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Road to Salvation a fermé ses portes.


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 02. Flight and common - Ft. Aidan

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MessageSujet: 02. Flight and common - Ft. Aidan Dim 25 Mai - 18:13

Flight and common

Après ma discussion pour ne pas dire mon engueulade avec Elizabeth, à l'épicerie, au sujet de sa relation avec mon père depuis, maintenant, quatre ans, j'étais passablement énervée et remontée contre elle et mon père, je n'avais pas recroisé mon paternel depuis hier. Après un bon repas au Leo's avec Tyler et une après midi, loin de chez moi : j'étais rentrée, à pieds, aux alentours de seize heures. Mon paternel n'était pas à la maison, parce qu'il était surement à son bureau pour une quelconque affaire, et tant mieux parce que je ne voulais surtout pas le croiser, parce que je m’apprêtais à partir, pas très loin, mais je voulais qu'il pense que j'ai quitté la ville, alors j'allais devoir me faire discrète.

J'étais montée prendre une douche, j'avais laissé mes larmes couler, couler, couler à tel point que mes yeux en étaient rougis. J'avais pris tous le temps qu'il me fallait pour me remaquiller les yeux de noirs, un trait moins épais sur les yeux, pour adoucir mon regard. J'avais enfilé une jolie petite robe noire en laine, pour ne pas avoir froid, sous laquelle je m'étais vêtue de collant noir, de grandes chaussettes en laine grises et blanches, avec des motifs hivernal, par dessus et j'avais enfilé mes bottines noires. Je m'étais rendue dans ma chambre pour attraper plusieurs fringues, ma trousse de toilette et de quoi me coiffer. J'étais descendu à la cuisine pour me servir en barre de céréales et en biscuits. J'étais prête à partir.

***

J'avais déjà tout rassemblé sur la table de la cuisine, il ne me manquait plus qu'un sac. Je me rendais dans la chambre de mon père, je savais qu'il y avait des sacs de voyage qui avaient appartenu à ma mère, ça tombait bien, ça resterait féminin et ça ne ferait donc pas tache. Je me m'étais debout sur une chaise pour en attraper un, pas trop gros, noir, que j'avais repéré sur le dessus de l'armoire. Je manquais de tomber, je fus prise de vertige et je descendis précipitamment de la chaise, le sac à la main. Je fus obligé de m'assoir, je perdais connaissance, des images m'apparaissaient.. Des sacs. Des vêtements. Des jouets pour enfants. Des vêtements pour enfants. Des peluches. De la nourriture. Pleins de sacs. Une femme. Je sursautais en revenant à moi. C'était quoi ça ? Je lâchais le sac, prise de nausée.

Je quittais la pièce et me dirigeais vers ma chambre, où je vidais mon sac de cours. Je descendais les marches pour retourner dans la cuisine et enfouir tout mon bazar dans le sac. Encore tourmentée par ce que je venais de voir, je décidais de ne pas y porter attention pour le moment, j'étais crevée, j'avais besoin de prendre l'air. et je savais exactement à quel endroit je voulais aller.

J'enfilais un bonnet gris à pompon sur ma tête, des moufles grises, je prenais mes clés de maison, mon portable, mon sac et je quittais les lieux.

***

J'avais marché, longtemps, très longtemps, j'en avais mal aux pieds, mais je m'en fichais. Il faisait froid, il faisait presque noir, mais j'en avais rien à foutre. J'arrivais à l'endroit auquel je n'étais pas retournée depuis quelques années. Le Tubery Bridge, l'endroit où ma vie aurait dût s'arrêter avec celle de maman. Mais, il n'y a que maman qui a perdue la vie sur ce pont.

Mes pieds martèlent le sol, déjà ma vue se brouille, j'ai l'impression de revivre cet accident, une nouvelle fois. Déjà les cris résonnent dans mes oreilles, j'ai envie de vomir, j'ai l'impression d'avoir la tête à l'envers, encore des cris, puis une odeur. Une drôle d'odeur envahi mes narines. L'odeur du métal, du fer. Je sais ce que je vais voir, je ne veux pas voir ça, mais je ne peu m'en empêcher. Je revis ce moment comme s'il était en train de se dérouler, maintenant. Mais je sais que ce n'est pas le cas, je sais que j'hallucine, mais c'est tellement ressemblant, je m'y croirais vraiment. Mon regard se pose sur quelque chose, sur maman, je la vois, je croyais qu'elle pleurait, mais ce n'est rien d'autre que du sang. Cette odeur, c'est l'odeur du sang de maman. Que se passe t-il ? Je suis trop petite pour comprendre. J'étais trop petite pour comprendre. Je m'entends l'appeler. Pas de réponse. Des mains m'empoignent avec force. C'est un homme en uniforme. Un pompier. Il m'a sorti du véhicule. Il court. Il s'écarte de la voiture de maman. Je tends ma petite main d'enfant vers maman que je vois à travers la vitre brisée, la voiture est retournée, tout est cassé. J'entends parler. Puis un bruit, fort. Comme si quelque chose explosait. Une odeur forte. Celle de l'essence. Le pompier tente de me cacher le spectacle de flamme qui se déroule sous mes yeux, mais je vois, je ne comprends pas, je me met à pleurer. Pleurer de peur, d'incompréhension.

« Mamaaaaan!» Criais-je à pleins poumons. Je n'aurais pas dût venir ici, je savais qu'en venant ici je revivrais le passé, je le savais et pourtant je suis venu. Je tremble, je pleure, je suis effondrée, le dos contre le pont, les fesses contre le sol dur et froid. Je prends ma tête entre mes mains et tente de calmer mes sanglots. Maman..

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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Lun 26 Mai - 10:07

Flight and common

« 27 décembre 2013 »

Il n’a pas prémédité son départ pour le pont, il se trouve simplement que c’est là que ses pieds l’ont guidé. Après une nuit une nouvelle fois chaotique, passée à lutter contre le sommeil pour finalement échouer et se réveiller en sueur et terrifié, dans le salon, Aahron à ses côtés, Aidan a décidé que changer d’air lui ferait le plus grand bien. Il s’est figuré que ses frangins ne seraient pas d’accord et a dû ruser pour échapper à leur vigilance. Il comprend qu’ils se montrent si protecteurs (Dieu sait qu’il ne fait rien pour les rassurer…), et une part de lui apprécie l’intérêt qu’ils lui portent, mais l’autre leur en veut franchement. Parce que c’est usant de devoir faire semblant d’aller bien et de prendre sur lui pour ne pas les alerter davantage. Le petit blond sait de quoi il a l’air avec ses cernes et son teint affreusement pâle, et, s’il n’a pas de souvenirs de ses cauchemars, ses frères lui ont largement décrit la manière dont il hurlait… La honte.
Alors quand le jeune homme peut avoir un minimum de contrôle sur lui-même et conserver sa dignité en journée : il le fait. Le plus gros de ses efforts réside dans le fait de ne pas passer son temps à chialer comme il en a envie. C’est pas évident mine de rien. Il se sent épuisé, à bout physiquement et moralement. Mais il doit continuer de sourire et essayer d’agir comme à son habitude, comme il le faisait à l’époque où tout allait bien dans le meilleur des mondes. A l’époque où ses parents étaient encore en vie.
Ca n’est humainement pas possible de conserver ses anciennes habitudes, mais il fait de son mieux pour donner le change. Il n’arrive plus à danser. De toute façon, même s’il y était parvenu, il n’en a plus tellement envie. Sa main encore plâtrée l’empêche de jouer correctement et puisque le souffle lui fait un peu défaut, il a du mal à chanter aussi. Alors il joue aux cartes avec Samuel, regarde des comédies avec Joleen, vient taquiner Isaac pendant qu’il bouquine ou cherche à se rendre utile auprès d’Aahron. Ce dernier prend sur lui pour ne pas l’envoyer bouler et lui trouver des tâches simples et non fatigantes à faire…genre tenir les outils et les lui passer quand il les réclame. Mais c’est lassant et ça finit par l’endormir.
Il essaye de tromper son monde mais il sent bien que ça ne prend pas. Il surprend les regards anxieux de ses frères, il les voit essayer de prévoir ses mouvements pour lui éviter de se fatiguer. Isaac a même été jusqu’à lui tirer sa chaise hier, ce qui l’a rudement contrarié et a démarré une dispute entre eux, qui s’est évidemment soldée par des larmes et une porte claquée…  
Il a évité de recroiser le regard de son frangin depuis ce moment-là et redoute de le faire. C’est aussi pour ça qu’il a décidé de se faire la malle ce matin et de passer la journée loin de l’atmosphère pesante de la maison, récemment vandalisée. Ca aussi ça n’a pas aidé à ce que ses frères lui lâche la grappe. Ca et puis l’altercation avec Nathaniel Redd au garage.

C’est à ça qu’il pense tandis qu’il marche vers le nord, en faisant semblant de ne pas savoir où il va. Une part de lui le sait parfaitement. Il n’y a rien d’autre que ce foutu pont au nord de Grayson… A part le cabinet vétérinaire de Clyde Redd mais la dernière chose qu’il a envie de faire, c’est de croiser le bonhomme. Déjà parce qu’il s’est affiché à son stand pendant le truc de Noël, et ensuite parce que c’est le frangin de Nathaniel.  
Il pense à ce qu’il aurait dû dire, ce qu’il aurait mieux fait de faire. Il pense à sa mère, face à ce sale type… Elle avait dû le détester dès le premier coup d’œil. Elle avait toujours su voir dans les gens, percevoir leurs intentions. Elle disait en riant de son joli rire apaisant qu’elle était comme les chiens à ce niveau là et qu’elle aussi pouvait montrer les dents ! « Tu vas aussi renifler leur cul ? » ne pouvait-il chaque fois s’empêcher de la taquiner, ce qui lui valait une petite tape ou un regard réprobateur. Mais elle lui souriait chaque fois, de ce petit air emprunt de mystère. Ce petit sourire qui le faisait sentir spécial…privilégier. Ce sourire qui lui faisait croire qu’elle les aimait tous les quatre autant, mais qu’ils avaient ce petit truc en plus, cette connexion unique…
Il écrase une larme au con de son œil brûlant, sans y penser, et continue de marcher. Il a chaud à présent, malgré les températures extérieures. Il marche depuis près d’une heure il faut dire.    

La vue dégagée lui permet de repérer très rapidement le pont et de voir qu’il est déjà occupé. Aidan s’immobilise alors, fixant ce qu’il ignorait être sa destination. Son cœur s’emballe un peu dans sa poitrine.
Peut-être que c’est une mauvaise idée. Peut-être qu’il devrait faire demi-tour maintenant, tant qu’il en est encore temps. Peut-être qu’il devrait retrouver ses frères et revenir ici avec eux… C’est un endroit spécial après tout. Un endroit où il ne devrait pas s’aventurer, Aidan le sait. Il n’est pas prêt. Il ne sera jamais prêt. Pourtant il avance quand même en direction du Tubery.
Il a la bouche sèche, les mains moites et malgré la chaleur, il frissonne. Il souffle par la bouche pour s’aider à réguler sa respiration, le ventre noué par l’appréhension. C’est stupide, il le sait. Une part de lui commence à se persuader que quand il s’approchera et se penchera pour observer la rivière certainement gelée : il apercevra les cadavres décharnés de ses parents au travers de la fine couche de glace… C’est stupide de présumer que lui va les trouver presque par hasard alors que des tas de professionnels ont échoués. Mais il n’arrive pas à s’en convaincre totalement.  
Et à nouveau, il se met à pleurer, en silence. Ses larmes picotent ses joues rosies à cause du froid ambiant.

Pourtant, quand il arrive à proximité du pont et remarque la silhouette familière de Summer, elle-même en pleure, le flot de larmes diminue subitement. Malgré tout, il a encore trop de fierté pour chialer devant une fille… il renifle le plus discrètement possible et essuie ses yeux mouillés dans ses gants. Elle verra tout de même qu’ils sont rougis mais tant pis. Le plus simple serait de faire demi-tour, mais sa mère ne l’a pas éduqué comme ça.
« Summer ? » la hèle-t-il, pour lui signaler sa présence, restant à distance au cas où elle voudrait qu’il lui fiche la paix. Ca lui ferait une bonne excuse pour déguerpir de là au moins.
Il espère qu’elle va le faire. Et en même temps…
« Ca va pas ? » demande-t-il, sachant sa question stupide. Mais il faut bien commencer quelque part, non ?      


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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Sam 31 Mai - 10:32

Flight and common

Mes sanglots semblent se calmer peu à peu, mais dès qu'ils commencent à disparaitre, des images violentes me reviennent en tête et alors je n'arrive pas à les repousser plus longtemps.

Depuis la mort de maman, je crois bien n'avoir jamais autant pleuré, tous simplement parce que plus jeune, je ne comprenais pas forcément qu'elle ne reviendrait plus jamais, c'était il y a treize ans, je n'avais que cinq ans, comment comprendre que l'on vient de survivre à un accident dans lequel sa maman y a laissé la vie ? Je me souviens avoir tendu la main vers elle, quand les flammes on ravagés le véhicule, je me souviens avoir pleuré, sans comprendre pourquoi. Je me souviens de mon père et son visage triste, ses larmes qui ne cessaient de rouler sur ses joues. Puis au fil du temps, j'ai commencé à grandir, comprendre, mais je n'arrivais pas pour autant à faire mon deuil. Tous ce temps, j'avais pris soin de papa, pour soulager son chagrin. Mais moi, pas une seule fois j'ai pleuré. Mis à part le soir, quand les histoires de maman me manquaient.. Autrement, jamais je n'ai pleuré, restant forte pour papa.

« Summer ?» Je sursaute, je reconnais la voix d'Aidan au loin. Je frotte mes yeux, ravale mes larmes. Hors de question de me montrer dans cet état là. Mais trop tard, le voilà qui approche déjà. Alors je me relève, m'écartant de la route, les jambes encore tremblantes.. « Ça va pas ?» Demande-t-il une fois à ma hauteur.

Non. Ça ne va pas du tout, je ne sais même pas depuis combien de temps il est là, mais ça doit ce voir que ça ne va pas. Alors pourquoi il demande ? Parce qu'il n'est pas mal élevé ? Je passe une main sur ma joue, pour en essuyer une larme.

« Ah Aidan, salut.. Ça ne va pas fort, non.» Répondis-je à mis voix, tentant un petit sourire, raté.

Des hoquets, que je tente de dissimuler, me secouent encore. J'attrape mon sac que j'avais laissé tomber pour le remettre sur mon épaule, mais au moment où je le soulève du sol, une barre de céréales s'en échappe, suivit de toute les autres. Je reste figée, regardant mes pieds. « Euh.. je.. » Bredouillais-je, cherchant une explication à mon sac remplit et ces tonnes de barre énergétiques qui jonchaient le sol. « Je pars camper.. Ouais c'est ça, j'adore le camping.. » Dis-je en me baissant pour ramasser et enfouir mes barres de céréales.

Je n'avais pas été très convaincante, pas du tout même. Avant j'aurais pu mentir comme une arracheuse de dents, mais là j'en étais strictement incapable.  Et le pire dans toute cette histoire c'est que j'avais le nez rouge, les yeux rouges et bouffis, mon mascara avait surement coulé sur mes joues, en bref : j'étais dans un piteuse état et je me trouvais face au garçon, sans doute, le plus mignon de Grayson. G-E-N-I-A-L. Absolument génial. Et comme si ce n'était pas suffisant, je m'étais remise à pleurer.

« Je-je suis désolée..» Sanglotais-je, sérieusement navrée d'être dans un tel état et de pleurer devant lui, alors qu'il ne doit rien comprendre à ce qui me tourmente.

Moi d'ordinaire si forte, ce soir je n'avais rien d'une personne forte, mais alors rien du tout!


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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Sam 31 Mai - 16:07

Flight and common

« 27 décembre 2013 »

Bon, au moins, elle n’essaye pas de jouer et de lui faire croire qu’elle a une stupide poussière dans l’œil. Il aurait probablement détesté ça. Il n’aime pas être pris pour un imbécile mais il aime surtout encore moins ne pas savoir quoi faire face aux larmes d’une fille… Et si Summer ne veut pas admettre qu’il y a un souci à la base, il aura du mal à lui tirer les vers du nez et à trouver une solution à son problème, ou au moins essayer de la réconforter.
Mais alors qu’il ouvre la bouche pour tenter une première approche brillante, elle fait tomber une barre de céréale de son sac mal refermé. Une barre et puis tout un tas d’autres. C’est…un poil louche quand même comme cargaison. Surtout pour une fille aussi mince qu’elle.  
« Je pars camper… Ouais, c’est ça, j’adore le camping… » se justifie-t-elle, lui prouvant au travers de cette tentative ratée d’expliquer la présence des barres dans son sac, que tout ça est complètement bizarre.
Aidan esquisse un geste pour se pencher et l’aider à ramasser son bazar, mais elle lui paraît tendu et il finit par se faire la réflexion qu’il ferait peut-être mieux de ne pas toucher à ses affaires et de se mêler des siennes… Mais il y a des larmes dans cette histoire et ça ne lui plait pas trop. Ca lui donne envie de s’impliquer un peu et de justement se mêler de tout ça. Et puisqu’est-ce qu’il a de mieux à faire, à part se lamenter sur son propre sort ? C’est le seul avantage de cet interlude un peu surréaliste d’ailleurs : trop embarrassée par sa maladresse et accablée par son chagrin, Summer n’a pas eut l’air de remarquer ses larmes à lui. C’est parfait.

Ce serait encore plus parfait si elle ne venait pas d’éclater tout à coup en sanglots en tentant de s’excuser piteusement.
« Oh ! Non, non, t’excuse pas » s’empresse-t-il de lui répondre, ne sachant pas très bien de quelle manière procéder. Ce qu’il a surtout envie de lui dire, c’est de ne pas pleurer. Parce que ça a tendance à être contagieux, surtout pour lui qui est généralement dans l’empathie, même avec de parfaits étrangers. Même avec les filles de shérif complètement con et insensible…  
Aidan aimerait bien la prendre dans ses bras, c’est une astuce vieille comme le monde qui a déjà fait ses preuves, sauf qu’il ne sait pas si elle acceptera. Il ne la connaît pas vraiment après tout, l’a simplement croisée une fois dans le parc de Grayson où il s’est senti mal… Elle a du le prendre pour un gros gland ! …Et maintenant les rôles s’inversent et il tient sa chance d’équilibrer le malaise, sauf qu’il ne la prend évidemment pas le moins du monde pour une glandue. Elle a sûrement une bonne raison de pleurer. Et puis personne ne devrait se réjouir de voir quelqu’un pleurer et…

Et il n’a toujours pas agit ! Il n’a pas de mouchoir sur lui, ne va pas lui offrir sa manche, et se sentirait bête de simplement lui tapoter l’épaule en lui promettant que tout va s’arranger. Il ne sait toujours pas ce qui cloche et si son chien vient de mourir, il aura l’air très bête avec sa phrase toute faite…
« Tu…tu veux me dire ce qui se passe ? J’suppose que c’est pas de faire du camping qui te déprime… Même si le coin est un peu flippant » plaisante le jeune garçon pour essayer de la distraire un peu, les mains enfoncées dans les poches de son pantalon, histoire de les occuper.
Il lui sert un sourire désolé et plonge son regard rougis de larme dans le sien. Ils doivent avoir l’air un peu bêtes tous les deux… Mais Aidan s’en fout tout à coup.    


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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Dim 1 Juin - 13:29

Flight and common

« Oh ! Non, non, t’excuse pas » S'empresse-t-il de me répondre. J'aimerais lui sourire, lui dire que ça va aller, que ce n'est que passager, comme son malaise l'après-midi de Noël. Parce que c'est vrai ça, je ne le connais pas Aidan. Je le connais à travers les discussions des habitants de Grayson, à travers les rumeurs et surtout à cause de l'accident de ses parents. L'accident de ses parents qui a eu lieu exactement au même endroit que celui de maman, c'est d'ailleurs étrange mais pas surprenant, vu la route dangereuse qui sillonne ici. Beaucoup y on perdu la vie, d'ailleurs heureusement qu'il est tard et qu'il n'y a pas grand monde sur cette route, sinon nous aussi on y risquerait la vie, et en fin de compte c'est surement ce qu'on est en train de faire. Prise de panique soudainement, je me décale un peu plus contre le pont et un peu plus vers Aidan. « Tu…tu veux me dire ce qui se passe ? J’suppose que c’est pas de faire du camping qui te déprime… Même si le coin est un peu flippant»

Aidan Donnelly, un pur étranger, je ne lui ai parlé qu'une seule fois et encore est-ce qu'on peut appeler ça parler ou encore discuter ? Non, je ne pense pas. Et il semblait ne pas me porter beaucoup d’intérêt la dernière fois et ses frères encore moins. Mais là d'est différent. Pourtant ce lieu n'est pas réellement propice aux rencontres, mais il faut croire qu'ils y en a qui échappent à la règle. Je me penche au dessus du pont, baissant les yeux vers l'eau qui coule en dessus de celui-ci. L'eau est sombre, l’ambiance est pesante, je me sens mal. Je n'ai pas vraiment envie de parler, mais moi aussi je suis curieuse de savoir ce qu'il fiche ici à cette heure ci.. A moins qu'il fugue, lui aussi, je vois p.. J'avais levé mes yeux vers lui, ses prunelles toutes aussi claires que les miennes étaient encore embuées par des larmes. Il avait les yeux rougis. Oh. Lui aussi, lui aussi il avait pleuré !

Je m'enfonçais le bonnet un peu plus sur la tête et j'enfouissais mes mains dans les poches de mon blouson. Mes sanglots s'étaient calmés, je m'étais un peu calmé aussi malgré l'endroit et l'obscurité qui commençait à gagner du terrain. « Je fuis. Pour quelques jours seulement, mais je veux laisser mon père réfléchir à ce qu'il fait.» Répondis-je calmement.

Le vent commençait à se lever, ce serait incroyable que la neige ne se mette pas à tomber, vu comment le ciel était couvert. Je frissonnais, j'aurais dû mettre des collants en laine, j'avais tous ça dans mon sac mais je n'allais surement pas me changer dehors et encore moins devant le Donnelly. « Je compte quitter la ville, et dormir à l’hôtel peut-être... Mais il faut que je trouve un endroit où mon père n'irait pas me chercher. Ça va être difficile à trouver. » Soupirais-je. Quand j’eus le malheur de tourner les yeux pile vers l'endroit où la voiture de maman avait été réduite en cendre, je fus prise de vertige et je dû me rattraper au bras d'Aidan. Aussitôt je le lâchais, portant une main à mon front. J'avais froid il y a même pas deux minutes et là j'étais bouillante comme si je.. Comme si j'étais devant un feu.

« Pardon... Excuse-moi... Je me sens pas très bien... C'est euh... c'est l'endroit... » Je bredouillais. J'avais peur. A chaque instant je pouvais revivre l'accident et je devinais que ce serait de plus en plus violent. Il fallait que je m'éloigne, mais mes jambes ne me porterait pas très longtemps. Et il y avait Aidan. Il méritait une explication à mon état. Avec de la chance, il comprendrait peut-être, lui aussi a perdu sa maman..

« Maman... Euh, ma mère... Il y a 13 ans, le 31 décembre..» Mes larmes revinrent à la charge automatiquement. J'étais de nouveau dans l'incapacité de parler. Comme si mes gestes ne dépendaient plus de ma propre volonté, je me retrouvais tourné vers le lieu de l'accident et aussitôt j'entendis les crissements de pneus, les cris, je manquais de tomber à nouveau.



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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Dim 1 Juin - 14:17

Flight and common

« 27 décembre 2013 »

« Je fuis. Pour quelques jours seulement, mais je veux laisser mon père réfléchir à ce qu'il fait. » lui annonce de but en blanc la fille du shérif.
Les sourcils d’Aidan se crispent à cette réponse, pour le moins inattendue. Elle veut fuir son père ? Qu’est-ce qu’il a bien pu faire de si terrible ? Evidemment, il se met tout de suite à penser au saccage de sa maison… Est-ce qu’il aurait pu être responsable ? Après tout, personne ne l’a croisé au parc cet après-midi là, ce qui est étrange pour un membre aussi important d’une communauté, non ? Ca lui paraît bizarre à lui en tut cas… Est-ce que Summer l’a découvert ? Est-ce que c’est pour ça qu’elle lui en veut ? Ca ne lui paraît pas si improbable et il n’ose pas trop poser de questions. Si elle avait voulu lui donner ses raison, elle l’aurait fait, pas vrai ?
Ou peut-être qu’elle attend justement qu’il la questionne à ce sujet, pour se faciliter la vie. Peut-être qu’elle n’ose pas non plus… Peut-être qu’elle a peur que lui et ses frères se décident à se venger ? Après tout, Sam a déjà cogné son père une fois et il n’hésiterait pas à réitérer son action, surtout s’il apprenait que le shérif était responsable du carnage de leur rez-de-chaussée…
« Je compte quitter la ville, et dormir à l’hôtel peut-être.. Mais il faut que je trouve un endroit où mon père n'irait pas me chercher. Ça va être difficile à trouver. »
Plus il y pense, plus Aidan se sent fiévreux, mal à l’aise. Plus les seconds passent et plus tout devient horriblement logique dans son esprit fatigué.

Mais il n’est pas le seul à ne pas se sentir très bien, et tout à coup, alors qu’il se perd dans ses pensées, Summer se raccroche à lui. Il attrape son bras et la maintient, brutalement arraché à ses raisonnements. Mais la jeune femme échappa très vite à son contact pour essayer de retrouver un peu de dignité. Ce qu’il pouvait tout à fait comprendre, mais pas toujours imiter malheureusement…
« Pardon... Excuse-moi… Je me sens pas très bien… C'est euh... c'est l'endroit... »
L’endroit ? Nouveau froncement de sourcils du petit blond. Qu’est-ce qu’elle veut dire par là ? Est-ce qu’elle fait référence à l’accident de ses parents ou…
« Maman... Euh, ma mère... Il y a 13 ans, le 31 décembre... »
Il a l’impression qu’une pierre vient de tomber dans son estomac et son contenu remonte le long des parois, menaçant de ressortir. Il a la nausée et déglutit péniblement à plusieurs reprises, sans trouver quoi dire dans un premier temps.
La mère de Summer est morte. Elle est morte il y a treize ans…
Aidan ne sait pas du tout quoi faire de cette information qu’il aurait peut-être préféré ignorer. Elle est morte là. Elle est morte sur ce pont ou à proximité. Comme ses parents.  Enfin c’est ce que raconte le rapport d’enquête, rédigée par les autorités de Gower et de Grayson.
Il a envie de lui dire qu’il est désolé mais il a l’impression que ça ne servira à rien, que c’est nul. Quand les gens lui ont fait ce commentaire débile à l’annonce de la disparition de ses parents, il a eu envie de les gifler tous, un par un. C’est débile d’être désolé ! C’est débile de présenter ses condoléances, ça en veut rien dire ! Les mots ne servent à rien dans ce genre de situation.

Alors au lieu de parler, il se rapproche de la jeune femme et se permet  cette fois de l’enlacer. Il ne lui fait pas plus de deux secondes pour commencer à pleurer lui aussi, pendant qu’il la serre contre lui, son bonnet frottant sa joue. Elle finit par lui rendre son étreinte. Est-ce que c’est parce qu’elle devine qu’il pleure également, ou bien est-ce que c’est juste parce qu’elle en a besoin ? Peu importe.
Summer se laisse aller et sanglote carrément, sans retenu, ce qui ne le dérange pas le moins du monde. Sentant ses jambes ployer, il l’a aidée à s’asseoir avec lui et ils ont finit par se pelotonner l’un contre l’autre, appuyant leurs dos à la rambarde boisée toute neuve. La voiture de ses parents a brisé l’ancienne en faisant le grand plongeon… Mais Aidan ne veut pas penser à ça. Ils n’ont pas perdu de temps en tout cas. Mais Aidan ravale rapidement sa colère, conscient qu’ils y étaient contraints s’ils ne voulaient pas voir un autre accident survenir…
Son bras autour de la taille de la jeune femme, Aidan essuie ses yeux mouillés de son autre main, en reniflant à intervalles réguliers pendant que Summer se calme peu à peu. Il observe le décor et son cœur se serre. C’est beau. Et ça lui fait encore plus mal. C’est du gâchis putain… C’est du pur gâchis.

Une voiture finit par passer. Il ne reconnaît pas le chauffeur qui leur jette un coup d’œil curieux en ralentissant à leur niveau. Aidan détourne le regard et remonte un peu plus ses jambes devant lui. Le pont est assez large pour laisser passer la voiture et leur permettre d’être confortablement installés près de l rambarde mais on ne sait jamais… De toute façon, il n’a pas encore envie de bouger.    
Quand la voiture est assez loin, il se tourne vers Summer qui a retrouvé son calme.
« Tu pourrais pas m’filer une de tes barres ? Ca creuse d'être triste » se justifie-t-il en désignant son sac à dos du menton.
Aidan est certain à ce stade qu’il ne la laissera pas se nourrir uniquement de stupide barre de céréale pendant sa fugue et n’a donc aucune raison de culpabiliser à l’idée de piocher dans ses réserves.
« C’est bizarre d’avoir encore faim… Parfois j’me dis que je devrai arrêter de manger. Enfin tu vois ce que je veux dire ? Quand ils sont…partis… J’ai cru que j’arriverai jamais à faire quoi que ce soit à nouveau… Mais on recommence à avoir faim et à être fatigué et à avoir envie de rire quand quelqu’un nous sors une connerie, ce genre de choses… C’est encore plus triste, tu trouves pas ? » demande-t-il en sentant les larmes remonter.    


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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Dim 1 Juin - 17:29

Flight and common

Je n'avais pas le temps de comprendre, les images défilaient trop vite et trop violemment devant mes yeux, me faisant tourner la tête, puis j'ai senti ses bras s'enrouler autour de moi, sa joue comme ma tempe et je m'étais laissée aller, laissant mes yeux couler, couler et couler. J'étais en train d'épuiser toutes les larmes qu'ils me restaient et je me fichais de ce que le jeune blond penserait de moi, j'étais dans ses bras, je commençais à m'apaiser alors que mes bras s'étaient enroulés autour de lui, devinant aux battements de son coeur, que lui aussi il pleurait.

On avait l'air bien tous les deux à pleurer pour un parent, dans son cas pour les deux, et je connais tellement bien, trop bien même, la douleur que c'est de perdre un parent, alors perdre les deux, qu'est ce que ça doit être. Je le comprends et il me comprends. J'ai compris qu'il avait deviné que maman était morte ici, sur ce pont, comme ses parents. Mes genoux avaient commencé à trembler, j'ai bien cru qu'ils allaient se dérober sous moi, mais Aidan m'avait aidé à m'assoir. Et lui aussi. Il s'était assis. Mes sanglots me secouaient toujours, moins violemment que précédemment mais je n'avais toujours pas retrouvé mon calme. Je m'étais retenue de pleurer beaucoup trop longtemps..

Alors on était là tous les deux, les yeux rouges, les larmes sur les joues, dos à dos avec le bois du pont, appuyé l'un contre l'autre à pleurer les êtres qui nous sont chers. J'avais fermé les yeux, éreintée, exténuée d'avoir autant pleuré. Je m'étais enfin calmé, au bout de plusieurs longues minutes. Aidan ne pleurait plus, lui non plus. Il avait positionné un bras autour de ma taille et cela me suffisait pour m'apaiser. Une voiture venait de passer, je l'avais entendu mais je n'y avais pas prêté attention, je m'en fichais royalement.

« Tu pourrais pas m’filer une de tes barres ? Ça creuse d'être triste» Demanda le beau blond au bout de quelques minutes. Je rouvrais les yeux et me redressais pour attraper mon sac, de mes mains j'en ouvrais la fermeture et j'attrapais une barre que je lui tendais, avant de m'en servir une, à mon tour. Il avait raison, ça creuse l’appétit d'être triste et de pleurer.

« C’est bizarre d’avoir encore faim… Parfois j’me dis que je devrai arrêter de manger. Enfin tu vois ce que je veux dire ? Quand ils sont…partis… J’ai cru que j’arriverai jamais à faire quoi que ce soit à nouveau… Mais on recommence à avoir faim et à être fatigué et à avoir envie de rire quand quelqu’un nous sors une connerie, ce genre de choses… C’est encore plus triste, tu trouves pas ? »  Je serre les dents en ouvrant ma barre de céréales, je tournais la tête vers lui, pour poser mon regard sur lui, je remarquais que ses prunelles étaient de nouveau humide. Je posais ma main libre sur la sienne, comme pour signe de réconfort. Je savais que ça ne servait pas à grand chose, mais je voulais lui faire savoir que je comprenais. Je me contentais hocher la tête, craignant de me remettre à pleurer. Puis je détournais mes yeux bleus des siens pour manger ma barre de céréales.

Au bout d'un moment, une fois ma barre entamée, je décidais de me confier. Peut-être que me m'aidera et puis après tout, on a vécu la même chose à quelques détails près, et puis avoir quelqu'un qui comprends en face de soit c'est toujours mieux.

Une fois que je suis sûre que mes larmes ne couleront pas pour m'interrompre, je me lance: « Maman a perdu la vie dans un accident de voiture. Ici même. Et.. Hier, mon père m'apprends que ça fait quatre ans qu'il est avec une nouvelle femme. C'est peut-être difficile à comprendre mais je lui en veux.. c'est pour ça que je ne veux pas rentrer à la maison..» Dis-je, la voix légèrement tremblotante.

« Je.. hm.. Il y a 13 ans, j'étais dans cette voiture..» Les larmes montaient. Je me mordais la lèvre et penchais la tête en arrière en soufflant doucement par la bouche. « Ça va être dur.. »

Je respirais doucement, gardant mon calme. Puis je repris doucement, sans me brusquer pour ne pas m'effondrer de nouveau en larmes.

« J'avais 5 ans, je crois.. Et je me souviens du moindre détail, sauf les plus importants, comme le pourquoi du comment on était sur cette route, pourquoi mon père n'était pas avec nous.. » Je reprenais un grand bol d'air, me forçant à rester calme. « Je me souviens de tous, sauf ça.. J'ai vu maman pleurer, je l'ai entendu crier, je croyais qu'elle pleurait parce qu'elle avait peur. Je..» J'étouffais un sanglot. Une larme s'échappant du coin de mon œil. « Et.. Et.. elle ne pleurait pas.. c'était rouge.. c'était..» Ma voix tremblait, je m'étais mise à frissonner et je me retenais de tourner la tête vers l'endroit où maman avait perdue la vie.


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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Dim 8 Juin - 11:34

Flight and common

« 27 décembre 2013 »
Il attrape la barre que Summer lui tend et mord dedans à pleines dents, engloutissant en une bouchée la moitié de l’encas. Si elle comptait survivre avec ça… Il allait falloir qu’elle retravaille un peu son plan, non ? Mais il va se garder du moindre commentaire à ce sujet. Pas parce que ça ne le regarde pas, mais parce qu’Aidan a déjà une idée derrière la tête et ne compte pas laisser la jeune femme partir à l’aventure comme elle comptait el faire. C’est trop dangereux et surtout trop stupide. Il a vu deux de ses frères quitter le nid trop tôt et il sait ce que ça peut faire à ceux qui restent et guettent leur retour. Il a vécu cette situation et il ne va pas laisser Summer faire subir ça à son père. Même si c’est le sale con de shérif de Grayson.
Encore que…
Et si jamais c’était bel et bien lui qui avait saccagé leur maison, comme l’avait laissé supposer Isaac ? Si c’était lui qui avait tenté de les intimider par ce biais, sachant qu’il ne risquait rien avec son statut et que la méthode plus douce n’avait pas fonctionné ? Et s’il tentait de les faire fuir pour leur cacher une information sur la mort même de ses parents ? S’il en était carrément responsable ou connaissait le coupable et tentait de le couvrir ? C’est pas ce que les gens font dans les petits villages de ce genre ? Ils se serrent les coudes et font front contre les étrangers.
C’est ce qu’il leur a dit en disparaissant l’autre fois : Prenez garde, cette ville n’aime pas beaucoup les étrangers.
Peut-être qu’en fin de compte, le super shérif Hickok mérite de baliser un peu. Peut-être qu’il mérite pire que ça…

C’est en tout cas à la vengeance qu’il pense quand Summer reprend finalement la parole, après avoir elle aussi entamé une de ses barres de réserve.
« Maman a perdu la vie dans un accident de voiture. Ici même. Et... Hier, mon père m'apprend que ça fait quatre ans qu'il est avec une nouvelle femme. C'est peut-être difficile à comprendre mais je lui en veux... c'est pour ça que je ne veux pas rentrer à la maison... »
Aidan déglutit péniblement et observe son interlocutrice émue avec compassion. Il suppose qu’il aurait été dans le même état à sa place, mais ne pourra jamais en être certain. Parce que quelque chose lui dit que son père n’aurait jamais pu se remettre de la disparition de sa mère, il n’aurait jamais pu refaire sa vie, lui. Mais peut-être que Summer se disait la même chose… De toute façon, maintenant que ses deux parents les ont quittés…  Bref, ça ne sert à rien d’y songer.
De toute manière, Summer ne lui laisse pas beaucoup de répit pour laisser aller son imagination. L’information qu’elle lui confie lui glace le sang. Pas seulement parce qu’elle est affreuse en soit, mais parce que lui aussi était là quand…

Il secoue la tête et chasse la pensée qui s’apprêtait à germer dans son esprit. Parce que c’est impossible, il le sait. C’est impossible et il ne faut pas y penser. Ca n’est pas arrivé. Point.

« J'avais 5 ans, je crois… Et je me souviens du moindre détail, sauf les plus importants, comme le pourquoi du comment on était sur cette route, pourquoi mon père n'était pas avec nous… Je me souviens de tous, sauf ça.. J'ai vu maman pleurer, je l'ai entendu crier, je croyais qu'elle pleurait parce qu'elle avait peur. Je... Et... Et... elle ne pleurait pas.. c'était rouge.. c'était… »
C’est un peu égoïste mais Aidan l’enlace à cet instant pour qu’elle se taise. Il ne veut pas entendre ce qu’elle va dire. Il ne veut pas l’entendre parce que ça fait écho à trop de choses.
A quoi te servent ces yeux si tu ne veux pas regarder ? Je vais les gober alors… »)
Il l’attire contre lui et ferme ses propres paupières en luttant pour rester concentré et ne pas penser à ça. Ca n’est jamais arrivé. C’est le fruit de son imagination. C’est juste un cauchemar. C’est juste un cauchemar…
« C’est terminé maintenant » chuchote-t-il à l’oreille de Summer, sans vraiment savoir si c’est à elle qu’il passe ce message ou bien si c’est lui-même qu’il tente de convaincre.

Il laisse passer quelques secondes de silence, pendant qu’elle se remet de ses émotions et ravale les quelques sanglots qui sont revenus la hanter, en même temps que les images d’un drame survenu treize ans plus tôt.
Quand le petit blond estime qu’elle est capable de l’écouter, il reprend la parole avec calme.
« Je comprends que ça te rende furieuse. A ta place, je crois que je voudrais me tirer le plus loin possible aussi… Mais je peux pas te laisser faire ça. C’est dangereux. Et je crois pas que tu veuilles vraiment être seule en ce moment, j’me trompe ? » demande-t-il en plongeant son regard clair dans le sien. « Je suis pas en train de te dire de retourner chez toi, mais tu connais peut-être quelqu'un d'autre en ville chez qui aller, non ? »


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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Dim 8 Juin - 20:45

Flight and common

Je venais à peine de terminer de parler, alors que je luttais contre les sanglots, le beau blondinet me prit dans ses bras. Je frissonnais au même moment et je calais ma tête contre son épaule, en respirant lentement.

Son contact m'était agréable, ça me rassurait et je savais que lui, il me comprenait. Je savais ce qu'il ressentait lui aussi, et peut-être que si je suis dans ses bras maintenant, c'est parce qu'il à vécu la même chose, qu'il connait la suite de l'histoire et qu'il n'a tout simplement pas envie d'entendre la triste vérité. Que ses parents sont morts de la même manière que maman. Il ne veut pas en entendre plus, comme je ne veux pas en dire plus. Parce que c'est douloureux, très douloureux de se remémorer de tels souvenirs. De revivre un accident et la mort d'un parent.

« C’est terminé maintenant » Me chuchote-t-il dans le creux de l'oreille. Et c'est bien ça le problème: c'est terminé et on ne peut pas revenir en arrière et faire en sorte de changer un détail pour éviter le drame. On ne peut rien faire, on est tellement impuissant face à la mort. C'est fini. C'est terminé. Maman ne reviendra pas, tout comme les parents d'Aidan ne reviendront pas. « Je sais.. C'est fini.» Répondis-je à son oreille. Je tremblotais, parce que je luttais toujours et encore contre mes hoquets de sanglots et aussi parce que le temps commençait à sérieusement se rafraichir.

J'avais fermé les yeux, écoutant les battements de cœur du beau blond et me laissant bercer par le rythme de sa respiration. J'avais fini par retrouver mon calme, j'arriverais à tenir le coup, j'y arriverais. Du moins.. Tant qu'il serait là. Tant qu'Aidan serait là. « Je comprends que ça te rende furieuse. A ta place, je crois que je voudrais me tirer le plus loin possible aussi… Mais je peux pas te laisser faire ça. C’est dangereux. Et je crois pas que tu veuilles vraiment être seule en ce moment, j’me trompe ? » Je m'écartais un peu de lui, pour lui faire face, je laissais ma main glisser vers la sienne et je gardais mes prunelles rivées sur nos mains. Encore une fois il comprenait, mais il n'avait pas tord, je ne voulais pas rester toute seule, j'avais besoin de quelqu'un. « Je suis pas en train de te dire de retourner chez toi, mais tu connais peut-être quelqu'un d'autre en ville chez qui aller, non ? » Ajoute-t-il, au même moment je lève mes yeux azur vers les siens.

Gardant fermement ma main lié à la sienne, je lui réponds: « Je sais pas.. Mais tu sais, je vais m'en sortir toute seule, j'ai pleins de provisions, ça devrait aller pour quelques jours.. et puis toutes les personnes que je connais, chez qui je pourrais aller, informeraient mon père de ma présence chez eux, même si je leur fais jurer de ne rien dire.. » Mensonge. Je ne m'en sortirais pas, j'allais crever de froid dans un faussé en bord de route, j'allais finir toute seule et je savais qu'à la seconde où je serais toute seule, je serais reprise par de violentes images de l'accident.. Je grelottais avant d'ajouter: « Je vais peut-être aller à l’hôtel pour cette nuit, je trouverais une autre solution pour demain. Il faut pas que quelqu'un me voit..  » J'observais autour de moi, comme si quelqu'un était en train de nous épier. Je frissonnai, l'endroit était magnifique, mais la nuit commençait à tomber, bientôt on ne verrait plus rien et ça, c'était vraiment inquiétant..

« Il commence à faire nuit et si ça continue j'vais attraper froid.. Il faudrait peut-être pas trop que je tarde..» Dis-je, en baissant un peu la voix.

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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Lun 9 Juin - 7:49

Flight and common

« 27 décembre 2013 »
On lui a toujours dit qu’on était capable de lire ses émotions sur son visage, aussi facilement que sur un bouquin ouvert. Quand Summer lui sort qu’elle va s’en sortir toute seule et a des provisions de prévues, c’est clairement du scepticisme qu’elle peut identifier sur son visage rosi par le froid extérieur… Si elle pense tenir quelques jours avec le contenu de son sac, elle se met le doigt dans l’œil. Et puis qu’elle idée de fuguer en robe ? Alors ok, elle lui va très bien, ses collants sont fun et tout ça, mais elle ne tiendra pas deux jours avec ça et vu la taille de son sac, la fille du shérif ne doit pas être beaucoup plus équipée. C’es n’importe quoi.
Pourtant il ne dit rien, il la laisse prendre la parole et se bercer d’illusion. Summer n’a pas l’air bien sûre d’elle ceci dit et le petit blond se fait rapidement la réflexion qu’elle n’a pas réellement prévu de partir. Tout ce qu’elle veut, c’est blesser son père et ce moyen lui a paru idéal. Elle ne sait pas du tout ce qu’elle est en train de faire, elle est simplement perdue. Aussi perdue qu’il peut l’être lui-même…

« Je vais peut-être aller à l’hôtel pour cette nuit, je trouverais une autre solution pour demain. Il faut pas que quelqu'un me voit... Il commence à faire nuit et si ça continue j'vais attraper froid… Il faudrait peut-être pas trop que je tarde… » ajoute-t-elle, un ton plus bas, comme si elle avait peur que son père débarque à tout moment. Ce qui était plausible évidemment.
« Summer… Je sais qu’on se connaît pas et je veux surtout pas que tu te braques mais… »
C’est une mauvaise approche, il s’en rend compte tout de suite. Chaque fois qu’un de ses frangins lui demande de ne pas se braquer, la première chose qu’il fait, c’est évidemment de se mettre sur la défensive… Crétin !
« …ton plan me semble plein de failles. Des failles de la taille des grands canyons » essaye de lui sourire Aidan pour détendre un peu l’atmosphère, ce qui ne marche pas vraiment comme il le prévoyait. Tant pis, il va aller au bout de sa pensée. Au moins, il n’aura aucun regret, et c’est ce qu’il fait savoir à la jeune femme qui lui tient toujours la main. « Je veux pas qu’il t’arrive quelque chose, ok ? Je supporterai pas d’apprendre qu’il t’est arrivé quoi que ce soit de mal ici alors que j’aurai pu l’éviter. Alors j’vais être tout à fait franc : déjà t’es pas habillée pour supporter des températures trop basses et tu le sais sûrement. Ensuite tes provisions vont te faire deux jours au maximum, regarde à quelle vitesse on a déjà terminé nos barres de céréales » se justifie-t-il en la lâchant pour lui prendre son emballage vide des mains et le lui montrer, histoire d’imager son propos. « En plus comme tu le dis, il commence à faire nuit et l’hôtel le plus près est super loin ! Je le sais parce qu’on s’est renseigné sur les moyens de nous loger en venant à Grayson avec mes frères. T’en as pour dix plombes, dans le froid, toute seule près d’une route dangereuse. Parce que j’espère au moins que tu comptais longer la route et pas passer par les bois… Sauf que tu vois, si tu longes la route, ton père va te repérer tout de suite, à moins que tu te jettes dans un fossé dès que t’entends arriver une voiture, c’qui est franchement pas prudent… Tu vois où je veux en venir ? Puis ton père est flic et dès qu’il demandera à un gérant s’il t’héberge pas en montrant ta photo et son insigne, ce sera terminé. Ils vont te balancer direct… »
Il n’aimerait pas entendre ce genre de discours lui-même, mais il fallait qu’il le lui dise. Et d’ailleurs, il n’a pas encore tout à fait terminé et a encore une couche à ajouter.
« Et puis tu vas faire quoi toute seule dans ton hôtel à part déprimer et sûrement vider tes provisions pour t’occuper et essayer de remplir le vide ? Je te l’ai dis, je comprends que tu veuilles t’éloigner et tout ça, mais tu t’y prends pas de la bonne manière… »

Evidemment, vient tout de suite le moment où Summer veut savoir ce que c’est alors la soi-disant bonne manière…  Aidan ne réfléchi pas bien longtemps à la question et lui répond spontanément.
« Le plus simple pour l’instant, c’est que tu rentres avec moi. Pas à pieds. Parce que perso, je crois pas que j’arriverai à faire tout le chemin en sens inverse... J’vais appeler Joleen, la fiancée de mon frère. Elle viendra nous chercher avec la voiture et elle posera pas de questions si je lui demande de pas le faire. Quand on sera au chaud, confortablement installé avec un chocolat chaud, on réfléchira à un plan avec moins de failles, si tu veux… »
Là-dessus, il lui adresse un sourire et rattrape sa main pour la presser gentiment.


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MessageSujet: Re: 02. Flight and common - Ft. Aidan Lun 9 Juin - 17:12

Flight and common

« Summer… Je sais qu’on se connaît pas et je veux surtout pas que tu te braques mais… » Dès lors, je fronce les sourcils et desserre un peu sa main sans pour autant la lâcher. « ...ton plan me semble plein de failles. Des failles de la taille des grands canyons» Tentait-il de plaisanter. Raté. J'étais vraiment pas d'humeur. Et puis c'était quoi son problème ? comme il venait de le dire, on ne se connait pas. Alors quoi ? Je ne savais pas ce qui me retenais de lui rétorquer un truc du genre : Fous-moi la paix. Surement parce que je ne suis pas mal élevée, même si je suis un peu lunatique par moment, peut-être aussi parce qu'il est ce qu'il y a de plus mignon à Grayson, et aussi parce que je suis censée rattraper le coup que mon paternel a foiré.

« Je veux pas qu’il t’arrive quelque chose, ok ? Je supporterai pas d’apprendre qu’il t’est arrivé quoi que ce soit de mal ici alors que j’aurai pu l’éviter. Alors j’vais être tout à fait franc : déjà t’es pas habillée pour supporter des températures trop basses et tu le sais sûrement. Ensuite tes provisions vont te faire deux jours au maximum, regarde à quelle vitesse on a déjà terminé nos barres de céréales » J'haussais les sourcils. « J'ai un pantalon dans mon sac. Et je mange pas beaucoup.» Rétorquais-je à mis-voix, tandis qu'il me lâchais la main, que je me dépêchais d'enfouir dans la poche de mon blouson, pour attraper l'emballage des barres de céréales déjà mangées. « En plus comme tu le dis, il commence à faire nuit et l’hôtel le plus près est super loin ! Je le sais parce qu’on s’est renseigné sur les moyens de nous loger en venant à Grayson avec mes frères. T’en as pour dix plombes, dans le froid, toute seule près d’une route dangereuse. Parce que j’espère au moins que tu comptais longer la route et pas passer par les bois… Sauf que tu vois, si tu longes la route, ton père va te repérer tout de suite, à moins que tu te jettes dans un fossé dès que t’entends arriver une voiture, c’qui est franchement pas prudent… Tu vois où je veux en venir ? Puis ton père est flic et dès qu’il demandera à un gérant s’il t’héberge pas en montrant ta photo et son insigne, ce sera terminé. Ils vont te balancer direct…» Poursuivait-il sur le même ton.

Il m'humiliait presque (ou pas presque du tout) et je ne supportais pas ça. Qu'est-ce qui m'a prit de pleurer dans les bras d'un inconnu venu enquêter sur la mort de ses parents, parce que je suis certaine que c'est de ça qu'il s'agit et non d'une sorte de pèlerinage, parce qu'après tout, ne sommes nous pas à Grayson ? Je fronçais un peu plus les sourcils, me refermant un peu plus à chaque parole qu'il prononçait.

« J'ai l'habitude de marcher, c'pas un problème, j'aime pas la voiture.» Continuais-je de rétorquer sèchement, mais toujours à voix basse. J'étais tout de même forcée d'admettre qu'il n'avait pas tord et que mon plan était foireux. Il avait raison, tous le monde connaissait mon père dans le coin (ou presque) et il finirait bien par me retrouver à force d'interrogatoire. Déjà, qui me dit que la voiture qui est passé tout à l'heure n'est pas une connaissance de mon paternel. Ça se trouve mon plan, même pas entamé, est déjà fichu. Il faut que je me rende à l'évidence, c'est foutu. Et comme si je n'avais pas encore bien compris, Aidan en rajouta une couche (pas nécessaire à mon goût):  « Et puis tu vas faire quoi toute seule dans ton hôtel à part déprimer et sûrement vider tes provisions pour t’occuper et essayer de remplir le vide ? Je te l’ai dis, je comprends que tu veuilles t’éloigner et tout ça, mais tu t’y prends pas de la bonne manière…»

J'haussais très haut les sourcils et répondais aussitôt: « Ah ouai, bah dis-moi : c'est quoi la bonne manière.» J'étais vexée, il avait réduit tous mes espoirs en miettes, comme si j'avais besoin de ça. J'aurais pensé qu'il m'aiderait, qu'il me donnerait une idée, mais qui était-il pour m'aider ? Un mec de mon âge, qui a vécu la même chose que moi, qui connait mon père et qui ne voit en lui qu'un sale connard ? Qui est-il ? Juste un étranger.

« Le plus simple pour l’instant, c’est que tu rentres avec moi. Pas à pieds. Parce que perso, je crois pas que j’arriverai à faire tout le chemin en sens inverse... J’vais appeler Joleen, la fiancée de mon frère. Elle viendra nous chercher avec la voiture et elle posera pas de questions si je lui demande de pas le faire. Quand on sera au chaud, confortablement installé avec un chocolat chaud, on réfléchira à un plan avec moins de failles, si tu veux…» Un étranger certes.. Mais un gentil étranger. Un gentil et mignon étranger. Rooh mais comment il fait ? Avec sa petite tête toute mignonne là.

Je me détends un peu, quand il attrape ma main dans la sienne. Je lui rends son petit sourire en avouant: « J'ai jamais connu quelqu'un d'aussi sympa et franc en même temps. Bon et j't'avoue que je ne me voyais pas très bien m'en sortir, mais... J'aurais fini par trouver tu sais ? C'pas parce que j'ai une tête de barbie que j'suis conne hein. » Tentais-je de plaisanter un peu. Le sourire aux lèvres j'ajoutais, un peu moins sûre: « Mais tu sais, j'veux pas déranger. Puis, ils sont assez impressionnants tes frérots..» Je me mordais la lèvre inférieure en levant mes prunelles claires vers les siennes, tout aussi claires.


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Flight and common

« 27 décembre 2013 »
Bon, ça aurait pu être pire. Aidan s’est attendu à devoir essuyer une véritable tempête, mais Summer s’est contenté de quelques répliques piquantes, plus motivée par la frustration et le chagrin que par une véritable rancune. Et puis finalement, quand il a terminé avec son petit laïus réprobateur (bordel, il a l’impression de sonner comme Isaac, c’est affreux !), l’étudiante en médecine va même jusqu’à rechercher à nouveau son contact et le complimenter.
« J'ai jamais connu quelqu'un d'aussi sympa et franc en même temps. Bon et j't'avoue que je ne me voyais pas très bien m'en sortir, mais... J'aurais fini par trouver tu sais ? C'pas parce que j'ai une tête de barbie que j'suis conne hein. »
« T’en fais pas, j’en doute pas une seconde » sourit Aidan avec aplomb, histoire de ne pas la vexer plus que parce qu’il approuve vraiment ses dires.
Bon, ce n’est pas qu’il la prend pour une conne, au contraire, vu les études qu’elle entreprend, elle doit être brillante. Beaucoup plus que lui qui n’a pas été fichue d’obtenir son diplôme et a laissé tomber le lycée dès qu’il en a eu l’occasion. En revanche, pour ce qui concerne la partie consistant à finir par trouver un plan… Aidan est sceptique. Sa mère lui a toujours dit qu’il ne fallait jamais prendre la moindre décision sous le coup d’une émotion forte et il est certain que Sum aurait regretté la sienne très rapidement. Quelque chose lui dit que par fierté, une fois cette constatation faite, elle aurait continué à s’enfoncer et à prendre les mauvaises décisions.
Une chance qu’il soit tombé sur elle. Enfin il n’en sait encore rien. Prendre la jeune fille chez elle va certainement lui attirer des problèmes. A lui mais également à ses frères et à Joleen. La dernière chose dont ils ont besoin, c’est d’être accusés d’avoir kidnappé la fille d’un shérif…  

« Mais tu sais, j'veux pas déranger. Puis, ils sont assez impressionnants tes frérots... » répond-t-elle, faisant sans le savoir écho à ses pensées.
« Oh faut vraiment pas s’y fier ! Isaac est un intello de première, Aahron est un nounours, tu le verrais avec son gamin… un vrai papa poule ! Et puis Sam c’est juste un beau parleur… Non, celle dont il faut se méfier, c’est Jo » plaisante-t-il en faisant mine de frissonner d’effroi. « Elle nous mène tous à la baguette ! C’est un monstre… Puis faut pas lui parler tant qu’elle n’a pas bu son café le matin, sinon elle te bouffe tout cru ! »
Il lui adresse un sourire encourageant, presse une fois encore sa main, comme pour lui transmettre un peu de courage, et puis reprend d’un ton plus sérieux.
« Tu dérangeras pas mais… Enfin… Peut-être qu’on n’est pas obligé de leur raconter toute l’histoire tout de suite. Peut-être qu’on pourrait juste dire qu’on s’est rencontré en balade et que t’as la permission de venir. Si ça tourne mal, ça leur évitera d’avoir trop d’ennuis avec ton paternel. De toute façon, c’est juste le temps de trouver une meilleure solution pour toi… Et puis faudra excuser le désordre, avec ce qui s’est passé chez nous… T’es sûrement au courant. Enfin bref, c’est un peu le bordel en bas, on a pas remplacé la télé et puis le canapé est foutu, mais… » le petit blond marque une pause, le temps de justement relâcher la main de Summer pour la passer sur son visage fatigué, puis dans ses cheveux blondins. « C’est surtout un peu la lose niveau ambiance. Si tu veux renoncer, j’comprendrais. Si tu sens que t’es pas à l’aise, faudra pas hésiter à me le dire, j’me vexerai pas. Je suis dedans tout l’temps alors je le vois plus vraiment mais j’crois que de l’extérieur… Enfin aucune famille n’est parfaite, pas vrai ? » sourit Aidan avec fatalisme. « T’es quand même partante ? »
Il tend une main vers elle et, après quelques instants d’hésitation, elle acquiesce et vient serrer sa main vivement. « Alors c’est parti » s’exclame-t-il en lui servant un clin d’œil, avant de lever sa main libre pour chercher à se hisser sur ses jambes en s’aidant de la rambarde du pont.

Il s’y prend un peu trop vite et doit s’y cramponner quand sa vision s’obscurcit tout à coup et que ses jambes commencent à flageoler. Il a soudainement trop chaud et ses oreilles se mettent à carillonner désagréablement.  
Putain non, pas encore. Pas deux fois d’vant elle ! S’agace-t-il mentalement, fermant les yeux en attendant que son malaise passe. Summer s’empresse de s’enquérir de son état et il tente de détendre l’atmosphère en riant un peu nerveusement.
« J’comprends pourquoi t’as précisé qu’mes frères étaient impressionnants, et qu’tu m’a pas compté dans l’lot… J’vais m’rasseoir » finit par décidé le jeune homme qui rejoint prudemment le sol, avant de s’accorder quelques secondes de répit.
La voix de Summer lui parvient de très loin. Il a l’impression d’avoir la tête dans un seau. Fait chier, la honte… Putain… Ca fait deux fois maintenant !  
« J’vais bien » lâche-t-il sans trop savoir si ça répond à quoi que ce soit de ce qu’elle vient de lui dire. « J’ai trop forcé. J’vais appeler Joleen. »
Mais il lui faut l’aide de Summer pour parvenir à extirper son téléphone de sa poche de blouson. Ses mains tremblent et il a l’impression qu’il n’arrivera jamais à soulever le téléphone. Du coup, elle finit par prendre pitié et lui compose le numéro, avant d’approcher le combiné de son visage.
La.Putain.De.Honte.


© Chieuze

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02. Flight and common - Ft. Aidan

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