebondissante. Ea ? Ou un p’tit démon pour venir me dire que j’suis qu’un gros connard qui n’a rien réussi de sa vie ? Et les p’tites voix viennent, affluent, toutes pour confirmer mes pensées. Mes dires. Suffit de voir comment ça c’est passé au Paint-Ball avec Tyler, j’ai même pas été foutu d’être sympa avec lui. J’l’ai fais chialer, un connard lui a cherché des emmerdes et Princesse Peach m’a clairement fait comprendre que ça servait à rien de la défendre, qu’il se débrouillerait bien tout seul. En gros, tu sers à rien Alex. Ouais, à RIEN.

Une boule d’angoisse grimpe le long de ma gorge et mon cœur s’emballe. Il tambourine et j’ai l’impression que ce sont des tambours indiens que j’entends au loin. Il accélère et j’ai mal. J’crois que .. j’me suis pas assez défoncé. Je chope l’aiguille que j’ai été cherché dans mon sac à dos quand Bonnie s’est tirée. Déjà prête pour l’utilisation. Les flashs affluents. J’ai l’impression de respirer des clous, j’ai chaud. Une dernière dose et ça ira mieux. J’vais m’endormir et ne penser à rien.

Puis des freins au loin. Une carcasse qui s’écrase contre un arbre. Des hurlements d’effrois.

Pas ça. Pas maintenant. Tout ce que vous voulez, mais pas ce film. Pas ces images. Pas cette douleur. Je me précipite, l’angoisse me redonnant ce qui semble être un léger coup d’adrénaline, même si je sens encore mon corps alourdis. J’attrape seringue et élastique. Un garrot. Arrête de trembler des mains.

J’y arrive pas. Y a trop d’images dans ma tête. Trop de voix.

« Comment t’as pu me laisser avorter toute seule ? Comment t’as pu en sauter d’autre pendant que je faisais crever ce gosse dans les chiottes ? »

Ferme là Bonnie. J’y suis pour rien. J’savais pas putain …
Vite. Serre le, plus fort. Voilà, secoue la tête et cligne des yeux plus fort pour arrêter de voir flous comme ça. J’crois que j’ai trop chaud, je sens la sueur perler sur mon front et ma gorge devenir sèche. Trop sèche. C’parce que t’angoisse, calme toi. Ce ne sont que des voix, c’pas des vrais.
Alors pourquoi est-ce que j’crois voir Bonnie devant moi ?

« T’es vraiment qu’un connard. T’es jamais gentil avec moi, t’me traite toujours comme une merde, comme une putain de tapette. C’et à cause de gens comme toi que j’me fais tabasser dans la rue. Ca sera à cause de personnes comme toi qu’on me retrouvera éventrer dans une ruelle. »

Tyler ta gueule putain. J’t’aime bien t’le sais merde. J’sais juste pas le dire, tu devrais l’savoir depuis le temps. J’voulais pas être un gros enculé avec toi, merde !

J’ai dis d’arrêter de trembler, tu vas t’louper. Calme toi et concentre toi, c’pas Tyler que tu vois prendre forme auprès de Bonnie. Ils sont pas là, ils sont partie faire du … shopping. Sans toi, parce que t’aime pas ça et que de toute façon tu leur pourrirais leur après midi.
Et la bagnole que j’entends. Et puis ce crash. Et leurs cris. J’aurais du crever avec eux putain.

Injecte. Tout de suite, tu verras tu te sentiras mieux. Tout va s’évaporer et tu vas dormir. Plusieurs heures et demain ça ira mieux, t’iras retourner bosser et au pire, tu parleras à Bonnie. Tu diras que c’trop con et que t’es désolé d’avoir été un parfait connard. A Tyler aussi, et tout ira mieux. Alors injecte.

J’appuie sur la seringue pour me foutre tout ça droit dans le sang. Je retire l’aiguille et la laisse tomber sur le sol. Le feu brûle mes veines … Et là… J’comprends pas. J’ai du mal à respirer. J’crois que j’entends une bagnole pas loin. Encore papa et maman qui vont crever sous mes yeux. Ou peut-être .. Bonnie ? Respire Alex, calme toi la drogue va faire effet, tu vas t’sentir mieux.

Je tourne. Le monde tourne. Le monde n’a plus d’air. Mon cœur hurle d’arrêter sa course, hurle qu’il va trop vite et que l’aorte va exploser. Mes poumons n’inspirent plus. Respire putain, allez, cherche l’air, il est là j’le sais… Mais j’y arrive pas alors ta gueule. J’arrive pas. Ma vue s’épaissit … ma vue disparait.

Le monde avec. Absence de sensation. Absence de douleur. Absence de tout. Absence d’un corps, absence d’un monde. Néant.
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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Dim 8 Déc - 18:12


Overdose Հ Aide-moi.

Chanter à tue-tête dans l’habitacle de ma superbe voiture, sautiller sur mon siège en jetant des regards de star à mon acolyte, voilà ce que j’aime. Je me rappelle un temps où Ethan était assit à sa place, sauf que lui se foutait de ma gueule et que moi je l’emmerdais à dénaturer les chansons de Nirvana avec ma voix tout sauf grunge. Il me donne du peps ce petit gigoteur. Alors je m’éclate avec lui lorsqu’il pousse sa chansonnette, l’extérieur ne nous frôle qu’à peine, je me sens comme dans un film d’ados. You make me crazy. Gaga nous emmène dans la gloire et les flashs des paparazzis c’est sur nous qu’ils sont tournés. D’accord, je n’ai pas une limousine laquée noire, mais j’ai une awesome bagnole, un pur modele, et s’il ne faisait pas froid à l’extérieur je me permettrais de lui montrer que ma monture est un cabriolet. Mais bon, on est à en Californie et le soleil n’est pas le même qu’ici. Nos innombrables sacs encombrent la vision de mon rétroviseur, alors au feu rouge je me retourne pour pousser cette entrave sous les sièges arrières. Bien sur, le mec derrière gueule parce qu’on est passés au vert mais peu m’importe. Je reprends notre route. Et toujours ce même effet de lenteur, et le temps s’écoule tranquillement alors qu’il n’y a qu’un quart d’heure entre chez moi et le centre ville de Trimble.

« JE SAIS ! Pour mon anniversaire, je vais organiser un bal costumé ! Un Monsters Bal ! Tout le monde devra venir déguisé en Gaga ! Ta mission, si toutefois tu l’acceptes, consiste à habiller Alexander pour l’occasion ! »
« Tyyyy ! C’est trop génial ! Ouais on fera ça ! Il fera mon Rick Genest parce que toi et moi on est des monsters ! »

J’éclate de rire à ses côtés en imaginant la gueule enfarinée d’Ethan obligé de s’habiller comme Tyler et moi l’aurions décidé. L’indien s’époumone, nous n’arrivons plus à articuler un seul mot face à nos pensées comiques. Bientôt l’allure délabrée de la baraque arrive dans notre champ de vision et je suis heureuse de descendre de la voiture avec la princesse à mes côtés. Bien qu’il ait surement plus de mal car la voiture n’est pas adaptée aux personnes de grandes tailles, et il fait bien deux têtes de plus que moi. Mais j’apprécie, je souris avec vigueur quand sa silhouette émerge du côté passager pour prendre des sacs sur la banquette arrière, comme je suis entrain de le faire. Ils se sont mélangés mais peu importe, nous verrions sur place quand on fera notre défilé de starlettes des podiums. Je nous y vois déjà et cette idée me met en joie, une très bonne soirée en perspective. Je sais qu’il a des contraintes au niveau de la nourriture, et c’est surement le seul bémol qui puisse lui enlever sa bonne humeur. Mais tata bonnie a dans son frigo plein de trucs qui lui seront adaptés, depuis pas mal de temps déjà je prévois ces petites attention pour qu’il ne soit pas en reste. La voiture fermée, j’ai déjà vérifié deux fois si je n’avais pas oublié de fermer tel ou tel accès à l’intérieur de l’engin, je crois que je mourrais s’il lui arrivait une connerie et mon grand-père, du haut de ses nuages, ne serait pas content de voir que je ne fais pas attention à son legs. Je sors mes clefs en chantonnant l’air de Mother Monster écouté dans la bagnole, en dandinant tranquillement mon ferme fessier. Ben oui, danser, ça muscle quoi qu’on en dise, c’est pas pour les feignants ! Clefs enfoncées, j’annonce notre arrivée avec prestige, dans les règles de l’art de miss Hall « On est là ! » Pas de réponse, je m’avance donc dans l’entrée, Princesse Ty sur les talons. Je me stoppe net, un regard désappointé et je lâche un soupire que je tente de retenir entre ma nouvelle mimique du moment, celle que j’use à grands seaux avec Ethan, ces derniers temps : je me pince les lèvres. Mes épaules s’affaissent, je secoue la tête et dépose les sacs à mes pieds.

« Je suis désolée Ty, fais comme chez toi, je vais m’en occuper.. »

Le spectacle est navrant : Ethan là, las, au sol et adossé contre le canapé d’angle que nous possédons. Miteux mais confortable avec sa mousse et son cuir vieilli. Je défais ma veste en cuir, la balance sur le comptoir de la cuisine en compagnie de mes clefs qui tintent sur la paillasse. J’observe le garrot, et l’aiguille sur le sol de notre salle à manger, les bras posés sur le comptoir. Je soupire à nouveau, attrape ma lèvre une seconde fois, et m’efforce d’afficher une retenue sereine alors que je bous à l’intérieur. Ce sale con a profité de mon absence pour se shooter à l’inconscience, il s’est endormi comme une merde, me laissant dans l’embarras. Je savais que ça n’allait pas, mais il n’est pas si lâche habituellement pour se donner pathétiquement en spectacle. Je m’approche donc de lui d’un pas décidé, les chaussures encore au pied tandis que j’aperçois sur le bas de mon champ de vision, la silhouette de Tyler immobile. Visiblement mal à l’aise et absolument pas serein face à l’attitude que j’essaie de me donner. Je m’abaisse, mes genoux craquent et je ramasse la seringue, défais le garrot.

« Allez, debout Alexander, tu vas aller te coucher. »

Je lui secoue l’épaule doucement, pour éviter de le réveiller brutalement. Pas de réponse. Je fronce les sourcils et finis par lui donner une bonne grosse secousse, sa peau au travers du tissu est glaciale. Ma respiration se coupe, je lâche tout ce que j’ai dans la main ( je les jette, plus littéralement ) et attrape ses deux épaules avec mes mains frêles et bouscule Ethan avec une force nouvelle, injectée par une inquiétude qui s’insinue dans mes veines. « Ethan, putain allez. » L’alarme sonne entre mes oreilles. Y’a un problème. Y’a un fucking problème, là, ça va pas, il répond pas, c’est pas normal. Je m’entends respirer avec force, j’attrape son visage gelé entre mes mains pour le redresser vers le mien et vois. Ses lèvres sont bleues, je tremble. Je me recule précipitamment, à deux doigts de tomber par précipitation et attrape sa main, observe ses ongles. Je ne connais que trop bien la teinte qu’ils arborent. La teinte d’un mort, d’un futur cadavre. Entassés dans la fosse commune, la même que celle de nos amis décédés. Des images atroces viennent se poser devant mes yeux, combien de fois les nous les avions vus, convulsés, bleus, bavant tout ce qu’ils pouvaient, et puis se figer dans la dernière posture, grotesque mais éternelle, pour passer l’arme à gauche. Je reporte à nouveau mon regard sur Ethan et tente de le bouger. Pas toi, pas toi, j’t’en prie, pas ça. Pas toi. Je m’évertue à le secouer dans tous les sens, la panique envahit mon bord et je ne contrôle plus rien. Ni les appels au secours, ni mes mains sur ses épaules qui le balance de tous les côtés. « Réagis, putain, Ethan, allez j’t’en prie, putain de merde ! » Relève-toi, dis moi que c’est une blague. Qu’est-ce-qu’on s’est dit putain, pas franchir la limite. On se l’est toujours dit, merde ! Tu sais comment ils ont finit nos potes de San Francisco, tu te rappelles, on voulait pas ça. On a toujours sur se contrôler tous les deux, on est nos seuls gardes fous. Putain pas ça.
Overdose.

Alors je lâche tout, je me jette à corps perdu contre lui, je pête un de mes talons. Je ne sais pas quoi faire, la terreur prend possession de tous mes membres et j’attrape les siens pour le remuer. Il ne fait que s’affaisser un peu plus et son poids renverse le mien. Il a le corps d’un mort. Il est glacé. J’ai déjà les larmes qui roulent sur mon visage. Moi qui ne pleure jamais, qui ne lâche jamais une seule larme. Et pas devant Tyler. Je me rappelle sa présence et j’hurle à présent. « Tyler putain, il réagit pas, il réagit pas, aide moi. Aide moi, il est en train de crever putain ! » Je suis bloquée, paralysée par la peur et je ne fais que m’accrocher au regard de l’indien pour y trouver quelque chose, une solution miracle, j’en sais rien, mais quelque chose qui me ramène dans une réalité ou Ethan n’est pas en train de crever, son poids mort sur le mien.

« Aide moi, je t’en prie. TYLER ! »


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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Dim 8 Déc - 19:28

In the lands of gods ands monsters, we were angels.

It's a perfect day. It's a fucking SHOPPING day !

Il improvise quelques pas de danse en se rapprochant toujours plus du domicile des deux amants qui continuent de refuser de crier leur amour au monde entier. Ou même à eux-mêmes. Un jour, il arrivera à leur faire ouvrir les yeux là-dessus. Tyler  les séquestrera tous les deux et leur fera jouer à un jeu, Saw mode. Rien de tel que ce genre de situation cauchemardesque pour vous faire réaliser que vous êtes amoureux de votre amie d’enfance et tout le tintouin. Parce que bon, ça suffit les conneries ! C’est insupportable de les voir se tourner autour, dépendre autant l’un de l’autre, se déchirer pour mieux s’esclaffer en chœur, les entendre finir les phrases l’un de l’autre, les voir communiquer par de simples regards et de sentir une telle tension sexuelle entre eux, tout en les entendant nier la putain d’évidence. Insupportable !  
« J’espère qu’il aimera son pull. J’lui dirai que j’le trouve moche, ptêtre que ça fonctionnera. Si j’commence à essayer d’lui vendre le truc, il va pas en vouloir juste pour me faire chier. C’est qu’un con » lâche-t-il à Bonnie pendant qu’elle pousse la porte de l’appartement qu’elle partage avec Alex.
« On est là ! »
Il lui emboite le pas à l’intérieur, le sourire aux lèvres, mais manque bien vite de la percuter. Pourquoi est-ce qu’elle s’immobilise au beau mili…ah ok.

Tyler reste figé dans l’entrée en apercevant les dégâts. C’est une chose de savoir qu’il snif de la coke et de savoir qu’il lui arrive de se piquer : s’en est une autre de le voir étendu par terre, un garrot et une seringue à proximité. C’est une chose tout à fait déplaisante en réalité. L’espace de quelques secondes, il a l’impression qu’il va se mettre à gerber. Il a envie de se tirer en courant. Ca le dégoute C’est malsain, c’est effrayant, c’est sale et répugnant. Il a envie de laisser tomber ses paquets sur le sol et d’annoncer à Bonnie que voilà, c’est terminé entre eux. Il n’a pas signé pour ça. Il a envie de se tirer et de les laisser gérer leur merde. Parce qu’elle ne vaut pas mieux que lui. Il sait qu’elle a ses sales habitudes elle aussi…
Pas un pour rattraper l’autre.
Bonnie essaye tout de même de sauver les meubles. Tyler lui jette un coup d’œil et la suit du regard pendant qu’elle se rapproche de son colocataire inconscient. Dans tous les putains de sens du terme. C’est débile de s’infliger un truc pareil. Ca le met hors de lui. Merde, il est obligé de se piquer tous les jours depuis l’enfance et devra le faire jusqu’à la fin de ses jours pour ne pas crever, c’est un fardeau, un frein à tout, et eux font ça par plaisir ! C’est du n’importe quoi ! Pourquoi c’est pas eux qui se tapent un diabète, hein ? Pourquoi c’est sur lui que ça tombe alors qu’il déteste les aiguilles et que la vue du sang l’incommode ?

Alexander vient de gâcher son putain de plaisir une fois encore.
Mais au-delà de l’agacement qui finit par s’estomper, il y a surtout l’inquiétude. La frustration de ne pas pouvoir palier à ce besoin de se faire du mal qu’Alex et Bonnie éprouvent. Parce que les gens ont beau se défoncer soi-disant pour le plaisir, tout ce qu’il voit lui, c’est le mal que ça leur fait, la manière dont ça les efface, les détruits. Ils ne vivent plus. Ils survivent pour une dose de plus. Toute leur putain d’existence finira par tourner autour de ces saloperies qu’ils s’injectent. Manger pour tenir le coup, aller bosser pour pouvoir s’acheter une dose, dormir pour être assez en forme pour pouvoir aller bosser et s’acheter une dose. C’est ridicule. C’est complètement… con.
Ca le dépasse totalement.  Ca le rend fou. Ca lui donne envie de chialer tien. Ca lui donne envie de les séquestre pour d’autres raisons que celle de s’avouer leur amour mutuel.

« Réagis, putain, Ethan, allez j’t’en prie, putain de merde ! »
Ses sourcils se froncent. Est-ce que c’est normal qu’elle n’arrive pas à le réveiller ? Il n’y connaît rien. Si ça ne tenait qu’à lui, rien qu’en voyant l’aiguille, il aurait appelé une ambulance… Mais Bonnie avait l’air de savoir ce qu’elle faisait alors… Alors il est resté planté dans l’entrée avec ses sacs comme un parfait connard.
La situation vient de changer. La donne a changé. Ethan n’est plus seulement un con, il est un con en train de crever.
Tyler voudrait être capable de fuir. Il a pas signé pour ça… Sauf que si. Il l’a fait en acceptant de laisser entrer ces deux crétins dans sa vie. Il a signé exactement pour ça… Pour le meilleur mais surtout pour le pire. Et ces temps-ci, il a l’impression de n’avoir droit qu’à ça avec eux.
« Aide moi, je t’en prie. TYLER ! »
« Vous êtes des CONNARDS ! » s’emporte-t-il, sans réaliser qu’il a perdu des couleurs ou qu’il tremble comme une feuille.
Il a déjà laissé tomber ses sacs, mais de ça non plus il ne s’est pas rendu compte. Le temps d’arriver auprès des deux imbéciles qui pourrissent sa journée pour de bon, il s’est débarrassé de son bonnet qu’il a rejeté au loin, sans y faire attention.

Tyler attrape fermement Bonnie par les épaules et l’oblige à se remettre debout et à s’écarter. Elle pleure. Elle a une tête à faire peur. Elle vient de prendre dix ans dans les dents. Des dents qui ne vont pas tarder à se déchausser si elle continue à consommer ses merdes. Quelle imbécile, putain !
Quels cons !  
« Arrête de chialer ! J’ai b’soin que t’arrêtes de chialer, ok ? C’est déjà arrivé ou pas ? Tu sais ce qui faut faire ou pas ? »
Mais elle n’arrive pas à s’exprimer clairement. Elle bredouille, s’emmêle, n’arrête pas de vouloir retourner s’agenouiller auprès d’Alex. Elle ne lui sert à rien. Elle fait chier.
« Tu m’fais CHIER ! » s’agace-t-il encore en la relâchant pour s’agenouiller auprès de son ami, toujours inconscient et dont les lèvres ont pris une teinte bleutée inquiétante. « Putain… »
Les mâchoires crispées par la colère, son cœur pompant à tout rompre dans sa poitrine, Tyler éjecte la table basse pour se faire de la place et pouvoir étendre Alexander convenablement sur le sol.
« Vire ! Pousse-toi ! » ordonne-t-il à Bonnie, sans se soucier de froisser son petit égo.
Il s’occupera de la rassurer plus tard, pour el moment il faut qu’il fasse quelque chose pour Ethan. Il ne sait pas tout à fait quoi, il va se contenter de suivre son instinct. De toute manière, à ce stade, Ty peut difficilement faire autre chose. Il ne réfléchit même pas. Son cerveau est vide de toute façon. Le jeune homme se contente de faire.

Une fois Ethan étendu sur le dos, il vient coller sa joue près de sa bouche, son regard chocolat concentré sur la poitrine du garçon qui ne se soulève pas. Evidemment. Ca aurait été trop simple.
Il faut qu’il fasse vite. Le temps à l’air totalement distordu. Il a du mal à croire qu’il y a quelques secondes à peine, il dansait dans le couloir en chantonnant du Lady Gaga. Putain… il chantait et dansait pendant qu’Alex était en train de crever. Il EST en train de crever. Tyler se redresse et fait basculer la tête de son ami pour libérer ses voies respiratoires pour le moment inutiles.
Une fois cela fait, il rattrape Bonnie par les épaules et l’oblige à l’écouter, ses deux mains plaquées sur son visage mouillé de larmes.
« Ecoute-moi bien. Tu vas prendre mon téléphone et appeler le 911. Tu vas répondre aux questions le plus précisément possible. Tu vas leur dire ce qu’il a pris et tout ce qui se passe. Ca va aller. Tu peux l’faire ? »
Elle va l’faire. Elle n’a pas le choix et elle le sait. Tyler hoche la tête, comme pour se convaincre lui aussi que c’est la marche à suivre, la bonne, et que tout va rouler. Et puis il laisse son corps prendre le contrôle et agir de lui-même. S’il commence à réfléchir, s’il se laisse aller à penser aux conséquences de tout ça, à Alexander, il va perdre pieds et tout va foirer. S’il perd pieds, c’est la vie que perdra Ethan.
C’est pas putain d’envisageable.  

« Tu vas détester ça, connard » marmonne-t-il en bouchant les narines d’Alex pour venir souffler par deux fois dans sa bouche entrouverte.
Il observe la poitrine d’Ethan se rabaisser pendant qu’il cherche à prendre son pouls carotidien. Rien. Sale merdeux. Pauvre con ! Tyler se déplace et appose ses mains tremblantes sur le torse immobile du barman, essayant de se souvenir de la méthode la plus efficace pour réaliser un massage cardiaque. Ses doigts ont une meilleure mémoire que lui et après avoir trouvé son repère, il place ses mains au milieu du thorax et se redresse sur ses genoux pour être capable de pomper plus efficacement.  
« Un, deux, trois,… »
Il a eu le temps d’alterner deux fois ses insufflation et son massage sans obtenir de résultats lorsque Bonnie entre enfin en communication avec les secours.

© Grey WIND.

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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Dim 8 Déc - 22:25


Call 911 Հ Tyler & Ethan.

« Vire ! Pousse-toi ! »

Et je me pousse. Hagarde, les yeux dans le vide, fixés un corps à moitié mort, dont la poitrine ne se soulève plus. Je ne réalise pas ce qui est en train de se passer, je suis là, dans une position bâtarde, seuls mes poignets m’empêchent de m’écraser comme une merde au sol. J’arrive pas là, je sais pas, tout se casse la gueule. Et Tyler m’irrite mas ça n’est qu’une ombre au tableau, en dehors de ça, j’ai juste envie de me jeter sur le torse d’Ethan pour y sentir la vie, ou me jeter au cou de Tyler pour qu’il remonte mon âme en pleine perdition. Je m’enfonce dans le sol de cette salle à manger maudite, je veux le rejoindre, me lier à ce corps perdu là. Je ne reconnais presque plus sa forme, mes yeux sont trop brouillés par les larmes. La panique m’a tellement envahie que je ne suis plus capable d’articuler un mot correct, et ça agace Tyler. Je sens son irritation d’ici, et son inquiétude. Mais il bouge, lui, frénétiquement, il fait des gestes que je ne comprends pas. La situation m’englobe dans l’urgence et pourtant, je ne ressens pas le moindre apport de vivacité dans mes membres. Molle, perdue, je n’arrive pas à envisager une quelconque solution. Mon meilleur ami est en train de mourir, cet homme à qui j’ai juré d’être la famille jusqu’à la fin de ses jours. Il me semble qu’il y arrive, à cette fin et je sens toutes les parcelles de mon monde se défaire une à une de ce qui me paraissait être mes fondations. Rien n’est plus stable, même ma respiration est morcelée, irrégulière. Imaginer un monde sans Ethan c’est imaginer un monde sans Bonnie. Il n’y aurait plus rien pour me retenir à cette vie. Parce que putain on passe nos journées à s’accrocher aux illusions éthérées de l’héroïne, la cocaïne, tout ça, c’est notre lot. On croit dompter la bête éthylique, mais c’est elle qui a son collier accroché autour de notre cou. C’est elle qui tire sur la laisse et nous empêche de nous envoler, quand nous la croyons le transport idéal pour rejoindre les cieux. Cette sensation des murs si doux, moins racornis et anguleux à chaque fois que je prends un shoot s’éloigne, me paraissait tellement géniale et agréable. Aujourd’hui, le revers de la médaille me rattrape quand mon alter-égo finit par se crasher violemment contre les façades illusoires de notre plateau de cinéma. Tout s’écroule, le film est fini, t’es plus la star de rien du tout Bonnie, ta doublure a été virée du plateau et tu respires plus, bizarrement. Il est ton oxygène, et vous avez tous les deux concourus à sa perte. T’étouffes là. Au fur et à mesure que sa respiration s’amenuise, la tienne suit le même parcours, comme si vous n’aviez toujours été reliés au même cordon. Au même monde. Il est le seul qui a su te construire un foyer. Vous y avez mit le feu.

Il est en train de crever, Bonnie.
T’es trop conne.

Contact froid. Je reprends conscience et le poids de la situation me revient en pleine gueule quand, à travers le voile de larmes, je visualise le visage de Tyler. C’est lui, bien lui. Et ce sont ses mains sur ton visage trempé. Regarde ce que tu lui fais subir, d’abord tu l’écartes de tes problèmes de grossesse, puis tu lui fais endurer une position que t’aurais pu régler toute seule. Mais tu te crois toujours capable de tout faire. Là, c’est lui qui tient les rennes, et sa voix finit par s’ancrer dans la réalité, me ramenant au devant de la scène. Respire.

« Ecoute-moi bien. Tu vas prendre mon téléphone et appeler le 911. Tu vas répondre aux questions le plus précisément possible. Tu vas leur dire ce qu’il a pris et tout ce qui se passe. Ca va aller. Tu peux l’faire ? »
« Oui. »

J’ai hoché la tête. Le contact de ses mains sur mes joues a ravivé l’urgence dans mes veines et la folle tournure de cette fin d‘après-midi me percute droit dans le cœur, encore une fois. Allez, fais ce qu’il t’as dis. A quatre pattes sur le sol je me traîne le plus vite possible vers les sacs que nous avons laissés tomber. Tout est éparpillé, et paniquée je balance tout pour récupérer la sacoche de Tyler. Un éclair est parvenu jusque mon cerveau endolorie et presque endormi : le téléphone, dans la sacoche. C’est là qu’il range tout ce qui est important, son portable est important, donc il est dans la sacoche. Et c’est bien là que je le trouve. Je m’essuie les yeux avec ma manche pour y voir plus clair. Putain ça marche comment cette merde. Putain, putain. Bonnie, allez. Je finis par accéder au clavier. 911. Il m’a dit d’appeler le 911. Evidemment, putain, c’est logique, sale conne !
Tonalité. Je tire sur ma manche, que je mords. Je ferme les yeux lorsque j’entends le souffle de Tyler murmurer des chiffres à répétitions. Je sais ce qu’il fait. Je ne veux pas y penser. Vite, je vous en prie, répondez. Répondez. Répon..

Conversation engagée.

« Parlez doucement, distinctement. Répétez, mademoiselle.
- Alexander, il réagit plus, il est plus là. Je crois qu’il fait une overdose. Il faut venir vite. Héroïne. Cocaïne. Et je sais plus, je sais plus !
- Votre nom, et où vous êtes.
- Bonnie.. Hall, 89 River road, Trimble.
- Très bien, la victime est-elle en danger ?
- Non, non. Et, Tyler, il lui fait un massage cardiaque.
- Parfait, mademoiselle nous allons raccrocher, mais nous vous envoyons quelqu’un. »

Je n’ai pas attendu, je me suis remise à arpenter lamentablement le sol pour revenir auprès de Tyler. J’ai bafouillé, ai failli me planter de nom, je n’arrive plus à réfléchir. Je suis là, accroupie, pas trop près pour ne pas gêner ses gestes, mais je ferme les yeux au plus fort pour ne pas observer ce qui est en train de se passer. Je n’arrive pas à arrêter de chialer, le portable dans ma main, je m’y accroche comme à la vie, comme si par ce geste toute mon énergie allait finir par parcourir le corps d’Ethan. Je voudrais tellement qu’il se réveille là, d’un coup, puis se redresse pour me dire « Ben, ducon, qu’est-ce-que t’as à chialer comme une pisseuse ? Et qu’est-ce-qu’il fout là ? Blonde t’es chiante t’aurais pu me prévenir qu’il venait. » Mais rien ne se passe. Il semble toujours aussi froid, inanimé. Et Tyler s’active, j’ai les yeux fermés mais je sens parfaitement ses gestes. Je voudrais m’enfoncer à nouveau dans une autre dimension et disparaître, le laisser gérer ça tout seul. C’est ingrat, je sais, mais l’idée que MON Ethan se fasse la malle de l’autre côté me détruit et je sais qu’à l’intérieur tout est en train de se désagréger. Quelle conne. Quels cons.
Crac.
Un bruit ignoble émerge du corps d’Ethan, je rouvre les yeux d’un coup, secouée, la main devant la bouche. Putain c’est quoi ce bordel. Qu’est-ce qu’il lui a fait. Les larmes qui semblaient s’être arrêtées reviennent de plus belle, et inondent mon visage. Misérable que je suis, je n’ose articuler un mot mais je me rapproche, comme si c’était plus fort que moi. J’accoure presque, le portable toujours bien enfoncé dans ma paume. « Qu’est-ce qui se passe Ty, dis moi c’qui se passe. Putain, il répond toujours pas. » Le son précédant se retourne encore dans ma tête, et je m’écarte brutalement, reclue contre le canapé, prête à vomir tripes et boyaux. J’ai le regard rivé sur Tyler, les mains ( avec le portable ) plaquées contre ma bouche, et je murmure, terrorisée. Je t’en prie Ty, t’es le seul à pouvoir nous sortir de là. J’te dirais tout, que j’suis stupide, que j’me déteste, que j’fais ça parce que j’aime pas ma vie, que ma mère, je l’ai jamais connue, que tout ce qui m’entoure ce sont juste des paillettes, et qu’on est stupide. Mais sors-moi de là.

« Putain, putain, putain… »

M’abandonnez pas.


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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Lun 9 Déc - 19:20

In the lands of gods ands monsters, we were angels.

It's a perfect day. It's a fucking SHOPPING day !

Quelle connerie ! C’est pas possible d’être aussi stupide putain ! Comment est-ce qu’on peut sciemment s’infliger ce genre de chose ? Comment est-ce qu’on peut en arriver à se faire ça à soi-même ?  
Tyler a envie d’hurler, envie d’arrêter d’essayer de sauver la peau de cet imbécile d’Alexander pour le cogner, le secouer, lui faire entrer un peu de plomb dans la cervelle. Cervelle qui va se retrouver privée d’oxygène s’il s’y risque. Bordel de merde, peut-être qu’il est en train d’essayer de réanimer un légume déjà. Depuis combien de temps est-ce qu’Alex est dans cet état lamentable ? Depuis combien de temps avait-il cessé de respirer lorsqu’ils ont passé la porte de l’appartement avec leurs paquets, comme deux imbéciles heureux ?
Mais mieux vaut ne pas penser à ça. Mieux vaut ne pas penser du tout, sinon il va rejoindre Bonnie sur le banc des désespérés. Il ne peut pas se le permettre. Ethan compte sur lui. Enfin non, il ne compte plus sr rien, il est à des millier de kilomètres de là pour l’instant… Et le cuistot espère sincèrement qu’il a pensé à prendre un billet retour avant son grand voyage au pays de l’oubli.  
 
« Crétin » marmonne-t-il encore, le souffle déjà court, les bras un peu douloureux à force de compresser la poitrine de son ami toujours inconscient.
Il ne faut pas qu’il se laisse aller à s’écouter non plus. Il ne peut pas se permettre de fatiguer et de relâcher la pression. Parce que ce connard a placé sa vie entre ses putains de bras maigrelet. Faut vraiment être fini à l’urine pour faire un truc pareil ! Faut vraiment être un parfait connard pour lui coller une telle responsabilité sur le dos alors qu’il a déjà du mal à entretenir une plante verte.
S’il s’arrête, s’il se foire, Alexander n’existera plus. Si ça arrive, il va perdre Bonnie aussi, il le sait. C’est dans leurs poumons à tous els deux qu’il envoie de l’air. C’est à elle aussi qu’il tente d’accorder un sursis. C’est leur cœur à tous les deux qu’il tente de faire battre. C’est sur leurs deux visages que Tyler lutte pour faire réapparaitre un peu de couleur.
Et pour le moment, ça ne marche pas.
Il est furieux.
Furieux d’avoir à faire ça. Furieux de ne pas avoir prévu le coup et empêché que ça arrive. Furieux que Bonnie le regarde avec tant de détresse. Furieux que tout ça l’atteigne. Furieux contre lui-même pour s’être attaché à ces deux imbéciles. Furieux de ne pas se sentir à la hauteur.

Le craquement lui glace le sang.
Tyler sait que ce genre de choses arrive. Une côte vient de céder sous son poids et la pression qu’il exerce chaque fois qu’il masse le cœur de son ami pour le faire repartir. Il y a un moment de flottement durant lequel il n’ose plus bouger. Durant lequel il a l’affreuse impression qu’il n’arrivera jamais à repartir et à reprendre ses compressions thoraciques.
Il n’a pas les épaules pour ce genre de tâches. Pas les bras pour un tel exercice. Il n’est pas programmé pour tout ça, Alexander le sait bine pourtant ! Pourquoi est-ce qu’il lui fait subir un truc pareil ? C’est dégueulasse. C’est vraiment injuste…

Et puis Bonnie se rapproche imperceptiblement et il lui suffit d’un coup d’œil dans sa direction pour qu’il se remette en action et reprenne son massage cardiaque. Il peut pas laisser ce connard lui faire ça. Il peut pas laisse cet imbécile leur claquer entre les doigts. Il faut qu’il aille en Californie... Il faut qu’il se tire de ce trou et ils sont sa porte de sortie.  
C’n’est pas la raison pour laquelle il veut qu’il s’en sorte, qu’ils s’en sortent, mais ça lui fait quelque chose auquel se raccrocher. Ca lui donne le souffle qui commençait à lui manquer pour reprendre.  
« Ca va aller. Ca va marcher » tente-t-il de convaincre la rouquine et lui-même. « Ca va aller, faut juste… Faut qu’tu m’aides un peu, Bonnie… Tu crois qu’tu peux m’aider ? »
Il se tait quelques instants, le temps de souffler dans la bouche d’Alexander.
« Tu m’as vu faire ? Faut qu’tu fasses ça Bonnie. Deux insufflations quand j’te l’dis. Tu peux faire ça ma belle ? » demande Tyler en essayant de ne pas perdre le compte de ses propres gestes.
Trente compressions. Deux insufflations. Trente compressions et deux insufflations.
La jeune femme pousse un genre de couinement désespéré et s’approche timidement.
« Tu peux l’faire. Tu vas y arriver. Tu inspires, tu pinces son nez et tu couvres sa bouche complètement avec la tienne pour souffler. Deux fois. Tu peux l’faire. Ca va aller, il va revenir. »
Il peut presque y croire lui-même…  


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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Dim 15 Déc - 0:06


Putain ! Հ Tyler & Ethan.

« When you talk it's like a movie and you're making me
Crazy -
Cause life imitates art
If I get a little prettier can I be your baby?
You tell me, "life isn't that hard"… »

Le temps est extrêmement long, la terreur me tord les tripes et mes pensées ne s’articulent plus comme il le faudrait, depuis un bout de temps, déjà. Tyler est un exemple de sang-froid, moi, seulement une image un peu distordue du néant. Des flashs de tous les sens parviennent à se frayer un chemin devant mes yeux. Les murmures chiffrés de Tyler en fond sonore, j’aperçois d’abord la tête d’Ethan qui soudain se pointe à ma fenêtre. Voir la jeune Bonnie courir pour lui dire de la fermer en pouffant, déjà prête à partir, me file la gerbe. Elle est là, pimpante, n’a pas encore commencé à se droguer et déplace son corps frêle par-dessus la rambarde en faisant le moins de bruit possible. Cette couillonne s’arrache un bout de pantalon, et le garçon désespéré mais amusé, finit par secourir la demoiselle effarouchée et l’aide à descendre la palissade pour courir dans la nuit jusque chez lui. Une seconde plus tard j’me revois les cheveux embourbés dans une serviette, seul tissu porté, après une nuit d’enfer aux côtés de ce même garçon, plus vieux, cassé en un milliard de morceaux, et désormais camé jusqu’à l’os. Il est là, je le vois encore étendu dans un mot qui n’est ni le sien, ni le mien, mais celui d’un pote à lui surement, je ne m’en rappelle plus, et à cet instant de ma vie je ne savais plus où j’en étais non plus. « Tu m’expliques pourquoi tu t’occupes de tes cheveux, maintenant ? » Parce que Bonnie est une princesse, qu’elle a pas envie de se rhabiller face à ce grand type dans un pieu inconnu.
Un fois encore l’image du film saute et on retrouve cette espèce de pseudo-couple assis en tailleur, les doigts enserrant chacun un joint, sous un sapin anorexique et dans un appartement miteux. C’est leur tradition, secrète, personne n’en connaît l’existence, et c’est Bonnie qui a décidé ça. Puisqu’Ethan n’a plus de famille, et malgré son aversion pour les festivités, elle avait décidé de lui offrir ce semblant de foyer, chaque Noël. Connerie de junkie.
Un moment dans un pieu. Des cheveux roux déposés sur un torse musclé qui s’élève à peine. Des poings contre les murs, d’autres écrasés sur les arcades, des lignes, des baisers à la con, des claques, des nanas à profusion, pas de mecs pour lui, juste pour moi.

Tous ces moments qui ont pu rythmer nos vies de drogués reviennent me hanter comme si la vie d’Ethan défilait devant mes yeux au lieu des siens. Pourquoi ça, je ne sais pas. J’suis bloquée contre le canapé, le regard perdu, et j’observe les bras de Tyler s’abaisser et se relever au fur et à mesure de ses décomptes, et il rythme les images, rythme les battements de mon cœur quand j’espère du plus profond de mon être qu’ils suffiront à réveiller ceux de ce sale type étendu par terre. Je me raccroche à Tyler comme à une bouée de sauvetage, comme s’il était le seul maitre de la situation quand je ne sers qu’à serrer ce putain de portable dans ma main, le souffle coupé par les résonnances du craquement dégueulasse qui tambourine dans mon crâne. Alors, ce n’est pas un faux-semblant, Tyler est le seul gars conscient ici capable de sauver une vie, cette existence qui donne raison à la mienne. Il gère la situation, moi j’suis là comme une pauvre merde pathétique affaissée et paralysée contre ce canapé merdique. On a beau le faire chier sur sa carrure, j’ai beau l’emmerder au possible, lui attribuer le titre de princesse, il me prouve en cet instant que sous ses airs de bitch il n’y a pas que des paillettes entre ses tempes. Quelque chose se passe entre Ethan et lui, je suis étrangère parce que misérable et incapable de sauver la vie d’un mec qui l’a fait pour moi. Muette, immobile, c’est encore Ty qui redresse mon esprit et qui relève le niveau. Mon regard reprend vie et s’accroche au sien, je bois ses paroles comme des évangiles, celles qui éclaircissent mon champ directionnel et affaiblissent l’écho du crac morbide.
« Tu m’as vu faire ? Faut qu’tu fasses ça Bonnie. Deux insufflations quand j’te l’dis. Tu peux faire ça ma belle ? »
« Oui. Je… je crois. »

Nouvelle mission, mon cœur s’emballe, moi, faire ce qu’il fait ? Stupide et inutile rouquine, bonne qu’à se balancer sur une barre et à laisser son meilleur ami crever. Faire ce geste salvateur qu’il semble maitriser parfaitement. La pression enserre mes tripes à la manière d’un étau et je pince mes lèvres, ferme les yeux très forts comme une enfant qui refuse d’entendre les voix criardes lors d’une dispute parentale. Non. Je vais pas y’arriver, j’vais réussir à la tuer. J’ai jamais rien fais de conséquent de ma vie Ty, putain, tu vois bien qu’on ne sert qu’à se poudrer le nez. J’ai réussi à tuer deux gosses, pourquoi pas terminer avec celui qui m’les a foutu dans le ventre. Tu m’en demandes trop. J’suis qu’un amas de connerie, sur patte et plutôt pleurnichard. J’ai réussi à te dépiter d’être de notre entourage, et c’est encore une morale qui va se tirer de l’histoire : les junkies sont toujours les sales méchants égoïstes et incapables. Le jeune beau gosse diabétique s’en sortira comme un putain de héro. C’est comme ça. C’est la vie.
Mais tes putains de décomptes se ramènent encore dans mon esprit et comme s’ils avaient une portée d’espoir, ils se fraient un passage suffisamment acide pour toucher le point sensible. Peut-être qu’y’a une sacrée putain de chance. Si t’es là, c’est qu’on a peut-être pas décidé de le laisser partir. Putain, connasse, prends le peu de courage que t’as dans les mains, et arrache lui les côtes, démonte-le, il est à toi, allez !
Alors je me redresse, et l’approche avec la boule au ventre, un son désespéré s’échappe de ma gorge sans que je ne puisse le contrôler. Les paroles chaudes de Tyler se profilent et permettent de clarifier les idées alarmées qui se bousculent dans mon esprit. Du calme. Tu l’as vu, il t’a montré, tu dois faire pareil. Ses mots s’ancrent et se gravent sur ma peau et je me penche à son ordre pour effectuer ce geste terrible. Les yeux fermés, ses derniers mots tournent en rond, et je m’y accroche comme à la vie. « Il va revenir. Ca va aller, il va revenir. Ca va aller, il va revenir… » Inspire putain Ethan, tu vois pas qu’on souffre ! Tu vois pas que Tyler galère et qu’il s’essouffle à vouloir te redonner le tien, j’t’en prie, donne lui raison. Reviens s’il te plait.

Un son désagréable se déclare dans l’appartement. Saccadé, souffreteux, et distribués dans les tympans comme s’il se diffusait à la base de nos oreilles. Je connais ce son, ça y’est, je sais ce qu’il se passe. Je regarde Tyler, comme absente un quart de seconde, alors qu’il continue le massage cardiaque ( j’ai enfin posé un mot sur sa technique ) et je réalise.

« Ils sont là. Putain, ils sont là ! ! »

Je me précipité en manquant de me casser la gueule à cause des sacs, vers la porte d’entrée, le portable ancré dans ma main comme une nouvelle sorte d’implant. J’attrape la poignée de la porte pour me permettre d’ouvrir aux secours et de me relever en même temps. C’est limite si je ne brise pas la porte contre le mur, me dégageant immédiatement en leur montrant la marche à suivre d’un bras tendu à l’extrême dans la direction de Tyler. C’est rapide, sec et tranchant, ils prennent place autour du corps de mon ami, remercient brièvement le jeune sauveur pour le délester du poids de la vie d’Ethan. Je le vois se redresser, le regard sur les hommes venus au secours d’Alexander et je suis là, comme un poids éthéré, les mains posées sur le crâne, à observer ce qui se déroule devant mes yeux. Tout semble se passer au ralenti, les formes se floutent et mon seul point fixe est la finesse du corps de Tyler qui s’extrait de la masse informe à terre. « Tyler… » Je mords ma lèvre, les larmes affluent de nouveau et glissent sur mes joues comme des lames de rasoirs.« Ty… dis moi que… » Je crois que j’ai pas fini ma phrase, et qu’il accepte ou refuse mon geste, je n’ai su réfréner cette pulsion dernière. J’ai fondu contre lui comme une salope misérable pour entourer son torse de mes bras, les yeux fermés et plissés avec force pour ne pas voir. Entendre me suffisait. Il est ma bouée de sauvetage en cet instant et de cette manière il me tient à la surface. Tout ce qui s’est passé jusqu’alors, et tout ce qui se passera ensuite sera sous le guide de ce type là qui a tout donné pour sauver Ethan. Car en essayant de le sortir de sa torpeur, c’est à moi qu’il a laissé la vie, en même temps. Je sais qu’il me déteste, qu’il nous hait en cet instant, mais putain, Ty, j’te dois tout. Fais moi croire que tes mots vont se réaliser, t’as toujours su me mettre des paillettes dans les yeux, rends-moi celui qui y place des étoiles.


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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Dim 15 Déc - 12:19

In the lands of gods ands monsters, we were angels.

What do we say to death ? Not today…

Son cœur s’affole et lui tombe dans l’estomac, lui filant la nausée. Il regarde Bonnie se lever pour détaler comme si sa vie en dépendait et aller ouvrir aux services d’urgence qu’elle a contacté. Et au fond, c’est vrai, sa vie en dépend, puisqu’elle est étroitement liée à celle d’Ethan. Ethan qui a continué de pâlir, mais Tyler ne veut pas s’intéresser à ce genre de détail. Il n’en a pas le temps ou la force. Toute son énergie, il tente de la passer dans ses bras et dans son souffle.
Mais il commence à dangereusement manquer des deux. En fait, depuis que Bonnie lui a signalé l’arrivée de leurs sauveurs, il a l’impression que ses forces terminent de l’abandonner. Et pendant qu’il continue tout de même de puiser dans ses dernières réserves, il se met à comparer la situation à ce phénomène agaçant qui se produit chaque fois qu’il attend trop longtemps pour aller pisser. Tyler a envie mais c’est contrôlable et quand il se décide enfin à bouger son cul, la simple vision des toilettes face à lui réveille sa vessie qui veut expulser immédiatement tout son contenu. Et ça devient une question de course contre la montre et de lutte contre son propre traitre de corps…
Depuis qu’il sait qu’on va le relayer, il a l’impression qu’il ne pourra plus effectuer la moindre compression. Ses bras sont douloureux, brûlants, engourdis, désagréablement lourds. Il a le souffle court, la gorge affreusement sèche et il peine à conserver son propre air alors qu’il est censé en insuffler le maximum à Alexander.

Quand il les voit enfin entrer, il a dû mal à comprendre pourquoi justement, il ne parvient pas à les voir. Il lui faut un long moment pour saisir qu’il les aperçoit au travers d’un rideau de larmes. Des larmes de panique, d’épuisement, qui trahissent son impression d’impuissance face à toute cette situation complètement à chier. Des larmes de soulagement aussi. Parce que Tyler n’a absolument aucune idée de la manière dont il s’y est pris pour tenir aussi longtemps et réagir comme il l’a fait. Si on lui avait demandé s’il était capable de sauver une vie humaine ou au moins d’essayer (parce que dans le cas présent, Alexander n’a aucune garantie de s’en tirer), le cuistot n’y aurait pas cru.  
« On va prendre le relai maintenant. »
« Oui… »
Mais il est incapable d’arrêter. Il continue de peser de tout son poids plumes sur le thorax d’Ethan et il faut que l’ambulancier insiste un peu et le bouscule gentiment pour qu’il cède enfin sa place et se redresse sur des jambes flageolantes.
Il titube de quelques pas en arrière, ce qui laisse aux trois hommes qui viennent de pénétrer dans la pièce le loisir de s’approprier l’endroit. Et pour la première fois depuis que lui et Bonnie sont entrés dans l’appartement, il prend enfin réellement le temps de dévisager Ethan. Ethan qui n’est plus qu’une version floutée de lui-même.
C’est à la fois fascinant, déroutant et effrayant.
Mais Bonnie l’arrache à ses contemplations en lui sautant dessus pour venir se blottir contre son torse. Il l’étreint en retour, plus par réflexe que parce qu’il a réellement envie de la sentir contre lui. En vérité, elle le dégoute. Elle le dégoute autant que le corps grisâtre d’Alex, étendu à leurs pieds et immobile depuis trop longtemps, et peut-être pour l’éternité.
Il déglutit péniblement et, les bras toujours étroitement refermés autour du corps aussi tremblant que le sien de Bonnie, il fixe les sauveteurs qui ont commencés à se mettre au travail.

Là où lui utilisait sa bouche pour insuffler de l’air, ils ont enfoncé un tube qu’ils sont en train de relier à un ballon. Il voit le défibrillateur être installé à côté de lui pendant que le dernier des trois types s’occupe des compressions thoraciques.
« J’lui ai cassé une côte je crois » lance Tyler d’une voix blanche.
« Ca arrive. C’est pas grave. »
« J’me disais que… Si ça s’trouve j’lui ai perforé un poumon ou quelque chose » s’étrangle-t-il en sentant les larmes rouler sur ses joues.
Cette idée le panique. Jusque là, il ne l’avait pas laissé se frayer un chemin jusqu’à son esprit mais maintenant que c’est fait, l’idée le terrifie.
« Vous avez fait du bon travail. Maintenant laissez-nous faire le notre. »
« Il a des allergies ? Qu’est-ce qu’il a pris exactement ? »
Tyler ne répond pas. La question ne lui est pas adressée. Elle peut pas l’être puisqu’il ne connaît rien des habitudes de consommation de son ami. Enfin si, il sait qu’il fume des joints et prend de la cocaïne, mais quand il se pique, il n’a aucune idée de ce qu’il met dans ses seringues.
Sauf que Bonnie ne répond pas non plus, elle continue d’humidifier ses vêtements à force de pleurer contre son torse.
« Il faut qu’on sache ce qu’il a pris, c’est important. »
« Dis-leur c’qu’il a pris, putain ! » s’agace-t-il en attrapant tout à coup Bonnie par les épaules pour l’obliger à se décoller de lui et à faire face aux gars.
A faire face à ses putains de responsabilités.  Parce qu’elle a sa part là-dedans. Elle l’a laissé faire. Elle l’a laissé faire et elle l’imite. Ca pourrait être elle, étendue par terre. Deux cons. Deux cons égoïstes !

Pendant que Bonnie se décide enfin à prendre la parole, Tyler s’éloigne, incapable de supporter plus longtemps la vision d’Ethan en train d’être ramené ou pas à la vie. Incapable de supporter d’avoir Bonnie dans son sillage. De toute manière, il a besoin de s’asseoir. Sa vision commence à se flouter, son cœur cogne trop vite dans sa poitrine, ses oreilles lui paraissent brûlante, ses bras continuent de s’engourdir désagréablement et il se sent faiblir.  
Il tire une des chaises de la table de cuisine et s’y laisse tomber. Son regard se pose sur les paquets qu’ils ont abandonnés au sol. Il faudra qu’ils les virent, pour faire plus de place aux secours… D’ailleurs, un des paquets a été piétiné. Tyler voudrait aller le ramasser mais il s’en sent incapable et renonce.
Il voit alors une nouvelle paire de pieds apparaître et relève les yeux pour voir un flic pénétrer dans la pièce et croiser son regard. Il le jauge quelques secondes puis va rejoindre les trois autres.

« Putain… » souffle Tyler en passant ses deux mains devant son visage, avant de pousser un lourd soupir.
Il ne pleure plus à présent. Il est trop atterré pour ça. Même quand son regard revient sur Ethan, attiré comme s’il était un foutu aimant, il ne recommence pas à pleurer. Ty est trop angoissé pour se laisser aller.
Un des ambulanciers s’est redressé pour parler avec Bonnie et lui poser tout un tas de questions. C’est à ce moment-là seulement qu’il réalise qu’en fait ce type n’est pas un ambulancier du tout. C’est un flic. Il avait noté un uniforme différent mais sans y prêter la moindre attention. Evidemment, quand on annonce qu’un junkie est en plein bad, ils envoient des renforts, question de sécurité… C’est lui qui installait le défibrillateur, sûrement pour faciliter le boulot des secouristes. Ils doivent avoir l’habitude de travailler en équipe…
Tyler les observe quand il entend le premier coup de jus. Ca lui fait froid dans le dos. Un simple bourdonnement suivi du choc provoqué par le tressautement d’Ethan. L’un des ambulanciers prend la parole, recommence le massage et sans y penser, Tyler se remet sur ses pieds.
« Putain allez… Fais un effort, sale connard… Fais un effort… » chuchote-t-il sans en avoir conscience, alors que les secouristes s’apprêtent à envoyer le jus à nouveau. « Allez… »

Et cette fois, le putain de miracle se produit.
« J’ai un pouls. »
Tyler éclate en sanglots et porte à nouveau ses mains à son visage. Alors qu'Alex vient de retrouver son souffle, lui perd le sien et se recule jusqu'à sentir la chaise contre ses jambes pour s'y laisser retomber de nouveau.  

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Dernière édition par Tyler A. Lawson le Mer 18 Déc - 17:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Mar 17 Déc - 23:29


Miracle Հ Vous deux, avez mon coeur.

Jusque là je n’avais pas conscience de la réalité des faits. Comme toujours, notre faculté à éviter la confrontation au monde réel m’a emmenée loin du problème. Le fait est que je me retrouve debout, là, plantée dans le thorax d’un indien plutôt grand pour éviter de regarder un autre grand garçon passer l’arme à gauche. La présence nouvelle des secours, je croyais qu’elle me soulageait mais pourtant, que nenni. Quelque chose manque, là, un truc déconne encore. C’est moi, le rouage qui fait tout péter. Alors je reste là à tremper le tissu de Tyler en pensant à tout ce qui va arriver quand Ethan ne sera plus là. A me dire que plus personne ne sera là pour me permettre de ne plus toucher le sol. Je me dis que j’serais vide, et je me vois incapable d’en terminer, le chagrin finira par me tuer. Bien d’une personne qualifierait ceci d’amour, je pencherais pour quelque chose de plus physiologique, ou un machin qui relève du karma, autrement. Je sais pas, si c’est physique ou spirituel, mais un truc, comme un pont relie les deux parties les plus importantes de nos deux corps, et c’est presque comme si nous n’en formions plus qu’un. Je pense que je vais devoir rendre l’appartement, peut-être même donner Ea si mon oncle ne veut pas de lui dans sa maison. Je me laisserais crever, peu importe, ou bien partirais dans ma bagnole et ne me retournerais pas quand je quitterais cette saloperie de ville. Mais je resterais pas longtemps, ça c’est certain, et le sentiment d’un vide grandissant ne fait qu’accroitre la rivière au bord de mes yeux. Je perçois déjà mes reins se flétrir, et mes membres se raccourcissent. Je redeviens gosse, inutile et blottie contre un coin de la pièce.

Les paroles énoncées par les différentes personnes de la pièce semblent flotter autour de moi sans jamais m’atteindre. La pression de Tyler sur mon dos semble n’être qu’une légère caresse, un rien, et je regrette de ne pouvoir percevoir ce geste avec plus d’intensité. Il saurait peut-être me ramener en bas, réellement à ses côtés pour éviter de me perdre entre les différentes et nébuleuses pensées funèbres qui accaparent mon esprit. Mais le cosmos semble vouloir me rejeter depuis toujours alors, une poigne ferme sur les épaules me réveille, et j’ouvre les yeux. Le visage de Tyler, crispé, me fait face et il semble vouloir communiquer avec la race inférieure. « Euh…oui…oui. » Je porte une main à mon front, plisse les yeux pour retrouver mes esprits et ordonner la syntaxe des phrases qui se forment. « Il a prit… Un joint, peut-être plusieurs, je sais pas. Surement de la cocaïne… et.. c’est de l’héroïne, autrement je… »

Je secoue la tête, replonge mon visage dans mes mains, laissant la chaleur de l’indien s’évanouir dans l’espace qui s’agrandit. Mon champ de vision se décide enfin à glisser sur les murs de ce qui est notre salon, et je reprends conscience de ma position dans l’espace, comme si j’atterrissais après un long voyage extra-lucide. Perdue dans ce qui semble être un carnage de mes pensées, mon regard ne se fixe plus seulement sur Ethan, à vrai dire, je ne le vois presque plus sous la masse des secouristes. Je crois distinguer Tyler plus loin, des montagnes de paquets colorés au sol, puis la couleur crème qui tire vers le pêche des murs dont le papier peint n’est pas spécialement en bon état. Les ruines de cet appartement matérialisent à la perfection la situation, il n’y aurait pas plus beau cadre cinématographique pour assister à la mort d’un être cher. Je déglutis. La télé encore allumée est l’horrible criminelle, coupable d’assujettir l’esprit à la débilité à cause de son bourdonnement sourd mais parasite. Elle est toute proche et pourtant le son semble provenir de très loin. J’approche ma main de l’interrupteur lorsqu’un torse m’arrive en plein visage, me coupant l’accès visuel à l’ensemble de la situation. Ma main retombe mollement sur ma hanche, mon regard se relève, mon sang se glace instantanément. Dans le flou de mon esprit, l’espèce de divagation de l’âme, je sens la raideur s’installer dans mes membres. D’un geste furtif je cherche le regard de Tyler. Lui ne cherche pas le mien. Je connais cet insigne en particulier parce que je cherche à l’éviter depuis toujours. Surement un connard de condé. Cependant je ne suis pas plus inquiétée, mes regards volatiles s’échappent des siens et ses questions m’effleurent sans plus de cérémonies. Ce qu’il dit ? Je n’entends qu’à peine. Je suis occupée à constater la présence de mes mains, la densité de mes pieds posés sur le sol, à calculer la distance qui me sépare d’Ethan, celle qui me sépare de Tyler. Assurément, la distance me reliant à Alex est infiniment plus longue et ardue que les quelques pas qui me séparent de Tyler. J’ai envie d’aller le voir et de me fondre derrière lui, ou de lui confier ma conscience style : bye bye, juste une seconde, je veux dormir.

Et puis, quelque chose. Une étoile, un sursaut de vie. Oui, c’est cela. Trois mots qui ont suffit à raviver l’urgence dans mes veines et à me forcer à affronter, de face, la réalité plénière. J’ai poussé d’un geste raide l’entrave corporelle à ma vision, ce sale flic, pour observer ce qui se passe. Et tout s’est relâché, d’un seul coup, à nouveau, je trébuche, un air terriblement choqué sur le visage. Un pouls. Il vit. Il respire. Je lâche un ricanement nerveux, entremêlés de sanglots crispés. Je tousse, à m’en exploser les poumons, et les secouristes s’affairent, se lèvent, vont chercher des trucs, Ethan se stabilise, et nous on s’effondre. Je vois Tyler le visage entre ses mains, les miennes sont crispées sur mes côtes, et je respire mal. La quinte de toux reprend, mais je m’efforce de laisser on regard fixé sur le corps d’Ethan, qui bouge à nouveau, de manière presque imperceptible. Mais c’est suffisant pour raviver un monde entier.« Pu…putain. » Un brancard est ramené, le corps lourd et affaissé est difficilement déposé dessus. Immobile, je regarde sans y croire le miracle opérer. Il n’est pas mort. Ce putain d’enfoiré s’en est sortit. Il m’a faite pleurer et, Tyler s’est esquinté à vouloir lui redonner un souffle. Il a attendu le dernier moment pour faire sa saloperie de blague. Je n’y crois pas. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer, en tout cas, rien n’est plus beau qu’une vie qui s’élève. J’observe son torse se soulever doucement, sans accroc, tranquillement. C’est la plus belle chose que j’ai eu à observer. La plus merveilleuse chose qu’il m’ait été donné de voir, de constater. Ce torse sur lequel j’ai dormir plus d’une fois est la matérialisation de deux vies qui reprennent leur souffle. Pourtant la pression qui relâche, à côté de ça, abat une fatigue phénoménale sur tous mes membres. Je me traîne derrière la civière pour rejoindre Tyler. J’ai envie de l’embrasser, de le serrer contre moi, de cesser ses tremblements, mais je ne suis pas dans un meilleur état, je tiens à peine debout, me raccroche au comptoir en manquant de tomber. « Pleure pas. » Je baisse les yeux vers lui, écarquillés et voilés par un rideau de larmes bien fourni. Je n’arrive pas à me défaire de cet océan aux pupilles et je n’ai que faire de lui afficher ce visage délabré par le maquillage. « S’teuplait, pleure pas. » J’attrape son poignet dans un semblant de geste. Retenue par un fil imaginaire, mon équilibre est faussé.
« On l’emmène à l’hôpital le plus proche. Vous accompagnez ? »



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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Mer 18 Déc - 17:19

In the lands of gods ands monsters, we were angels.

What do we say to death ?
Not today…

Il essaye de se raisonner, de se dire que tout va bien aller maintenant, mais ça ne marche pas. Tout ne va pas bien et tout n’est pas réglé. Ethan ne vient pas de se relever en toussotant un peu comme dans les films et il ne va pas suffire qu’il passe une mois (retranscrit en une minute et avec une super musique hollywoodienne) dans un bled tibétain pour être complètement sevré et prêt à botter des culs. Non, Alex a beau avoir un pouls, il est loin d’être tiré d’affaire. Il a toujours ce teint un peu cireux, ses paupières sont encore clauses et il n’a pas prononcé un mot. Peut-être qu’il n’y parviendra plus jamais.
Il n’a jamais voulu voir, mais il a vu. C’est la faute de sa mère qui a tenu à ce qu’il rencontre un peu de sa famille il y a des années de ça. Rares sont ses proches qui aient acceptés et c’est comme ça qu’il a eu le privilège de rencontrer  Arun… Faut savoir que dans les réserves, le seul moyen d’oublier un peu la vie de merde qu’on mène, c’est de se souler la gueule à longueur de journée et de consommer du shit et des champis. Et y a toujours un p’tit malin qui se dégotte un peu plus que ça. Ca a été le cas d’Arun qui a commencé à sniffer de la colle, genre littéralement, et a sniffé toute sorte de produits toxiques. Sauf qu’il a fini par se coller les putains de neurones. Il a consommé la dose d’oublie de trop et aujourd’hui, il est en fauteuil roulant, incapable de prononcer autre chose que des babillages débiles en se bavant dessus. La vision de ce mec lui a fichu la trouille de sa vie.
Et c’est à ce type qu’il pense quand Tyler voit les ambulanciers s’occuper de placer le corps encore inanimé et déjà relié à plein de machines d’Alexander sur leur brancard.

Atterré, il les observe couvrir son corps finalement ridiculement fragile avec une de ces couvertures brillantes qu’il n’avait jusque là vu que dans les films. Une couverture de survie… Il espère qu’elle est efficace et qu’elle parviendra à maintenir son ami en un seul morceau durant le trajet. Parce que qu’est-ce qui leur garanti que son cœur ne va pas recommencer à dérailler pendant qu’ils sont en route pour l’hôpital ? Il a vu tous les épisodes d’Urgences avec sa mère, pas mal de New York 911 et tous ceux de Grey’s Anatomy aussi. Il sait que ça arrive et Tyler n’arrive pas à avoir l’esprit tranquille.
Il continue d’avoir l’impression qu’Ethan ne va pas s’en tirer. Il continue d’attendre le pire et ses nerfs déjà mis à rudes épreuves depuis quelques instants sont en train de lâcher.
C’est certainement pour cette raison que, lorsque Bonnie se rapproche de lui - après qu’il se soit redressé pour suivre les secouristes sans trop savoir comment ni pourquoi – et prend son poignet en lui demandant de ne pas pleurer, il la repousse sèchement.
« Lâche-moi ! »    
Il lui jette un regard brouillé de larmes mais pourtant assez explicit. Un regard qui trahi toute cette colère et cette rancœur qu’il a bien du mal à contenir. Il manque de s’excuser en croisant ses yeux cerclés et dégoulinant de noir, mais n’a pas besoin de se faire tant violence que ça pour ne pas s’attendrir.

« Il faut qu’on y aille. Maintenant » les relance l’autre secouriste.
« Oui, on vient » s’agace Tyler qui bouscule Bonnie pour retourner chercher son téléphone portable qu’elle a abandonné tout à l’heure près du canapé.
Il ne se souvient pas l’avoir vu faire mais il le sait. Il sait beaucoup de choses sans y avoir prêté attention. Il sait par exemple que l’un des flics s’est totalement désintéressé des gestes des ambulanciers ou d’Ethan lui-même pour observer le décor. Tyler n’est pas certain que Bonnie l’ait remarqué et c’est lui qui va devoir gérer ça. Plus tard.
Pour le moment, il renifle, tente de réguler sa respiration laborieuse et douloureuse, et ramasse son Iphone en ravalant un sanglot. Il attrape aussi son bonnet qu’il a jeté en entrant dans la pièce, quand Bonnie l’a supplié de l’aider à sauver son putain de junkie de colocataire. Il ne le met pas sur son crâne et préfère le garder en main et s’en servir comme d’un anti-stress qu’il malmène allègrement sans même y penser.  
« J’vais fermer » lance-t-il à l’officier qui s’attarde en arrière alors que Bonnie a déjà emboité le pas au brancard sur lequel Alex a été installé. « J’dois juste prendre un truc. »
« Quel truc ? »
« Mes soixante kilos d’ecstasy ! » s’emporte-t-il en essuyant rageusement les larmes qui continuent d’affluer à ses yeux chocolat.
« Parlez-moi sur un autre ton. »
Tyler ne répond rien et se contente de ramasser sa sacoche dans laquelle il fourre son portable, avant de passer la lanière autour de son épaule. Il attrape ensuite les clés que Bonnie a laissé tomber en même temps que son sac qu’il embarque aussi. Elle aura pt’être des trucs qui serviront pour Alex dedans. C’est pas le genre a avoir un sac alors peut-être qu’il a tendance à fourrer ses papiers dans les affaires de Bonnie…  Et puis si c’est pas le cas, peu importe, une femme n’est pas censé sortir sans son sac.
« Vous avez tout c’qui vous faut ? »
« Ouais, ouais. »
« En route. Vous allez monter avec nous. »
« Pourquoi ? »
« Parce qu’il n’y a pas assez de place dans l’ambulance. On va au même endroit de toute manière. Sauf si vous préférez vous y rendre par vos propres moyens. »
« Non… C’est Bonnie qui m’a amené ici… On devait faire du shopping… » chuchote-t-il, incapable de faire porter sa voix plus haut.
Il recommence à pleurer comme un imbécile, se sentant d’ailleurs comme tel. Une séance shopping pendant qu’Alex se défonçait et que son cœur s’arrêtait de battre.
Le flic lui fait signe de le suivre et Tyler tente de reprendre constance en lui emboitant le pas, refermant soigneusement la porte de l’appartement dans son dos. Il entend la voix de Bonnie qui proteste contre quelque chose et le temps de la rejoindre, il comprend que c’est à cause de lui. Elle veut qu’il monte avec elle.

Agacé, Tyler s’approche de l’ambulance dans laquelle elle a déjà grimpé, avec Alexander. Elle agrippe son bras comme si sa vie en dépendait et cette fois, il la laisse faire, au moins quelques instants. Il plante ses deux billes sombres dans les siennes, rougies par les larmes et lui parle du même ton ferme et en apparence assuré qu’il utilise depuis que tout est parti en couille.
« Y a pas de place, Bonnie. Tu vas avec Alexander, moi j’vous suis. On se retrouve à l’hôpital, ça va aller. »
Là-dessus, il lui tend son sac à main qui vient remplacer son bras qu’elle enserrait jusque là avec force.
« On doit y aller. »
« Ouais, c’est bon » répond Tyler en adressant un dernier signe de tête à la rouquine pour qu’elle garde son calme, avant de s’éloigner pour rejoindre les flics.

Celui qui s’est attardé à l’étage avec lui le laisse grimper à l’arrière et referme sèchement derrière lui avant de s’installer à son tour. Tyler recommence à jouer avec son bonnet, son regard embué de larmes se perdant dans le vague durant un moment. La voiture a démarré et il se concentre sur la sirène de l’ambulance qui répand sa musique dans les rues éclairées de Trimble.
C’est la première fois qu’il monte à l’arrière d’une voiture de flic. Ca sent la pisse. Le vomi et la sueur aussi. Tyler jette un œil dans le rétro, au travers de la grille qui sépare l’avant et l’arrière de la voiture. Il renifle.
« Vous mettez jamais d’musique ? »
Les deux flics s’entreregardent mais aucun ne lui répond. Tyler laisse tomber. Il n’a pas envie de faire la conversation de toute manière. A la place, il fouille dans sa sacoche de ses mains tremblantes, pour en sortir son téléphone portable. Il lui faut tout le trajet pour parvenir à envoyer son SMS à Aël.
Il veut sauter de la voiture en arrivant mais évidemment : pas de poignée à l’arrière. Du coup il doit attendre que son chauffeur lui ouvre et lui permette de sortir. Evidemment, le brancard ne l’a pas attendu et Alex a déjà passé les portes avec les médecins venus les cueillir à la porte. Bonnie est sur leurs talons et Tyler accélère son allure pour la rejoindre, sans prendre la peine de remercier les flics. Ils doivent avoir l’habitude de toute façon.

Il essaye de suivre les jargons des médecins mais finit par décrocher, n’y comprenant décidément rien du tout. A la place, il marche aux côtés de la rousse au trente-sixième dessous, jusqu’à ce qu’on les informe qu’ils ne peuvent plus aller plus loin.
« Mais il va bien hein ? Ca va aller bien maintenant. »
« On s’en occupe » lui répond l’infirmière, visiblement pressée d’en finir avec eux.
« Il s’appelle Ethan, mais faut l’appeler Alexander. Le touchez pas trop parce qu’il aime pas ça… Il est un peu grognon mais il est pas méchant, d’accord ? »
« On vous tiendra au courant. La salle d’attente est juste là. »
Et là-dessus, elle disparaît en les abandonnant derrière la porte battante.

Tyler reste immobile, peinant à assimiler tout ce qui vient de se passer. Il voit le chariot disparaître dans le couloir et il continue de fixer le hublot, incapable du moindre mouvement.
Alexander a disparu.
Peut-être qu’ils viennent de le voir en vie pour la dernière fois. Peut-être que son état va s’améliorer, mais c’n’est pas à ça que Tyler pense. Il envisage le pire. Et il a l’impression que ce sera en grande partie sa faute… Parce qu’il a obligé Bonnie à le laisser seul pour aller s’acheter des trucs qu’il ne mettra jamais. Surtout depuis que toutes ces fringues se sont associées à ce moment affreux. Il ne pourra jamais rien porter de ce qu’il s’est acheté.
C’est à ça qu’il commence à penser, immobile au milieu du couloir, aux côtés de Bonnie qui est tout aussi à l’ouest que lui. Il coule finalement un regard dans sa direction et pousse un soupir.
« Viens, ça sert à rien d’attendre ici. »
Mais elle ne bouge pas. Elle n’a même pas l’air de l’avoir entendu. Alors l’indien soupir à nouveau et la prend par les épaules pour la guider lui-même vers la petite salle aquarium que l’infirmière lui a désigné avant de filer s’occuper d’Ethan.
L’espace d’un instant, il a l’impression qu’elle a été coulée dans du béton, qu’elle s’est figée et qu’il n’arrivera pas à la faire bouger. Et finalement, la rouquine se laisse faire et il la guide, jouant à nouveau les marionnettistes en lui dictant ses mouvements.
Ty l’installe sur un des sièges (la salle étant vide, ils n’ont que l’embarras du choix) et se pose à ses côtés. Il se laisse glisser dans le fond du siège et réalise qu’il n’arrivera certainement plus à se relever avant un bon moment. Il est lessivé. Il tremble encore, ses yeux le brûlent affreusement et il se sent cotonneux, vaseux, comme sujet à une fièvre.

Le jeune homme reste vautré un moment, incapable de pleurer, incapable de réfléchir à quoi que ce soit. Il vagabonde d’idée en idée sans jamais les creuser, sans parvenir à s’accrocher. Bonnie est silencieuse elle aussi pour le moment.
Il lui redonne son attention et en voyant l’état dans lequel elle se trouve… Il craque. Les vannes s’ouvrent et  il déversent son trop plein sur elle.
« Vous êtes deux conards d’égoïstes ! Des égoïstes complètement STUPIDES ! »
Et tout compte fait, il a trouvé la force de se relever et commence à faire les cent pas.
« Est-ce que tu t’rends seulement compte de c’qui vient d’se passer ? Tu t’en rends bien COMPTE ? Il a failli MOURIR ! IL ETAIT MORT ! Comment tu croyais qu’ça allait finir ? Tu penses que vous pouvez vous foutre n’importe quelle saloperie dans l’organisme et qu’il va toujours vous dire amen ? Mais vous êtes tellement déchirés qu’vous y avez pt’êt’ même pas pensé ! C’est pas l’genre de trucs auquel vous avez envie d’penser hein ? Bah figure-toi qu’ça arrive QUAND MÊME ! » lui crache-t-il hargneusement au visage.

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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Ven 20 Déc - 22:44


Connard ! Հ J'ai dis une bêtise.

« Oui, on vient »

Rien ne tourne plus rond, déjà qu’on avait plutôt l’habitude de se buter sur un carré. Mais là, je sais pas, les côtés de notre routine ont étés coupés et j’me retrouve coincée dans une partie de la pièce sans n’avoir aucun moyen de m’échapper de ma place. Tout ce qui est censé me toucher commence à glisser sur moi comme lorsque je me tire un shoot. Ne pense pas à ça putain Bonnie, tu vas te filer l’envie. Ça n’a pas réussi à te la couper, de voir ton meilleur pote dans cet état ? Immédiatement une bouffée de culpabilité m’emplit les poumons. T’es vraiment trop conne, c’est à ça que tu penses quand il est dans la putain de civière que tu suis comme un zombie, comme une cancéreuse en mal de placebo. Alors je traîne derrière le corps affaissé d’Alexander sans me préoccuper de rien d’autre. Mes larmes restent au bord de mes yeux, puis s’écoulent, et s’arrêtent encore, comme si elles ne connaissaient pas le chemin alloué pour ce genre de sentiment. Rien n’est plus logique et je suis le déroulement comme un pion. Mes affaires ? Peu m’importe, les pensées brouillées, l’esprit de traviole, je fais la suiveuse.
Et puis, un premier problème.

« Comment ça il monte pas avec moi ? Ecoute mon grand tu vas pas me dicter ma conduite, putain, il montera j’te dis. »

Un doigt accusateur planté dans le torse de ce type en uniforme, je ne saisis même pas les lignes de son visage. S’il est jaune, rouge ou violet peu m’importe, s’il s’appelle Mr. Connard ou Seigneur Enfoiré, je sais juste que ce type me demande de monter sans la présence de Tyler. Mais Tyler, c’est mon tuteur. Si j’arrive à tenir debout et à traîner ma carcasse c’est parce qu’il est là et que son acharnement à vouloir sauver la vie d’Ethan a payé, que ce grand connard de drogué respire même s’il est loin d’être sortit d’affaire. Car oui, je ne suis pas stupide, je sais ce qui arrive à ceux qui ont passés le seuil de tolérance. Assise là, déjà parée à partir avec lui dans cette ambulance, je n’accepte pas le fait qu’il puisse réellement passer son tour, et me laisser seule ici. Si on a commencé à se droguer, c’était parce qu’on était stupides. Et puis parce qu’on croit toujours tout contrôler quand on est jeune. On veut vivre, vite, mourir nous importe peu tant qu’on arrive à rester ensemble. Mais une fois devant le fait accompli les règles du jeu changent, et je n’ai pas envie de passer à cette phase de notre vie. Il fallait s’y attendre, pour sur, et pourtant je n’avais pas prévu le coup. Pourtant, j’aurais du voir. Avant de partir, son absence de réaction et tout le bordel qui semblait lui faire office de pupille. J’aurais du voir à travers ses yeux que ça n’allait pas. Mais putain, j’ai confiance en lui, j’ai toujours su qu’il contrôlait ses doses. Qu’est-ce qu’il avait cherché à faire ? On a toujours, toujours observé c’qu’on foutait dans nos lignes, dans nos seringues, pourquoi ça aurait changé. La culpabilité commence à bourriner mes entrailles, comme si rien n’allait s’arranger, parce que moi, Bonnie Hall, j’ai été assez conne pour laisser cette situation empirer et tout foutre sur le dos de Tyler.

« Y a pas de place, Bonnie. Tu vas avec Alexander, moi j’vous suis. On se retrouve à l’hôpital, ça va aller. »

Avant d’avoir pu m’en rendre compte, Tyler était là. Et je tenais son bras comme une abrutie de décérébrée. Son regard noir, amer, reste gravé comme s’il me ferait face pour toujours. Comment lui en vouloir de porter ses yeux noirs. Je détourne les yeux, il me donne mon sac que je n’ai pas pris la peine d’emporter en suivant le brancard. Les portes se ferment, je serre les lèvres, et replie mes bras contre mon ventre. Il fait putain de froid là-dedans. Le gars auquel je portais un doigt accusateur me fixe avec son air suspect, je ferme les yeux et baisse la tête. J’ai essayé d’être quelqu’un d’autre, mais rien n’a l’air de changer. Je reste cette saloperie de Bonnie. Qui a d’ailleurs décidé de me nommer ainsi ? C’est comme une putain de malédiction, j’ai pas envie de finir dans le même état que Mlle Parker. Et si Ethan doit être mon espèce de Clyde, j’ai encore moins l’espoir qu’il claque, là, maintenant. Et puis d’abord, on doit mourir ensemble. C’est l’histoire, c’est comme ça, y’a rien d’autre qui pourrait nous arriver de pire que de partir avant l’autre. Si j’avais à refaire la scène, j’aurais préféré faire les choses bien. J’imagine Ethan faire les magasins avec Tyler, ça m’arrache un sourire et me remet à chialer bêtement, resserrant mes bras autour de mon ventre comme si j’allais m’apporter un tant soit peu de réconfort. Mais non, ce ne sont pas ces bras là dont j’ai besoin. C’est moi qui aurait du m’injecter la dernière dose, il devrait respirer tandis que j’aurais été assez intelligente pour me filer quelque chose de létal, pas à moitié. Il fait les choses comme un con, comme une brute, comme un entêté, inconscient, comme toujours. Ce type est stupide, autant que moi. Mais j’me serais pas loupée, lui, au lieu de ça, me fait vivre les pires espoirs, les meilleurs désespoirs de toute ma carrière de junkie.

Ah, Ethan faire du shopping avec Tyler. Je lâche un rire décousu.
Je décroche.

**

« Viens, ça sert à rien d’attendre ici. »

Comptine merveilleuse. Tenter de se débattre. Puis se laisser guider.
Détachée, inutile, disparue.
Aucun son, aucune réaction, le visage blafard, les paumes de mains ouvertes, la bouche tordue.

Vide et sans intentions. Y’a rien de plus vrai, cette absence de tout, ce manque de rien. Le néant, comme un cosmos infini pour s’y loger et dormir. Une coquille qui se ballote au contact des mains de Tyler. J’ai décroché, de manière invraisemblable. On a coupé les fils au dessus de ma tête, j’observe le monde comme un nouveau-né. Sans aprioris. J’ai pas de sentiments, je les ai empoignés, étranglés et rangés dans une putain de boîte hermétique. Fermée, fermée, putain de fermée. Lorsque Tyler pose ses mains sur mes épaules, je ne réagis pas, me contente de suivre sans diriger mon corps ni ses mouvements. Je ne sens pas sa chaleur, si tenté qu’il en ait. Je ne perçois pas l’odeur désagréable de ce bâtiment aseptisé. Un putain de nid à microbe. Je déteste les hôpitaux d’habitude, aujourd’hui et surtout, maintenant, ça ne me fait aucun effet. Le temps s’écoule comme il se doit, et pas comme un connard de coureur. J’observe les visages intrigués des autres sans comprendre leurs intentions, ni leurs pensées. Dans un autre monde, j’aurais sauté à leur cou telle un caniche bien entraîné. J’aurais gueulé peut-être et me serais agacée. Mais ça n’est pas le cas, je détourne juste les yeux pour tomber sur d’autres, et puis d’autres. Comme une ritournelle jouée par un pianiste déçu par sa vie. Un peu désabusé. Alors il joue un putain d’air monocorde, une ou deux notes répétées comme ça, sur le même rythme. Les mêmes accords stupides.

Just don’t want this last cigarette,
To be over, you know.

Je crois qu’il m’assoit. Alors je laisse mon corps tomber. « Je » laisse, est encore un grand terme. Il pose juste mes fesses sur ce siège inconfortable, mais peu importe. Je suis son mouvement descendant, puis baisse la tête, les yeux grands ouverts. Aucun ressenti. Ni apaisée, ni souffrante. J’ai délaissée la Bonnie éplorée sur le siège de l’ambulance. Et quand je la regarde, j’ai envie de vomir. De la claquer, de lui dire qu’elle est trop conne pour avoir laissé faire ça. Que ses bras frêles autour de sa taille ne changeront rien. Que quand on est quelqu’un de bien, on se drogue pas pour rigoler, on croit pas tout contrôler. T’es pas la reine du monde, ni mademoiselle paparazzi.
J’ai envie de retourner à ce moment précis où la porte de la voiture s’est fermée, et venir l’arrêter dans son mouvement pour attraper la rouquine à l’intérieur et la balancer au sol. Lui donner deux trois coups de pieds, la voir chialer comme une pute délaissée. Vieille, et ridée. Celle qui ne peut plus rien tirer de son corps, quand la beauté fanée lui fait oublier ses moments de gloire. Peut-être que c’est comme ça que t’aurais du perdre ton gosse, salope.

« Vous êtes deux conards d’égoïstes ! Des égoïstes complètement STUPIDES ! »

Je sursaute d’un coup, relève la tête. L’image que je me faisais s’est éclipsée d’un coup, comme si la télé s’était éteinte. Je me crispe d’un coup. Tyler fait les cent pas, le voilà sanguin, tendu, furieux. Ses regards sont effrayants, et je me surprends à tirer sur mon pantalon, les lèvres serrées. J’écoute le venin se répandre hors de ses lèvres. Il parle. Parle. Et parle encore. D’habitude j’adore ça, mais plus ses mots s’enchaînent et me frappent, plus je serre mes yeux, mes phalanges sont livides, je retiens ma respiration. Je ne veux pas entendre ça. Pas de lui. J’ai pas besoin de ça. J’ai l’impression de descendre au sous-sol, comme s’il était le seul maître de l’ascenseur dirigeant ma position dans le bâtiment de mes émotions. La colère s’insuffle, mon visage blafard reprend des couleurs derrière le noir de mon maquillage.

« C’est pas l’genre de trucs auquel vous avez envie d’penser hein ? Bah figure-toi qu’ça arrive QUAND MÊME ! »
« JE SAIS ! »

J’articule un mot pour la première fois depuis de longues minutes, le corps tendu comme un arc. Je me suis redressée par impulsion et fait face à Tyler et bien qu’il soit plus grand que moi, je le toise d’un air mauvais. Furieuse, au bord de l’explosion, j’ai serré mes poings et ai presque eu l’envie de lui planter dans la gueuler. Là, à quelques centimètres, de longues minutes silencieuses intensifient la hargne nouvelle qui nous lie. Puis le silence est à nouveau réduit à néant par ma voix qui explose dans la salle, les dents serrées, le cœur au bord des lèvres. « C’est toi, le putain de connard, Tyler. BIEN SUR QUE JE M’EN RENDS COMPTE ! T’as cru QUOI, que tu savais TOUT, hein ? T’as le foutu putain de droit d’être en colère, mais pas de nous juger, pas maintenant, merde, PAS MAINTENANT ! » Aucune logique, tout dans le contraste. Dans l’appel à l’aide, les larmes brûlantes, à travers ces espèces d’accusations idiotes que je lui jette au visage. « Tu crois que j’ai pas eu peur, putain ! Tu crois que j’ai pas vu tout défiler devant mes yeux. Putain Tyler, ça fait QUINZE ANS qu’on marche ensemble, tu crois que j’ai pas pensé à ça depuis l’temps qu’on s’défonce ? Tu crois qu’on connaît pas les risques ? »

Tu les connais, mais tu les éloignes de ta pensée. Tu sais qu’il a raison dans ce qu’il dit. Mais t’es une sacrée connasse.

« Je suis DESOLEE que t’aies eu à voir ça, OK ? j’aurais tout donné pour que tu n’y assistes pas. Mais t’es mon PUTAIN de SEUL SOUTIEN et… et… » Tu as du mal à respirer. Dommage. «  T’es le SEUL ami que j’ai, qui peut m’aider dans cette histoire quand j’ai failli perdre le SEUL MEC QUE J’AIME ! »

Blocage. Immobile. Le doigt pointé vers la porte qui nous sépare de la chambre d’Alexander.
Rattrape-toi.

Mes épaules s’affaissent, je prends mon visage dans mes mains tremblantes.
Puis retombe sur mon siège. « S’il peut respirer, et s’il a une chance de s’en sortir c’est parce que t’étais là alors… j’suis désolée, Tyler, je suis désolée. » Mes excuses se confondent avec des sanglots nouveaux. Je sais pas quoi te dire, ni comment te le dire, je sais pas m’exprimer. Je suis stupide, je dis n’importe quoi, je sais que t’as raison et putain, j’te dirais pas tout ça si je tenais pas à toi. Le cœur gelé, j’t’ai laissé tout gérer.

« Pardon.. »

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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Sam 21 Déc - 15:56

In the lands of gods ands monsters, we were angels.

What do we say to death ?
Not today…

Enfin une réaction. Il manque de le lui dire et de lui servir un sourire suintant de cynisme, mais finalement, il se tait, préférant laisser à la jeune femme une chance de s’expliquer. C’est surtout qu’en réalité, s’époumoner et s’agiter comme il vient de le faire a terminé de l’épuiser et qu’il choisit d’économiser ses forces. Bon et puis aussi, il doit avouer que l’éclat fielleux dans le regard de Bonnie réfrène un peu ses ardeurs.
Il l’a déjà vue en colère, mais elle n’est pas seulement irritée à cette seconde. Ca doit être la putain d’Apocalypse dans son esprit… Il peut le comprendre, même s’il continue à penser qu’elle aurait dû le voir venir et n’a pas vraiment le droit de tomber des nues maintenant qu’elle se prend le retour de la manivelle qu’elle et Alex actionnent depuis des mois, si ce n’est des années.  

Mais plus il l’écoute lui aboyer dessus, plus son envie de se taire s’étiole. Elle raconte n’importe quoi et ça l’agace prodigieusement. Elle n’a pas d’argument valable et elle doit le savoir autant que lui. Alexander n’est pas la malheureuse victime d’un tragique accident, il est son propre bourreau. Il se tue à petit feu depuis un moment maintenant, et la rousse en fait tout autant.
Ca le rend hors de lui. Il les déteste viscéralement pour être entrés dans sa vie avec un tel bagage. Le fardeau qu’ils ont mis sur ses épaules, l’épée de Damoclès qu’il a maintenant au-dessus de la tête, Tyler estime ne pas la mériter. Chacun sa merde, putain !
Evidemment, le cuistot ne peut pas se vanter de vivre une vie saine et parfaitement équilibrée, il prend des risques lui aussi, et il vit avec une bombe prête à exploser et le tuer à tout instant. Mais il a conscience des risques de son petit à-côté et il l’estime moindre comparé à celui que Bonnie et Ethan prennent au quotidien pour un peu de plaisir. Et puis de toute façon, il n’a pas envie de comparer leurs situations.
Pour ça, ce n’est pas le moment.
En revanche, il est parfaitement choisi pour mettre le nez de Bonnie dans sa merde, il n’en démordra pas !

Ses excuses lui passe loin au-dessus de la tête. Du moins pour le moment. Une part de lui se laisse émouvoir par ses larmes, mais il sait que s’il ne parle pas maintenant, il ne le fera jamais et certaines chosent doivent être dit. Autant aller au bout de la souffrance et la transcender une bonne fois, non ?
« J’veux pas d’tes excuses, Bonnie » réplique-t-il froidement, les mâchoires crispées par la tension. « Si on était vraiment amis, si tu m’connaissais VRAIMENT, t’essaierai pas d’jouer la carte des larmes avec moi ! Ca fonctionnera pas Bonnie ! C’est trop grave c’qui s’est passé ! C’qui s’passe encore ! » lui crit-il en désignant la porte à son tour et en…recommençant à chialer comme un couillon à son tour.
Il ne sait pas si c’est la fatigue, les nerfs ou le simple fait de voir son amie en larmes qui déteint sur lui et le fait craquer comme une emrde. Sans doute un peu des trois.
« Le problème c’est PAS qu’j’ai vu ça, Bonnie ! Le problème c’est que vous FASSIEZ ça ! »

Ty couvre son visage de ses mains quelques secondes. Il est en train de se dégonfler lamentablement. Sa belle assurance et son envie de jouer les donneurs de leçon n’aura pas duré bien longtemps… Suffisamment pour blesser Bonnie cependant.
Au fond, il sait bien qu’il ne vaut pas mieux qu’elle. Parce que : qu’est-ce qu’il a fait pour empêcher que ça arrive au juste ? Rien. Rien du tout. Il a vu Alex snifer ses merdes et il n’a pas été tout balancer dans les toilettes. Il ne l’a pas secoué. Il s’est montré conciliant, il a fait comme si tout ça était…normal. Comme si c’était juste un petit défaut qu’il avait, en plus d’être grognon.
Il a fait comme si être un junkie était simplement un trait de sa personnalité et a nié le problème, les risques.  
« C’est ma faute, j’aurai jamais dû… J’aurai pas dû vous faire croire que j’tolérai c’genre de trucs parce que c’est pas l’cas. J’ai fermé les yeux moi aussi parce que c’était cool de passer du temps avec vous et…et j’ai pas voulu penser qu’ça pourrai tourner mal… »  

En parlant de mal tourner…
Tyler se recule jusqu’à sentir les rangées de sièges contre ses cuisses et il se laisse tomber dans un des sièges. C’est sa tête qui commence à sérieusement tourner et il se sent mal. Moralement évidemment, après tout ce que Bonnie et lui viennent juste de traverser, mais physiquement aussi. Il a plus de quarante minutes de retard sur son injection, il n’a rien avalé depuis le midi et vient de se dépenser comme rarement pour ramener Alexander à la vie… Il  a l’impression d’avoir couru un putain de marathon. Et il déteste courir.
« Laissons tomber. C’pas l’moment t’as raison » articule-t-il, sans pour autant lui présenter d’excuses. Pas le genre de la maison ça non plus.
S’arrachant à la vision des yeux de pandas de Bonnie (dont l’image commence à être parasitée par des genre d’insectes noires qui voltigent dans son champ visuel), il baisse les yeux sur sa sacoche et commence à fouiller dedans de ses mains toujours aussi tremblantes.
« Viens m’aider » ordonne Tyler à la jeune femme.
Même s’ils sont fâchés, il y a peu de chance qu’elle le punisse en le laissant crever comme une merde dans la salle d’attente…
Et effectivement, il la voit venir s’accroupir près de lui et l’aider à sortir ce dont il a besoin. Il tremble trop pour parvenir à mesurer correctement son taux d’insuline, et elle lui vient en aide. Elle n’est pas forcément plus douée, mais à deux, ils s’en sortent plutôt bien. Enfin disons qu’ils n’ont à s’y reprendre que deux fois.

0,43. Comme il s’y attend évidemment, le taux est bas. Beaucoup trop.
« Tu peux aller m’chercher un soda s’te plait ? J’ai qu’deux sucres, m’en faut au moins trois. En plus c’est dég. »
Il sort son portemonnaie et le lui tend.
« J’crois qu’j’ai vu un distrib dans l’couloir… Mais grouille un peu, ok ? Pas d'light hein. M'faut du sucre. »
 

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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Mar 24 Déc - 11:21


RoBonnie Հ L'heure tourne.

Ses derniers mots finissent de l’achever. Derrière ses mains et son rideau de larmes, elle décide de fermer les écoutilles et de ne plus écouter un traitre mot s’échappant des lèvres de Tyler. Bonnie Hall redevient une enfant battue contre un mur, et c’est chaque fois la même chose. Chaque fois qu’un problème débarque, ou qu’un grand connard l’engueule et la blesse comme s’il s’adressait à une gosse. Alors elle se comporte ainsi, se recroqueville sur elle-même et sa seule envie est de courir contre les parois du mur aseptisé afin d’y laisser tomber tout ses soucis. Ça a toujours marché comme ça avec Vance, alors, pourquoi pas aujourd’hui ? Les paroles de Tyler lui arrivent en fond sonore, et ça lui pique encore un peu les entrailles. C’est définitif, il est égoïste. Et elle commence à percevoir qu’elle le savait depuis le début, qu’il n’est pas l’archétype d’un ami parfait mais en même temps, elle n’en attendait pas plus. Et puis, Bonnie n’est pas non plus l’amie parfaite, mais elle aurait simplement aimé qu’il ne lui hurle pas dessus pour des choses qu’elle sait déjà parfaitement, qu’elle s’est répétées des milliards de fois depuis le début de leur dépendance, et surtout, elle aurait aimé qu’il ne la prenne pas de si haut. Tout ce qu’il lui donne envie de faire, là, maintenant, c’est de courir se taper une ligne aux toilettes. Ou se taper un joint quelque part, dehors, pour éviter d’avoir encore à affronter la réalité mais le fait est que, aujourd’hui, elle y est obligée. Entre les flics qui commencent à paraître dans son esprit qui se clarifie, et son putain d’ami qui gueule comme un putois, elle n’est pas prête de se lever pour aller se shooter la gueule. Si elle se retrouvait devant une de leur saloperie, Bonnie n’en serait pas capable, pas avec l’image livide du corps d’Ethan loin dans les vapes.
Tout ce qu’elle pense, Bonnie a envie de lui dire, à Tyler. Qu’elle le déteste là maintenant et qu’au lieu de la soutenir, elle pense qu’il l’enfonce. Et qu’Ethan lui manque déjà, que c’est trop pour elle, que Bonnie Hall n’est qu’une lavette pathétique incapable de s'en sortir sans son oxygène. Elle a envie de lui dire d’oublier ses paroles, de se fondre contre son torse et de chialer encore. S’il te plaît, arrête d’être si dur avec moi, avec nous. Et lui dire qu’elle comprend sa peur et ce pourquoi il a l’air si furieux. Mais le peu qu’il lui ait dit a suffit à blesser son cœur pratiquement absent, et juste assez pour que ses lèvres se referment, comme à l’époque.
Un rideau de cheveux couvre ses yeux pleins de larmes, et son visage tourmenté par la chute d’un maquillage un peu trop forcé. Elle a froid et se dit que rien n’ira jamais bien, et qu’elle est destinée à vivre dans le néant. Mais elle l’a bien voulu. Et ça l’attriste encore plus, alors elle ferme les yeux et serre les lèvres, comme si elle s’empêchait de respirer ou de pleurer pour ne rien lui montrer.

« Viens m’aider »

Alors Bonnie ouvre les yeux, mais pas les lèvres, qu’elle serre au maximum comme pour se donner contenance. Elle n’a pas besoin de parler ni qu’il lui dise quoi que ce soit pour qu’elle comprenne le problème. Elle a l’habitude maintenant avec lui alors sans dire un mot elle s’approche et s’accroupit à ses côtés. Parce que c’est comme ça qu’on fait, normalement. Sauf qu’elle n’articule pas un traitre mot, mais se sert de ses souvenirs pour lui donner ce dont il a besoin. Elle attend. Et la voix de son indien explose dans son crâne encore une fois. Bonnie se relève, et ignore son portefeuille tendu, comme si elle avait besoin de ça. Quelques pas finissent par amener la rouquine au distributeur élu comme le sauveur de sa seigneurie Tyler Lawson, alors toujours vide de sensations et automatisée, elle plaque ses phalanges contre les numéros commandant la canette de soda, ainsi qu’un espèce de paquet de gâteau qui s’éclatent contre les parois du distributeur. Les phalanges, pas le bout des doigts, ce bâtiment est infesté de microbes.
Le tout en main, RoBonnie se presse de retourner auprès de Tyler pour lui filer ce qui pourrait le sauver d’un éventuel malaise. Il manquerait plus que ça. Par réflexe elle lui ouvre la canette avant de la lui tendre puis attend, toujours en silence. Bonnie a le regard qui gravite entre l’indien à ses côtés ( histoire de s’assurer qu’il ne tombe pas dans les pommes ) et la porte qui pourrait la mener à Ethan. Elle a l’impression que c’est devenu un mur monumental capable de repousser les esprits humains les plus combattifs. Et elle n’a plus le courage de lever le petit doigt pour se battre contre quoi que ce soit, alors la rouquine sent également qu’elle n’arrivera jamais à franchir cette étape. Les hôpitaux,  c’est  pas son truc, pas sa came, du tout. Ici, c’est l’enfer d’un malade, alors qu’on essaie d’affranchir le bâtiment en paradis. Le blanc aseptisé trompeur permet au futur défunt de ne pas se douter de ce qui va lui tomber sur le coin du nez. Ses yeux se rivent sur les murs de la salle, une horloge. Quand même. Car ce qu’elle sait bien plus que tout le monde c’est que vivre dans une salle blanche sans horloge est le comble de l’enfer et qu’on peut même dire qu’il existe sur Terre. Puis son regard retombe sur la porte, avec ce hublot fascinateur comme judas trompeur sur ce qui se passe de l’autre côté. Du côté des morts. Bonnie se retient de pleurer à s’en percer la peau de la lèvre et compte sur ses cheveux pour ne rien montrer de nouveau. Elle se lève et va aux toilettes, sans se montrer pertinente un seul instant en laissant un diabétique en crise seul dans une salle d’attente de merde. Mais elle ne peut pas rester ici et lui cacher son chagrin est presque aussi vital que sa survie. Alors elle court une fois qu’il ne peut plus la voir, et dans un esprit teinté d’urgence, la rouquine bouscule les gens aux toilettes, se passe un peu d’eau glacée sur le visage ( il paraît que ça raffermit les chairs ), en pleurant encore un bon coup entre les gouttes d’eau qu’elle balance sur son visage. Et puis, elle pense à quelque chose, un instant, et s’enferme dans les toilettes. Ses mains glissent partout sur son corps, dans une envie chercheuse et ses doigts fins finissent par buter sur le petit objet qu’elle n’avait même pas pensé à cacher. Juste dans sa poche. Un petit sachet transparent contenant une drogue douce, elle hésite avant de faire ce qu’elle entreprenait, puis ferme les yeux et lâche le sachet au dessus de la cuvette. Bonnie ne veut pas qu’on se serve d’un peu de weed pour l’incriminer ou on ne sait quoi. La rouquine sait qu’elle a été imprudente, et peut-être que ce genre d’herbes ne lui aurait valu aucun ennui, mais on ne sait jamais. La chasse d’eau tirée, elle s’extirpe des toilettes en vitesse après s’être passé à nouveau un coup d’eau froide, ce qui n’arrange rien à l’état lamentable de son maquillage. Bonnie se précipite donc à nouveau en direction de la salle d’attente, en passant prendre un café, elle revient s’installer près de l’indien.

« Mange. »

Ni un ordre, ni une question, un entre-deux suffisant. La rouquine a ouvert le paquet de gâteau qu’elle a été lui chercher, et s’est tournée vers lui.

« Mange si tu veux pas te retrouver dans la même chambre que lui. »

Elle plante ses yeux. Constate que sa couleur de peau ne ressemble plus à la couleur agréable d’un teint mat.

« Si tu veux, je peux aller chercher quelque chose de moins gras. »

Bonnie referme ses lèvres dans un pincement. Une seule question lui brûle les lèvres mais elle n’en dira rien encore. Le temps est long, son oxygène se raréfie.
Quand est-ce que je vais pouvoir lui parler, dis, Tyler ?


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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Mar 24 Déc - 17:43

In the lands of gods ands monsters, we were angels.

What do we say to death ?
Not today…

Il la regarde s’éloigner et, quand elle disparaît enfin de son champ de vision, Tyler pousse un lourd soupir de soulagement. Il referme ses paupières sur ses yeux brûlants et se laisse aller contre le dossier du siège inconfortable de l’hosto.
Ils se disent que les gens sont trop angoissés pour se soucier de la qualité du mobilier ou quoi ?  
Le cuistot compte les secondes que met Bonnie à revenir, espérant qu’elle prenne son temps. Il sait que c’est aussi dangereux qu’égoïste de le souhaiter, mais il ne se refera pas. La voir pleurer lui retourne l’estomac. Et même quand elle n’est pas en train de faire un remake humain des chutes du Niagara, elle a une tronche tellement dévastée par le chagrin et l’angoisse que ça en devient…angoissant pour lui. Inutile de préciser que le jeune homme a largement eu sa dose ce soir.
Pour le moment il ne veut plus penser à rien. En fait, il accueillerait une crise d’hypo sévère avec joie. Un bon petit malaise,  quelques convulsions et une petite perte de mémoire qui sera assurément la bienvenue. En plus, il est déjà au service d’urgences alors…

La revoir va le renvoyer à l’image effrayante d’Alexander, étendu sur le sol, les lèvres bleutées, les yeux cerclés de mauve, le teint cireux, grisâtre. Un teint de putain de cadavre. Ce qu’il a été.
Et ça lui fout le cafard que la tronche de Bonnie le lui rappelle constamment. Puis elle le fait culpabiliser avec ses grands yeux de pandas. Tu as été méchant et injuste avec moi, Tyler, tu es cruel. Une cruelle petite pute ! Voilà ce qu’il a l’impression d’entendre, même quand elle le remercie d’avoir sauvé la vie de son junkie de colocataire. Sa putain d’âme sœur.
Ou alors peut-être qu’il se sent coupable tout court et cherche juste quelqu’un à blâmer et sur qui se décharger. Bonnie est parfaite pour ça. Parce qu’elle est faible. Pas en tant normal, du moins en apparence, mais aujourd’hui, elle est en position de faiblesse et la seule sur qui il puisse se défouler.
 
Et puis Bonnie revient. Tyler, qui avait commencé à s’endormir, sursaute en entendant la porte. Il rouvre un œil et regarde la rouquine filiforme approcher, une canette de Coca à la main. Elle la lui ouvre et Ty tend la main pour la récupérer.
« Merci » marmonne-t-il d’une voix un peu endormie.
Très franchement, à ce stade, il n’est pas certain qu’il aurait été capable de le faire tout seul et lui est reconnaissant pour son geste. Mais puis bien entendu, ça le fait culpabiliser encore davantage. Parce que malgré tout ce qui lui arrive, elle assure et lui non… C’est le putain d’monde à l’envers qu’elle soit capable de faire ce genre de trucs alors qu’Ethan est entre la vie et la mort à deux pas de là.  

« Mange. »
Il lève les yeux vers elle après avoir avalé une première gorgée de son soda, et la voit ouvrir un paquet de gâteaux.
« Mange si tu veux pas te retrouver dans la même chambre que lui. »
Elle tente d’accrocher son regard de ses yeux clairs mais il détourne les siens. « « Si tu veux, je peux aller chercher quelque chose de moins gras. » lui propose-t-elle en tendant les biscuits vers lui.
Tyler soupir et écarte son soda de ses lèvres pâles.
« Peux pas. J’suis d’jà en train d’me resucrer. Ca f’ra trop » lui explique-t-il en levant la canette vers elle. « Mais vas-y toi. Mange un peu. »  
Il se concentre sur sa canette, comptant ses gorgées pour ne pas trop abuser. Quand le cuistot estime avoir bu l’équivalent d’un verre, il repose le reste sur la petite tablette près de lui, équipée d’une lampe de chevet, et se cale à nouveau contre le dossier de son siège.
Il pousse un soupir, passe une main encore tremblotante sur son visage, puis la laisse retomber sur sa cuisse, tournant son regard chocolat vers son visage triste comme les pierres. Putain de pierre tombale ambulante.  
« Bonnie… » commence-t-il, sans trop savoir comment enchainer.
Ca va aller, tout va s’arranger ? Il en doute.
J’suis désolé pour tout à l’heure. Mouais, c’est plus ou moins le cas mais il n’est pas certain que ce sera suffisant.  
Merci pour le soda. Bah il l’a déjà dit…
Alors au lieu de parler, il soupir à nouveau et étend son bras pour attraper la jeune femme par les épaules et l’attirer contre lui.

© Grey WIND.

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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Jeu 26 Déc - 1:11


Otherside Հ ©Red Hot Chili Peppers.

Bonnie hoche la tête lorsqu’il lui présente la canette en signe d’explications. Pas besoin qu’il formule ses idées, elle comprend, alors elle se ravise dans son geste et referme le paquet de gâteau qu’elle pose sur ses genoux. Ses mains entourent le gobelet de café qui se refroidit déjà et ses lèvres endolories aspirent silencieusement le breuvage dégueulasse. Plus de la pisse de chat qu’autre chose en somme. Mais ça lui passe par-dessus la tête, et elle occupe sa bouche pour ne pas avoir à déverser un nouveau flot de conneries ou de larmes, un truc qui assècherait le Nil. Ses yeux restent rivés sur la porte et la rouquine essaie encore de percer son secret répulsif, en démantelant mentalement les différentes composantes de cette dernière. La clenche métallique, le seuil mal délimité voir absent, les gonds imposants et facilement démontables, la panneau blanc à l’unique motif circulaire d’un vert-bleu tirant sur les couleurs du vomi ou du néant. Bonnie déteste cette porte de toute ses forces et son hublot vicieux qui semble la narguer, lui dire qu’elle pourrait bien voir ce qui s’y passe, du côté maudit, mais qu’en fait non. Parce que les junkies pathétiques viscéralement incapables ne peuvent passer cette étape. Et elle le sait. Alors elle continue de la fixer et de la démonter comme si, par la force de son regard accusateur, la porte maudite allait s’ouvrir sur le grand corps debout d’Alexander qui la regarde de son air habituellement incompréhensif. « Qu’est-ce-que tu fous là, t’as toujours pas arrêté de chialer comme une conne ? » Ben non, tu sais, parce que tu me fais peur sale con. Je sais que ça te fais rire derrière ton air de glace, mais c’est pas drôle. Tyler te dira la même chose.
Bonnie secoue la tête et détourne à nouveau ses yeux vers son café. Il ne fume plus. Par contre, elle, irait bien fumer une clope. Mais une fois de plus, elle s’imagine que de la nitroglycérine se serait comme par magie faufilée dans le tabac, en même temps que dans l’héro d’Ethan, et elle ne se lève pas. Puis elle a oublié son briquet, et intérieurement ça l’agace, parce que s’il y’a bien une chose au monde qu’elle déteste, c’est oublier son briquet. Et qu’on découpe ses fringues. Ou bien qu’on fasse un plâtre stupide à son chaton. Il y’a tellement de choses que Bonnie déteste, comme les plis sur ses fringues de boulot, quand Ethan ne prend pas la peine de les plier. Ou quand il s’endort un mégot entre les doigts, menaçant de cramer l’intégralité de l’appartement miteux. Elle déteste quand il se joue d’elle et qu’en plus, il enrôle Tyler dans sa blague foireuse. Elle déteste également quand il se tire un peu trop tôt le matin alors qu’ils viennent de se cramer, ensemble, toute la nuit, mais qu’il doit aller travailler. Puis Bonnie réfléchit et se dit qu’en fait, elle ne déteste plus tant que ça qu’il la touche, mais qu’elle ne veut pas avoir à tuer de nouveau ce qu’il mettra dans son ventre, parce que ça, elle hait, vraiment. Bonnie déteste avoir peur, ça n’est pas digne d’une vraie rousse camée enfant du diable. Elle déteste, aussi, les longs silences pesants, comme celui qui s’est installé dans la salle d’attente, réduite à l’espace ultra-confiné qui se dessine entre les deux corps avachis. De toute façons, Bonnie déteste tout. Comme une putain de carapace insensible.
La rousse dépose le gobelet sur la petite table, en ne frôlant qu’à peine le corps souple de l’indien puis se repose dans sa position de bossue, le regard tourné vers Tyler. Il fuyait son regard, et le voilà qui plonge ses yeux marrons dans le bleu océan de ceux de Bonnie, qui sent quelque chose de l’ordre du malaise se faufiler dans ses veines. Mais elle ne bouge pas. L’automatisme qui avait prit possession de son corps avait fini par défaire de sa peau les ondes malsaines du sentimentalisme. Comme éthérée, et anesthésiée, elle s’était laissée faire.

Bonnie plaque ses mains l’une contre l’autre et les enfonce entre ses cuisses, comme pour réchauffer le bout de ses doigts, sans lâcher Tyler du regard. Tyler, qui, soit dit en passant, est passablement livide et démantelé comme un pantin dont les fils ont étés coupés. Elle a envie de dire plein de choses qui restent collées contre les parois de son crâne, des trucs sur cette soirée pourrie, mais elle serre les lèvres. C’est pas le moment, elle même lui a dit. Et puis pourquoi enfoncer le couteau dans la plaie quand il est déjà bien enfoncé. Bonnie tient le sien bien fermement et se l’enfonce toujours plus chaque fois qu’elle se rappelle sa pitoyable prestation de la fin d’après-midi. Alors qu’elle allait s’enfoncer à nouveau dans un statisme robotique, les yeux dans le vide, la voix de Tyler s’écrase contre ses tympans.

« Bonnie… »

La prénommée ne réplique pas, et se contente de l’observer les lèvres pincées. C’est une nouvelle habitude qui se rajoute aux tocs qu’elle a développés avec l’avortement dernier. Et puis quelque chose se passe, d’un peu surnaturel. Bonnie se retrouve contre l’indien. Crispée, les lèvres blanches, elle reste là une seconde, puis deux, et trois.
Et relâche la pression. Son corps s’affaisse mollement contre celui de Tyler sans pour autant l’écraser. Inconsciemment elle fait attention à ne pas poser trop de poids sur son épaule, physiquement et psychologiquement car, il faut le dire, ce soir, Tyler s’est empêtré dans un tas de merdes mentales. Et c’est en partit la faute de Bonnie, ce qu’elle sait parfaitement. Mais ce rapprochement soudain, bien qu’il ne lui permette pas d’évaporer tout ses soucis l’espace d’une seconde, lui permet néanmoins de souffler un instant. Et contrairement à ce qu’elle pensait, Tyler n’est pas froid. Où peut-être bien que c’est la chaleur de Bonnie sui ricoche sur Tyler, peu importe, les frontières entre eux se dissolvent dans la tête de la rousse et l’espace d’un instant elle souffle. Sa tête posée contre son épaule, elle repousse ses cheveux et d’un poing fermé efface un quart des traces de maquillage noir sur ses joues, puis ferme les yeux.

Bonnie n’a pas la force de parler, pourtant elle a plein de choses à lui dire. Elle aimerait retourner quelques heures plus tôt, dans les magasins avec lui, complètement insouciants et dans une folie dépensière les amenant proches de la jouissance. Cependant elle campe sur sa position silencieuse, mais de manière plus décontractée. Son regard s’est détournée de la porte, ses yeux sont fermés et son visage enfoui dans le pull de Tyler. Son amertume à son égard ne s’envole pas, mais semble s’être allégée et elle lui entrave moins le thorax. A la place, ses paupières s’alourdissent et tout ce qui a pu se passer ce soir-là commence à se confondre avec les méandres du noir total, celui d’un sommeil qui voudrait manger Bonnie toute entière. Sans s’en rendre totalement compte, la rousse a recroquevillé ses jambes sur les sièges, a posé une main entre leur deux jambes, et s’est laissée faire malgré des élans de raideur qui la maintiennent éveillée chaque fois qu’elle se sent partir et empiéter un peu trop sur l’espace de Tyler.

« How long, how long
Will I slide
Separate my side
I don't I don't believe it's bad
Slit my throat
It's all I ever »
©


« Mademoiselle ? … Monsieur ? On me demande de venir vous chercher. Vous accompagnez bien Mr. Gray ? »



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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Sam 15 Fév - 11:28

- Le corps présente des entailles compatible avec la théorie du suicide, établie précédemment. Nombreuses marques de coupures antérieurs à la mort, possible mutilations. Aël est précis, méticuleux et pointilleux. Un à un il traque les petits défaut, ces petites choses qui n'ont rien à faire sur le cadavre d'un adolescent. Il traque et dénonce,  enregistrant les conclusions de l'autopsie.
L'irlandais procéde toujours ainsi et il tient à sa routine de travail qui ne l'empêche pas d'y aller parfois de son petit commentaire. Il s'adresse au mort comme on s'adresserait à un viel ami, engageant des discussions qui ne trouvent jamais d'écho. Il aime ses monologues, sachant apprécier sa propre compagnie. Il aurait d'ailleurs pu rester enfermé sur lui même, si il n'avait pas eut cette... curiosité pour ce monde étrange qui gravitant autour du sien si logique.
Et qu'il s'en réjouissait. Si il aimait ses conversations avec lui même, il aimant encore plus celles que Tyler tenaient. Et tant mieux si elles viraient souvent vers le monologue. Un léger sourire passe furtivement sur ses lèvres, alors que ses pensées le ramène vers son Indien. Aël savoure d'autant plus l'instant tant il est rare que le passé puisse lui fournir un quelconque ressentie.

Cependant, il se reprend vite, l'heure est au travail et non à la rêverie, il a un temps pour chaque chose. Revenu dans sa réalité de logique, Aël se replonge dans son autopsie, oubliant jusqu'au tic tac infini qui s'échappe de l'horloge mural.
Dans une journée habituelle, Aël resterai ici jusqu'à la nuit tombé. Il n'avait rien de prévu en soirée, savait Tyler occupé et voulait poursuivre son travail si bien commencé... sauf que ses journée habituelles étaient finit depuis sa rencontre avec l'indien... preuve étant son téléphone sonna alors qu'il s'était fait un point d'honneur de le couper durant toutes ses autopsies. Il tiqua légèrement, c'était encore à cause de son cadet ça... si il n'entendait pas son portable, il ne répondait aux SMS que de nombreuses heures après, sauf qu'avec Tyler, les réponses se devaient souvent d'être rapides.

- Excuse-moi. Je n'en ai pas pour longtemps.                                        
Il posa un bref instant ses doigts sur son épaule, avant de retirer ses gants, de se laver les mains, non sans avoir rangé avec minutie scalpels et autres accessoires.
Bingo. Tyler. L'irlandais ne regarda qu'à ce moment l'horloge mural et leva un sourcil face aux SMS... bon... il referma les yeux quelques secondes. Prenant sur lui pour intégrer cet élément qui venait gâcher l'organisation de sa soirée. Mais en même temps il ne pouvait décemment pas ignorer son téléphone.
Une longue inspiration et il repartit d'un simple j'arrive.
Le temps pour lui de remettre de l'ordre dans ses affaires et surtout de ranger le corps et il referme la morgue derrière lui, remontant les étages qui le sépare des urgences.

Sur le chemin, il ne sait que penser. Cette histoire d'overdose le travail, elle projette Tyler un peu trop près d'un danger mortel... qu'est ce qu'il fou à traîner avec des drogués aussi ? Il sait que son cadet est loin d'être prudent mais quand même... comment se fait il qu'il ignore autant ce qu'il peut foutre quand il n'est pas avec lui ? Il secoue la tête remontant les dernières marches... Poussant enfin la porte de service des urgences. Quelques collègues le salut au passage et pour quelques uns il se donne la peine de répondre, mais au final, Aël ne s'ouvrit à la réalité des autres qu'en apercevant son cadet sur une banc.... lui et la jolie rousse au caractère flamboyant... ce qui laissait peu d'ouverture quand au type qui devait avoir fait l'overdose.... Ce n'est pas dans ces cas là qu'il faut se dire que... Le monde est petit ?
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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Sam 15 Fév - 17:16

In the lands of gods ands monsters, we were angels.

What do we say to death ?
Not today…

Il somnole sur le siège inconfortable, savourant la chaleur relative du corps de Bonnie à ses côtés. Tyler perd parfois la conscience de sa présence ceci dit et de sa propre existence pendant qu’il sombre dans l’oubli. Et puis il sursaute. Son corps a besoin de repos mais son esprit s’agite et lutte pour le maintenir alerte. Le moindre bruit attire son attention et l’arrache à sa torpeur. Il se sent nauséeux, faible, courbaturé. Et en même temps, tout ça a de moins en moins d’importance à mesure qu’il s’engourdi et s’abandonne… Jamais pour longtemps.
« Mademoiselle ? … Monsieur ? On me demande de venir vous chercher. Vous accompagnez bien Mr. Gray ? »
Il se réveille dans un sursaut et se redresse sur son siège en même temps que Bonnie. Tyler passe une main sur son visage fatigué et frotte ses yeux avant de se dégager la gorge pour répondre au médecin qui vient de les rejoindre.
« O-oui, on est… Oui. »
« Bien. Vous êtes de la famille ? »
Une pierre tombe dans l’estomac de cuisinier. C’est jamais bon signe quand ils posent ce genre de question… Non ? Ils n’ont pas droit d’annoncer le décès d’un patient à un parfait inconnu, ils ne peuvent le faire que face à un proche pour des raisons qui lui échappent un peu. Si Alexander allait bien, le type n’aurait pas posé cette question, il en serait venu directement à la partie : tout va bien les gars. On ne torture pas inutilement les gens alors il le leur aurait dit.
Putain ça a mal terminé. Ils ne sont pas rentrés à temps. Qu’est-ce qui lui a pris de proposer cette stupide virée shopping ? Il ne va pas porter la moitié des trucs qu’il a acheté ! Ty le sait parfaitement et depuis le départ alors à quoi bon ? Pour changer les idées à Bonnie ? En dédommagement des fringues que lui et son ami ont bousillés l’autre fois ? Putain la belle jambe que ça va leur faire maintenant…
« Oui, on…on est de la famille. Enfin c’est sa femme. Ils viennent tout juste de s’marier, moi je suis juste un ami…comme un genre de frère » ment-il effrontément, se redressant sur ses pieds pour voir si le gars va lui demander ou non de s’asseoir.
Bonnie l’imite, triturant nerveusement les manches de son vêtement, ce qui l’arrange pas mal vu qu’elle ne porte aucune alliance à présenter comme preuve de son union avec Alex…
S’il leur demande de s’asseoir c’est foutu. Tyler a presque l’impression de l’entendre le dire, et il lui faut un moment pour réaliser qu’il est totalement à côté de la plaque.
« Votre mari est tiré d’affaire. Nous l’avons placé en soins intensif pour… »
Tyler n’écoute pas. Il se branle de savoir tous les détails des opérations. Alexander va bien. Alexander est tiré d’affaire. Finalement, il a tout de même besoin de se rasseoir. Il se laisse tomber sur le siège qu’il venait de quitter et prend sa tête entre ses mains, son cœur cognant à tout rompre dans sa poitrine.
« Putain d’merde… » souffle-t-il, encore sous le choc de l’excellente nouvelle, avant de remarquer du mouvement à quelques pas de lui.

Et lorsqu’il relève ses yeux embués de larmes, il reconnaît la silhouette familière et tant désirée d’Aël. Et il éclate en sanglots. Sans trop réfléchir, il se remet debout et vient à sa rencontre, entourant ses épaules de ses bras pour venir se blottir contre lui. Rien à foutre de qui le voit faire. Il a besoin de lui et personne ne l’empêchera de profiter de sa présence. Ou du parfum particulier de sa peau qu’il respire à plein poumon pendant qu’il pleure sur son épaule, se laissant enlacer et soutenir en retour.
Tyler veut lui expliquer la situation mais il se rend rapidement compte qu’il est incapable de faire autre chose que chialer comme une merde et évacuer toute ses peurs, sa frustration, son chagrin et sa colère. Sa gorge est nouée au point de lui faire mal et il continue de pleurer.
Pourtant il est contraint de s’interrompre lorsque le type venu leur donner des nouvelles de l’état d’Alexander tente d’attirer son attention. Il se retourne et tamponne ses yeux tant bien que mal, appréciant de toujours sentir un bras d’Aël dans son dos qu’il caresse doucement pour l’apaiser.  
« Je suis désolé mais seule la famille proche peut avoir accès à… »
« Oui, oui, je sais. C’est pas grave » le coupe le jeune homme en reniflant, avant de faire signe à Bonnie d’approcher.
Le médecin s’écarte un peu pour leur laisser un peu d’intimité, après avoir adressé un signe de tête à Aël qui le lui a rendu.
 
Il appose une main sur l’épaule frêle de son ami, plongeant son regard encore un peu larmoyant dans le sien. Il reprend sur le ton de la confidence.
« Ca va aller maintenant, d’accord. Il va se remettre. Aël et moi on va aller chez vous et on va remettre de l’ordre. Faut qu’tu m’dises où j’peux trouver ce qu’il vous reste. Faut s’en débarrasser, d’acc ? »
Pas besoin de lui faire un dessin, elle sait certainement où il veut en venir. Pas le temps de vraiment lui présenter le médecin légiste non plus. Il lui jette tout de même un coup d’œil, suivant le regard de la rouquine qui vient de dévier vers la silhouette du grand brun au teint pâle.
« On peut lui faire confiance, t’en fais pas pour ça. J’ai mon portable avec moi si y a le moindre souci, tu m’appelles. OK ? »

© Grey WIND.

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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler. Jeu 20 Fév - 10:01


Otherside Հ ©Red Hot Chili Peppers.


C’est un trou béant qui trône désormais à la place de son cœur. Bonnie se sent partir et aimerait se laisser glisser dans le sommeil mais chaque fois elle se souvient qu’elle est appuyée contre Tyler et se redresse alors un peu. Au fur et à mesure, elle sent son esprit glisser hors d’elle-même et se sent vide, plus rien n’a de consistance en elle. Il se pourrait qu’elle ne réponde même plus à son propre prénom. La rousse ne répondra de rien, et surement pas d’elle-même désormais. Tout ce qu’elle veut est en train de s’opérer : son âme se détache de sa carcasse de pitoyable junkie, pour ne plus ressentir la douleur du manque de cœur, crevé. Pour ne plus éprouver la moindre sensation. Des fils se tissent à partir de ses articulations et quelqu’un, son esprit alerte, ailleurs, prend le contrôle du corps vide.

« Bien. Vous êtes de la famille ? »

Bonnie s’est redressée, Tyler également. Les voilà tout les deux dos droits sur leur siège. Elle ne veut rien entendre et a juste envie de poser ses mains sur ses oreilles comme une enfant dans un coin. La rousse n’ouvre pas la bouche. Pas la peine. Tyler énonce les réponses qu’elle devrait formuler, il fait ça pour deux. Encore une fois. « Oui, on…on est de la famille. Enfin c’est sa femme. Ils viennent tout juste de s’marier, moi je suis juste un ami…comme un genre de frère » Bonnie opine silencieusement et se redresse en imitant l’indien. L’inquiétude et la solitude lui rongent le sang. Mais elle ne veut pas se focaliser sur cette douleur, fermant les yeux, les doigts tirant sur ses manches. Vieux réflexe de junkie et de femme blessée, battue, à terre, au point mort. La jeune femme voudrait qu’on la frappe encore pour tester ses réactions corporelles. Plus rien ne la fait se remuer. L’odeur du sang et de la mort lui frappe l’odorat, et des larmes glissent d’avance sur ses joues. Il est mort et c’est de sa faute. Le médecin essaie de lui dire, elle le voie dans ses yeux, mais se refuse à y croire encore. Incapable de rester immobile, Bonnie pince les lèvres pour ne pas émettre les sons de tourments. « Votre mari est tiré d’affaire. Nous l’avons placé en soins intensif pour… » 1…2…3… choc. Bonnie reprend sa respiration et s’accroche au dossier des sièges. Le monde tourne, elle est à deux doigts de s’évanouir, une main sur le trou à la place du cœur. Le médecin semble vouloir s’approcher, bras tendu, mais la rouquine secoue la tête fermement. Non, il faut la laisser reprendre son souffle, l’oxygène se fraie un chemin jusque ses poumons, si brutalement que tout son être est en branle. Ses jambes flageolent, elle n’apporte que peu d’attention aux larmes de Tyler à côté d’elle. Il a du se rasseoir, la jeune femme n’arrive pas à s’y convaincre, comme si en rompant le fragile équilibre de ses jambes, la respiration d’Alexander allait s’arrêter. La rousse passe une main sur son visage, qu’elle garde agrippée autour de ses yeux sans se rendre compte que Tyler s’est échappé.
Les mots du médecin la tire de sa rêverie momentanée. Comment a-t-elle pu se laisser aller une seconde, alors qu’Ethan est en vie ?

« Je suis désolé mais seule la famille proche peut avoir accès à… »
« Oui, oui, je sais. C’est pas grave »

La rousse s’est redressée et a pu percevoir le signe de Tyler. Bonnie pantin se dirige donc difficilement vers l’indien, la main posée sur le cœur, l’autre autour du ventre. La rousse ne ressemble plus à rien qu’un fantôme, plus pâle encore qu’à l’ordinaire mais peu lui importe son apparence. Peu lui importe les guerres et les famines, les souffrances terrestres et les siennes, égoïste et oubliée en même temps, la rousse n’a qu’un visage en tête. Alexander vit. Plus rien d’autre ne compte.

« Ca va aller maintenant, d’accord. Il va se remettre. Aël et moi on va aller chez vous et on va remettre de l’ordre. Faut qu’tu m’dises où j’peux trouver ce qu’il vous reste. Faut s’en débarrasser, d’acc ? »

La rousse opine, et tique. Pour deux choses : il va falloir qu’elle ouvre la bouche, attrape sa voix à pleine main pour la faire sortir. Ensuite, Aël. La stupéfaction ne se lit pas sur son visage, rien n’arrive à se frayer un chemin sur ses traits. L’indien poursuit son explication, la rousse relève le regard pour le planter dans celui du légiste. Son ancien amant. Oui, Tyler, elle le sait qu’on peut lui faire confiance. Si tu savais que c’est ce type là qui l’a aidée à avorter. Pauvre de toi, pourquoi faut-il que ta junkie d’amie soit si secrète, fière et stupide à la fois. Bonnie ne peut supporter le regard de l’irlandais plus de quelques secondes, les évènements la reprenant de plein fouet. Mais une fois encore elle les met de côté, ce n’est pas ce qu’il y’a de plus important. Elle se racle la gorge, une main posée dessus, et chuchote presque.

« Double-fond du tiroir de la cuisine, à droite. Meuble télé, au fond à gauche. Fouille ma penderie. Salle de bain. » La rousse relève le regard vers Tyler et ne peut s’empêcher d’apposer ses lèvres sur sa joue. « Désolée. » Volte-face, elle n’adresse qu’un minuscule signe de tête à Aël, presque imperceptible. La rousse rejoint le médecin, qu’elle devance et s’approche de la porte. Cette porte qui lui semblait impossible à défaire, elle en pousse déjà la paroi de droite, le médecin qui lui court après. Sa chevelure disparaît dans le couloir, puis dans la première chambre de soins intensifs qu’elle croise, et par chance, c’est celle d’Alexander. Son regard se voile, sa gorge se noue. Il vit.


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MessageSujet: Re: 00. In the lands of gods ands monsters, we were angels. # Alex, Bonnie, Tyler.

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