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Road to Salvation a fermé ses portes.


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 00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie.

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MessageSujet: 00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie. Lun 30 Déc - 17:08


25 novembre Հ Faut s'oublier.


« BONNIE ! Bouge ton cul ma belle, c’est ton tour ! »
« C’est bon, casse-toi ! »
« Oh la la, ça vaa… »

Un rire stupide de blondasse pas futée. J’entends les talons de ma partenaire s’éloigner. Je sais que c’est à mon tour, je sais encore lire l’heure. Bonnie est grognon ce soir. Comme tous les soirs depuis que ce sale con d’Ethan s’est décidé à s’en foutre trop dans les veines. Je l’ai laissé à la maison ce matin pour aller travailler, complètement dans les vapes et crevé. Et passablement irrité. Il n’avait pas reprit de drogue depuis son passage à l’hosto, je devais me cacher pour consommer. Chaque fois une impression de culpabilité se faufilait dans mes veines, et m’atteignait en plein cœur. Mais je pouvais pas, je sais pas pourquoi. J’arrive pas à délaisser ça. Et là, la ligne tracée sur le bord des toilettes, je chiale de frustration. Parce que j’suis pas assez forte pour combattre ma dépendance. Ce qui nous apportait tant de joie et de puissance, d’échappées vers un autre monde, était désormais devenu le symbole le plus pur d’un Enfer à portée de main. On le savait, on l’a toujours su. Mais de toutes façons, rien ne va ces derniers temps. Les avortements, les overdoses, et Tyler. Ty qui a du partager mon fardeau. Petit connard égoïste. Mais au fond, ce que je faisais là prouvait que j’étais la même garce égocentrique qu’auparavant, mais beaucoup moins fière d’afficher son addiction. Si Ethan savait. Si on me voyait là, à genoux, en train de m’envoyer un peu de bonheur en poudre dans les narines. Ça ne m’envoie pas dans un monde spirituel coloré et insouciant, mais me speed, me balance un coup de fouet, et les soucis qui me tourmentent s’échappent de mon crâne une seconde. Se relever, tirer la chasse pour y laisser son cœur. Sortir. Se remaquiller et courir dans la salle pour se déhancher contre une barre de merde. Plus de fer.

Entre le marteau et l'enclume,
Entre la rue et la fortune,
Entre les tristes du trottoir,
Entre le vent et l'illusoire,
Entre les coups de rang et le ciel.


Je m’arme de mon trench pour défiler sur les pavés comme une prêtresse du monde moderne. Une petite garce pathétique qui se la joue à Marilyn. Peu m’importe. La drogue me file le sourire, j’ai les cheveux lâchés, et je marche pieds nus parce que mes talons, là, c’est bon. Ça va pour danser, pas pour rejoindre ma superbe voiture. Cela faisait quelque jour qu’une telle insouciance ne s’était pas déclarée entre mes côtes et je suis bien. Parfaitement bien. Ses effets ont eu le temps de s’estomper depuis cet après-midi. Il est vingt-et-une heure et il ne me sied guère de rentrer tout de suite pour voir ma tête de con d’Alexander. Je ne sais pas comment réagir avec lui. Je m’inquiète mais je suis également en colère. Terriblement en colère qu’il ait pu vouloir m’abandonner ainsi. Nous n’avons pas encore discuté du pourquoi. Alors je m’interroge, suicide, pas suicide ? Putain j’en sais rien et ça m’énerve. Stupide garçon ! Tous les mêmes ! Une nouvelle fois je frappe ma main contre mon volant puis le caresse comme si c’était un chat. Pour m’excuser auprès de ma petite bagnole chérie. J’extirpe un pochon de mon sac et me roule un pétard, même si je ne suis pas très douée. J’évite de trop le charger pour ne pas empester et rester claire une fois rentrée à l’appart. J’ai envie de rentrer chez mon oncle, mais non. Ma culpabilité et mon inquiétude me forcent à rester auprès de lui. On dirait que quelque chose s’est détaché de son comportement habituel, comme si une partie de l’Alexander que je connais est restée là où il s’est rendu lors de son overdose. De l’autre côté. Je frissonne d’effroi en tirant sur mon pétard. Et moi qui suis là à faire comme si de rien n’était, à lui mentir et à omettre cette prise de drogue alors que tout ce vacarme aurait du me calmer. J’ai du changer de cachettes dans l’appart car Tyler et Aël ont fait leur ménage dedans. Pff. Je balance mon mégot par ma fenêtre sans regarder réellement où, tourne la clef du contact et avance dans la nuit.

Lorsque je pénètre dans l’appartement, aucun bruits.  « Hého, j’suis rentrée ! » Toujours aussi agréable la Bonnie. J’avance avec le chat dans les pattes puis pose mon sac sur le comptoir pour, finalement, percevoir des bruits assez éloquents en la matière. Je soupire, puis défais mon trench. Allons, c’est partit pour une deuxième nuit de boulot.

« Alexander ? »

Je me dirige vers la salle de bain, là où je suis à quatre-vingt quinze pour cent sure de l’y trouver. Bingo, aujourd’hui j’aurais pu gagner au loto. Je pousse la porte de manière prudente puis entre doucement dans la pièce, sans bruit. Je le vois là, pâle, et à genoux. Un instant je me demande s’il n’était pas en train de s’adonner aux joies de la drogue comme j’ai pu m’y tenter quelques heures plus tôt, mais lorsque de nouveau il dégueule à en crever dans les chiottes, j’exclue l’idée dans l’immédiat. Je m’approche de lui d’un air déterminé et le redresse doucement, après m’être accroupie. « Ça va aller. » Je suis désolée. Je sais que je ne suis pas crédible ni aimable, mais j’arrive pas. Seuls mes gestes doux trahissent mon empathie et mon affection encore trop prononcées pour lui. Pour cet enfant terrible, ou orphelin, plutôt. Tremblant, pâlot et peu réactif. Son regard d’habitude inexpressif m’intime de la fermer, je crois. Ou alors je ne sais pas différencier colère et douleur. Je sais bien ce qui est en train de se passer, on l’a déjà vécu des milliers de fois. Il va passer un mauvais quart d’heure, et la culpabilité m’étouffe à nouveau quand je me tapais une ligne encore cet après-midi.
J’attrape une petite serviette et m’occupe de lui essuyer la fièvre qui paraît sur son front. Je me lève éteindre le radiateur  à ma droite puis revient à ses côtés. Il redresse ses genoux pour les enserrer et taire sa douleur, je suppose qui commence à se déclarer dans ses abdominaux. Je passe doucement ma main dans ses cheveux, me rapproche, et pose mon autre main sur les siennes. Grand contraste entre la taille.

« Ça dure depuis quelle heure ? T’as pris quelque chose ? »



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MessageSujet: Re: 00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie. Lun 30 Déc - 23:36

La douleur qui s’insinue dans mes veines est bien plus insupportable qu’un bon coup de poing dans la gueule. Ca me transperce chaque veine, chaque muscle. M’alourdis les membres, me donne la nausée, me tord les tripes. J’ai la tête qui va exploser, j’ai l’impression d’y avoir un chantier entier en action avec le marteau piqueur, la boule destructrice, le couinement des véhicules, le hurlement des mecs. Toute la journée j’ai fouillé. PARTOUT. Dans cette putain de baraque où était ma délivrance. J’ai déjà quitté l’hosto contre avis médicale malgré la gueule de ce Dorian qui a une énième fois tenté de me convaincre d’aller en cure de desyntox. Je l’emmerde putain. J’les emmerde tous. J’veux juste me prendre UN putain de shoot. J’me retrouve à genoux à dévisser la table basse et à vider les pieds … Rien. Pas de petites pilules blanches qui tombent. Pas de promesse de Paradis. Que du vent. Du vide. Et la colère qui s’accroit. La fièvre qui me submerge et me tord les boyaux. Je me rue vers le tiroir de la cuisine et renverse d’un geste sec les couverts avant de fendre en deux le morceau de bois en l’éclatant contre l’évier. Le double fond, je sais que j’y ai laissé de la coke. J’le sais, alors POURQUOI j’y trouve rien. Pourquoi AUCUN sachet miracle n’apparait ! J’ai fais toutes les cachettes possible et inimaginable, toute la maison a été fouillée et refouillée sans rien trouvé. Et là, les liens se font. Bonnie. Et sûrement Tyler. Ces deux enfoirés on tout jeté pour que je ne reprenne rien. J’en suis sûr, ils ont complotés comme deux gros connards. Comment ils ont pu m’faire ça. Comment ELLE a pu m’faire ça alors qu’elle-même se shoot la gueule. Se came. La démence s’insinue et j’vais devenir fou. J’le sens, mes mains tremblent. Je me sens fébrile et la maison perd de ses couleurs, perd de sa forme. Le monde entier devient flou et moi avec. Je perds ma consistance. Il me faut ma dose. Cette crise de manque n’a jamais été aussi violente. Jamais. Et tout ça c’est de leur faute putain.

Je fouille une dernière fois le fond du tiroir de ses sous-vêtements mais quedal. Même pas un gramme de poudre qui y traine. Tout est propre, tout était bien rangé. Et j’ai tout foutu en l’air parce que j’ai besoin de sentir cette satisfaction salvatrice dans mes veines, j’ai besoin de sentir cette douceur, ce bien être lent et apaisant. Reposant. Me faisant partir dans des délires dont j’en appréciais la consistance qu’ils soient doux ou violent. Et plus j’y pense, plus ça me rend dingue. Et la colère grimpe les échelons deux par deux, me rendant ivre de fureur… J’ai chaud. Non j’ai froid. Mon corps se mets à trembler plus fort. Il faut que j’appelle un de nos potes. J’suis sûr qu’il pourra me ramener un quelque chose, une petite avance. Après tout ce que j’ai fais pour eux à ses enculés, ils m’doivent bien ça putain.

Violence. Soubresaut. Haut le cœur. Je me précipite dans la salle de bain et j’ai à peine mit la tête au dessus de la cuvette que mon estomac se met à jeter tout ce qu’il contenait. Le peu que j’ai réussi à avaler, que ce soit liquide ou solide, se retrouve désormais contre la paroi des chiottes. Je grelotte, je sens mon cœur tambouriner avec force contre ma poitrine tandis qu’un nouveau haut le cœur me pousse à vomir encore et encore. Mes mains s’agrippent au rebord et mon souffle mêlé aux gémissements douloureux résonne en écho au fond de la cuvette.

Pitoyable. Misérable. Pathétique.

J’ai envie de chialer comme un gosse. De frustration, de rage, de manque, de douleur. De colère intense. Noire et violente. J’ai envie de tout jeter autour de moi, bien plus que cette putain d’histoire d’avortement. Nouveau vomissement. Et au loin, j’entends une porte claquée. Je sais que c’est elle et la fureur se fit plus forte.

« Alexander ? »

Aucunes manifestions de ma part si ce n’est mon rejet de toute forme de nourriture ici même. Je sens quelques gouttes de sueurs roulés le long de mes tempes alors que mon corps frisonne de froid en guise de contraste. La gorge me brûle, mes yeux aussi, brouillés par les larmes douloureuses. Pour une fois dans ma vie, j’ai la réelle envie de crevée. J’aurai du m’injecter quelques milligrammes de plus la dernière fois, pour pas vivre ce cauchemar. J’entends la porte qui se pousse doucement pendant que mon corps se cambre dans un ultime vomissement, me donnant la sensation que bientôt, ce sont mes tripes que je verrais au fond de cette cuvette à merde. Je sens son corps s’approcher du mien et j’ai envie de la repousser avec force pour lui hurler dessus, mais mes muscles s’affaissent et se laissent faire, trop épuisé par l’effort demandé pour vomir désormais de la bile.

« Ça va aller. »

Mes yeux fusillent les siens, mon visage se levant de la cuvette pour faire face à son minois blondinet.
Non ça va pas aller putain. Ca va PAS. Tu crois que j’danse la polka là ? Tu crois que j’ai envie de te sourire et te dire comme un gros connard « Oui ma biche, tout va bien là, j’suis au top de ma forme ». Va t’faire foutre. Ca va pas aller. Parce que toi tu t’drogue j’en suis certain. Parce que t’as monté un putain de complot avec ta tapette de copine pour que j’puisse toucher à RIEN. A QUEDAL pendant que tu t’poudre le nez dans mon dos. T’fou pas d’ma gueule Bonnie. J’le sais putain, j’te connais. Et tout ça j’ai pas la force de le dire. Trop crispé par la douleur, trop épuisé par le manque et les tremblements qui vont avec. J’ai froid, j’ai tellement … froid. Je claque des dents en me laissant essuyer la sueur sur le front et lorsqu’elle éteint le radiateur, j’ai envie de tendre les bras pour la supplier de ne pas le faire parce que si elle fait ça, j’vais crever de froid. Mais mes membres endoloris et ankyloser m’intime de ne pas bouger.

Et là, fulgurante. J’étouffe un gémissement de plainte, de douleur. Celle qui me traverse tous les intestins, l’estomac, peut-être le foie. Rien à foutre de l’anatomie, j’ai juste mal. Je me recroqueville comme un gamin de dix ans, pleurant sa douleur en silence car je crois que ce sont bien des larmes qui roulent sur mes putains de joues. Des larmes de fatiguent, de plainte, de suppliques. Ma dose, j’t’en pris. Je sens sa main dans mes cheveux et j’en serais presque apaisé si un éclair de lucidité me hurle que si j’suis dans cet état, c’est en partie de sa faute à elle. Pourtant, je me surprend à me laisser aller quelques secondes, posant ma tête sur sa main, gémissant le plus silencieusement possible. J’veux que ça s’arrête, tu comprends pas toi à quel point je veux que tout ça finisse. Dans d’autres circonstances, je me serrais laissé aller contre son petit corps de femme fragile, de poupée brisée par un père trop violent, par un gros connard qui ne la méritait pas. Mais même ça, je ne peux pas. Tout ce que je veux, c’est une pilule ou de la poudre.

« Ça dure depuis quelle heure ? T’as pris quelque chose ? »

… « T’as pris quelque chose ? »

La fureur s’empare de moi, submerge ma colère et me crispe. Je lève brutalement la tête, plantant mes yeux glacés dans les siens. Tu te fou d’ma gueule putain.

« J’ai l’air d’avoir pris quelque chose ? Hein ? »

Voix dure, froide et tremblante. Aucun remord à l’instant présent même si je sais que d’ici quelques jours, voir quelques heures, je risque de le regretter. Mais elle sait. Elle sait pourquoi. Elle sait pour quelles raisons. Alors pourquoi tu fais rien MERDE.

« Où sont ces… putains de pilules. Où est-ce que tu les a mis ? J’ai fouillé partout, j’ai rien trouvé. RIEN. »

Je me balance d’avant en arrière, toujours mon regard assassin planté dans les siens, mes bras enroulant mes jambes serrées contre moi. Mes poings se serrent, ma mâchoire se crispe et je me balance encore comme un grand enfant qui devient barge. Oui, parce que là maintenant, j’deviens fou. Parce que si elle ne me glisse pas la solution miracle sous le nez très rapidement, je sens que tout va exploser. Dans sa gueule, dans la mienne et dans celle de ce putain d’appartement miteux de mes deux.

« Donne-moi ce qu’il faut. Dépêche-toi. J’suis sûr qu’il t’en reste quelque part, même si c’est pas dans cette maison. J’suis sûr que t’en as Blondie. »

Blondie. Terme pour adoucir, amadouer. Lui faire pitié. Pour qu’elle me donne ce que je veux. En ce moment même, le manque me rend manipulateur. Je perds le contrôle. Je perds la main sur mon existence et mon cerveau. Je me perds tout court.
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MessageSujet: Re: 00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie. Mar 31 Déc - 11:43


25 novembre Հ Faut s'oublier.


« J’ai l’air d’avoir pris quelque chose ? Hein ? »

Ses yeux, froids, se plantent dans les miens. Son visage auparavant posé sur ma main, glacé, s’est brutalement relevé pour me fixer d’un air sanguin, terriblement énervé. Il me fait peur, sa voix dure se répercute dans mon crâne. Mes gestes sont doux et un peu ralentis par la drogue qui circule dans mon sang, aux côtés de la culpabilité qui me ronge l’intérieur comme un sale rat affamé. Je le vois là, perdu dans sa douleur, furieux que je sois à ses côtés et sa paranoïa ne va pas aller en s’arrangeant. Ce qui ne va pas m’aider à le contenir et même s’il est en manque… Sa force reste largement supérieure à la mienne. La rage qu’il contient dans son regard me fait frissonner, je déteste quand c’est à moi qu’il adresse ce genre de sentiments. Mais le manque fait faire n’importe quoi à tous ces connards de junkie. C’est la douleur la plus atroce, avec une overdose. C’est cool, parce qu’en une semaine, il va vivre les deux. Il sera insupportable, violent et manipulateur, selon les phases qu’il va traverser. Je retiens un soupir qui s’est formé entre mes lèvres pour ne pas déclencher le compte à rebours explosif du type gros bourrin cro magnon boxeur et complétement délirant. Il serait incapable de discerner le bien du mal, Bonnie Hall de n’importe quelle autre pétasse venue le faire chier. Et je sais ce qu’il veut, mais ça serait trop simple. J’me sens comme un chef d’état hypocrite, un dictateur jouissant des plaisirs luxueux mais les refusant à son peuple.
Evidemment qu’il a cherché partout, premièrement l’appart est encore une fois en bordel, les double-fonds ont été démontés, les paquets de café et de farine dévastés. Mes fringues sont éparpillées partout et il a lui-même des entailles aux mains. Il balance son corps d’avant en arrière, alors je m’écarte d’un petit pas, toujours accroupie, silencieuse. Je ne peux pas prendre part à sa douleur, je la connais également, mais pas aujourd’hui. Tout ce que je peux faire, c’est le surveiller et empêcher qu’il ne s’envoie un dernier fix. Je dois arborer un masque de fer, dur, et garder l’esprit éveillé alors qu’il est déjà engourdi par le joint fumé dans ma bagnole. Je ne dois pas céder car ce qu’il vit là et ce qu’il va me faire vivre ne sera qu’un prologue à toute la nuit. Je m’attends aux changements de comportement, aux larmes, au pathétique petit gosse remué par la souffrance et le manque. Je m’attends également à la mesquinerie, au mensonge, au charme, à la violence furieuse d’un camé qui n’a pas eu sa dose. Mais je refuse, de lui redonner quoi que ce soir alors qu’il sort d’a peine trois jours de convalescence après une putain d’overdose. Tout seul et démuni face à lui même. Alors je me doute que sa rage est vraiment dirigée contre moi car, il n’a rien pu trouver ici, dans cette maison. Tout ce que j’ai pu aller chercher à nouveau est dans mon coffre, ce qui était dans la maison a été jeté dans les chiottes par Aël et Ty qui sont venus faire un brin de ménage au cas où la police viendrait foutre son nez à l’intérieur de nos vies crasseuses.

Son corps se balance d’avant en arrière, et je mords ma lèvre inférieure, pour ne pas craquer, pour ne pas lui filer ce qui se trouve dans mon soutif. Une ligne pourrait tout adoucir, la douleur dans son corps, le carnage dans son crâne, mais non. Je ne veux pas qu’il disparaisse, et même si je suis une petite pute sans cœur et affreusement lâche, tant pis, si je dois continuer à respirer la culpabilité quand il se tord de douleur, ce sera le léger prix à payer pour qu’il échappe à ce manque et par la même occasion, à la dépendance qui a failli lui couter la vie. Une autre idée affreusement mesquine se faufile dans mon cerveau, mais, lâche et inconsciente, je l’éloigne de ma réalité. Même si elle reste plaquée contre ma boîte crânienne, tout au fond, et me glace le sang, m’interrompt le cœur. « Donne-moi ce qu’il faut. Dépêche-toi. J’suis sûr qu’il t’en reste quelque part, même si c’est pas dans cette maison. J’suis sûr que t’en as Blondie. » Je lève les yeux, et serre mes lèvres. Pas ça. S’il te plait. Il va commencer à user de son charme et des mots qui touchent mon cœur endolori. Mais je ne dois pas être faible. Je soupire un coup et me rapproche à nouveau de lui, posant mes mains sur ses genoux pour le stabiliser.

« Non, Ethan, je suis désolée. »
« S’il te plait… »
« Non, je peux p… »

Et sans préavis, je l’ai vu se ruer sur moi. D’un coup d’un seul, j’ai sursauté. Ses mains sur mes hanches pour m’attirer vers lui et filer ses mains dans mes poches, comme pour chercher de la drogue. Une fouille désagréable, violente et frénétique. Je pose ma main sur son épaule pour le repousser mais il ne bouge pas, et son poids n’est pas altéré par le manque, il reste beaucoup plus lourd que moi. « Ethan, arrête, j’ai rien ! »  Aucune réponse, son regard fou et ses couinements enfantins me font mal au cœur mais non, je ne ferais rien, ne lui donnerais rien. Il me fait flipper. Alors je le repousse avec une force nouvelle, ce corps mou qui bute contre le bord de la baignoire derrière lui. Immédiatement après ça, j’arbore une mine choquée, espérant ne pas lui avoir fait mal. « ARRETE ! ... Je suis désolée Ethan mais non. Je ne vais rien te donner, et de toutes façons j’ai rien. Je ne veux pas être responsable de… ça. ». Je lui adresse un regard sincèrement souffreteux, et tremblotante, j’approche ma main de son bras, comme pour lui signifier que je serais là, encore, pour cette épreuve.  « Lève-toi. »




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MessageSujet: Re: 00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie. Dim 5 Jan - 16:53

« Non, Ethan, je suis désolée. »
« S’il te plait… »
« Non, je peux p… »

Et avant que je n’ai le temps de prendre conscience de quoi que ce soit, mon corps se jette contre le sien, mes mains cherchent furieusement ce qu’elles veulent m’injecter dans la bouche ou dans les veines : La Drogue. Je le sens, cette faible odeur de shit. Je sais qu’elle doit bien avoir quelques pilules sur elle putain. Notre business tourne encore alors elle doit bien avoir de la came quelque part. J’agrippe ses hanches et l’attire vers moi, si je n’avais pas été dans un si mauvais état, j’aurai pu constater que c’est le premier vrai contact physique que j’ai avec elle et avec un peu de chance, ça aurait même pu se terminer au pieu. Mais en ce moment même, c’est le cadet de mes soucis. Tout ce que je veux, c’est ma putain de dose avant que je ne devienne fou de manque et de douleur. Mes mains s’attardent dans ses poches. Du vide. Encore du vide, du vide, du vide. Un PUTAIN DE VIDE. Se main sur mon épaule pour me repousser, je ne la sens pas. Ni ça, ni son petit corps en dessous du mien qui essaie de s’extirper de mon poids.

« Ethan, arrête, j’ai rien ! »

Sa voix est lointaine et moi j’ai mal. Partout. Dans les muscles, dans les entrailles, à la tête. J’ai mal et je veux vomir, je veux hurler, je veux frapper. J’aurai du prendre une dose plus forte la dernière fois, pour crever une bonne fois pour toute. Pour ne plus ressentir ça. Pour ne plus me sentir si merdique et si sale. Je veux oublier. Je veux crever. Je veux disparaitre. Je ne veux plus rien ressentir. Ni ce manque de drogue. Ni ce manque d’elle. Ni ce pathétisme quand je suis avec Tyler. Et un choc me fait revenir subitement à la réalité. Une présence dur et froide dans mon dos, contrastant avec cette forme de brûle aux yeux, mais aussi cette humidité sur mes joues. Des larmes. Des putains de larmes.

« ARRETE ! ... Je suis désolée Ethan mais non. Je ne vais rien te donner, et de toute façon j’ai rien. Je ne veux pas être responsable de… ça. »

Assit contre la baignoire, les mains à plat sur le sol, la respiration saccadée, mâchoire crispée. Des contrastes se forment au creux de moi. Celui d’hurler. Celui de me recroqueviller sur le sol, comme un gamin en continuant de chialer de douleur, à me laisser crever jusqu’à ce que je ne sente plus rien. Mais cette phrase… cette réplique sortant de sa bouche. De ses lèvres fines et rosées, posées sur ce visage blafard, fragile, traduisant une souffrance non feinte de me voir dans cet état merdique. De Bonnie. Elle. Ne pas être responsable de ça ? Je n’ai conscience de rien et encore moins des limites à ne pas franchir. Tout est désaxé, plus rien n’a de sens ni d’ordre. Tout est un sacré bordel. Et je sens cette pression au creux de moi, qui se soulève, qui atteint des paliers à une vitesse vertigineuse. Une douleur fulgurante au creux du ventre me crispe et j’étouffe un gémissement douloureux. Mais putain… Je sais que t’en as merde. Alors pourquoi tu veux pas arrêter tout ça avec moi ? Pourquoi tu veux pas m’aider Blondie ?

« Lève-toi. »

Elle tend la main vers moi… Main que je jette avec force. Ne me touche pas putain. Ne me touche pas. Ne me regarde pas avec tes airs de pitié. J’en veux pas, t’entends ? J’veux rien de toi. Rien de personne. Ni tes mains, ni ton regard, ni tes mots. Ni les leurs. Je veux juste qu’on me donne ce dont j’ai besoin. Et je ramène mes genoux une nouvelle fois contre moi, me balançant d’avant en arrière, crispé par la douleur et les tremblements. Je transpire, mais j’ai froid. Terriblement froid. Je m’attrape les cheveux, serrant les dents, laissant échapper un gémissement. J’en peux plus. J’en peux plus …

« Tire-toi. »

Voix froide et sèche, tremblante.

« T’entends ? TIRE-TOI ! »

Je détends mes jambes dans le but de la pousser. Manquer. Je l’ai manqué. Elle est trop loin. Sa présence m’ait insupportable. Je deviens dingue. Je deviens taré. J’supporte plus rien. J’ai chaud. D’un coup la température grimpe à une vitesse fulgurante. Mes vêtements me collent, comme si je prenais feu sur place. L’énervement me gagne, la crise s’accroit. J’veux pas lui faire de mal, j’veux pas la frapper comme ce gros connard qui lui sert de père. Alors tire-toi putain. Et donne-moi c’que je veux. Donne-moi ce dont j’ai besoin. T’es qu’une égoïste Bonnie.

« Tu veux pas être responsable de quoi hein ? A ce que j’me reprenne de la poudre dans le nez ? Mais t’es qu’une putain d’hypocrite Bonnie. UNE PUTAIN DE MENTEUSE ! Regarde moi droit dans les yeux et dis moi que t’as rien hein ? Fais-moi croire que tu t’prends pas des lignes sur les chiottes de ton taff ou dans ta bagnole pendant que tu m’laisse crever de douleur ici !! »

J’hurle. Toujours plus fort. Le corps toujours crispé sur le sol, les mains accrochés à mon tee-shirt et qui me colle trop tant la température se fait insoutenable, me donnant l’impression d’étouffer. Je dois respirer, je cherche l’air comme un poisson hors de l’eau. Rien ne vient. J’vais crever si j’l’enlève pas tout de suite. Je m’extirpe du tissu d’un geste rageur avant de l’envoyer plus loin mais même la baignoire glaciale dans mon dos suffit à peine à me calmer.

J’ai perdu la raison. Chaque geste que je fais, sont une série de douleur et de courbature, comme si je venais de parcourir des heures de courses. Comme si j’avais fais des efforts intenses. A genoux sur le sol, je m’approche d’elle à quatre pattes, tendant ma main vers elle et attrapant son genou avant de m’appuyer de nouveau sur mes talons.

« Allez maintenant… Épargne-moi ton p’tit jeu de comédienne à la con et regarde moi droit dans les yeux si vraiment tu veux être honnête avec moi et dis moi, jure moi, sur ce qu’on à construit depuis qu’on s’connait que tu n’as RIEN sur toi. Vas-y Blondie, jure le moi droit dans les yeux. »

Je m’affaisse un peu, les muscles toujours crispés, les mains tremblantes. Allez, sors moi cette putain de vérité. Je ne quitte pas ses yeux bleus, vide de tout courage, son visage plus blanc que la mort, se mordant la lèvre, nerveuse. Ta comédie ne fonctionne pas avec moi, tu me dois la vérité. Tu nous la dois. Ne me fais pas devenir fou, j’t’en pris. Soulage moi, soulage cette douleur atroce qui me transperce le corps…
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MessageSujet: Re: 00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie. Lun 6 Jan - 21:14


25 novembre Հ Faut s'oublier.


« Tire-toi. »

Ma main rejetée, j’ouvre la bouche de surprise, puis la referme d’un coup sec, vexée. Je ne devrais pas prendre les choses avec tant de corps, mais j’arrive pas. Je sais que ce qu’il dit, et ce qu’il fait n’est dû qu’au manque. Son corps crispé me fait mal au cœur, mais sa voix me tranche les artères. Je retiens ma respiration et m’éloigne de plusieurs pas quand il hurle d’un coup, cachant mon sursaut. Il me fait peur, et il est certain que sa force est beaucoup plus développée que la mienne malgré le manque qui parcourt ses veines. Je connais également la douleur qui le traverse, je sais qu’elle fait faire les pires choses à ceux qu’on aime. Je n’ai jamais douté de son attachement, sinon, pourquoi serait-il là, ici, aujourd’hui, dans la salle d’eau d’un appartement miteux, dans un village paumé. Juste pour me baiser ? J’en doute. Si c’était que ça, il aurait pu se trouver des tas, et des tas d’autres rousses californiennes beaucoup mieux foutues que moi. Et surement moins relou. A cette pensée, je tique. C’est vrai, qu’il aurait pu, avec sa belle gueule cassée. Il aurait pu conquérir le monde même, avec son sourire à tomber, et ses grands bras musclés. Des bras dans lesquels j’aimais me blottir, comme une enfant, celle que je ressors quand les images de mon père au-dessus de moi me barrent le champ visuel. Ce type est une saleté de conquérant, et puisqu’il voit bien que le trône est gouverné par des mauvais, il ne veut pas y poser ses fesses. A la place, il tente de conquérir les demoiselles. Il a réussi à renverser tout un empire de gosse, que j’avais à l’intérieur…. Chier ! Mais putain, qu’est-ce-que je raconte ! Et son geste me sort de mes pensées, de manière violente. « » Je n’arrive à articuler mes pensées. Une fois de plus je m’écarte tout juste, autrement ses jambes m’auraient envoyée valser. Putain de salaud, saloperie de junkie… merde ! Je serre les lèvres, et les poings, jusqu’à ce que mes phalanges blanchissent. Ma respiration frénétique et saccadée soulève ma poitrine avec force. Son petit discours de sale connard égoïste m’atteint droit au cœur, là même où sont cachés les pilules d’ecstasy. Dans mon soutien-gorge. Je mords ma lèvre, coupable du péché le plus immonde. J’ai envie de lui hurler d’arrêter, mais ses cris annihilent tout ce qui pourrait se former dans mon cerveau. Mes pensées n’arrivent plus à s’articuler, et assise là je pose mes mains sur mes oreilles, comme pour éviter ses cris. Mais une fois encore je me rends compte que la force du désespoir est plus forte que tout, et la sale gamine prétentieuse que je suis perçois malgré tout les horreurs qu’il me déblatère. Je retiens ma respiration. Plus rien. Je n’entends plus rien, et respire de nouveau, cherchant l’oxygène comme il a pu le faire.
J’ouvre les yeux.
Le voilà devant moi, après avoir marché à quatre pattes pour m’atteindre. Son regard vide, à l’éclat fou me brise le cœur. J’ai envie de lui donner la petite pilule de bonheur, de lui glisser dans la bouche, de me fondre en lui comme l’héroïne pour lui apporter la paix. Egoïstement, je me dis que j’aurais voulu ne jamais rentrer. Ne jamais entendre son corps rejeter tout son saoul.
Sa main se pose sur mon genou, j’en frissonne presque de dégoût. C’est pas contre lui, loin de moi l’idée qu’il me répugne, au contraire. Si la colère ne me tailladait pas la peau, si la rancune et la culpabilité ne réduisaient pas mon cœur en charpie, j’irais contre lui. Je le forcerais à goûter à la froideur du sol, pour exploser sa chaleur. Embrasser sa peau pour faire disparaître son mal. Non Bonnie. Tu te ressaisis. Regarde-le te confronter, te faire jurer. Ses jambes ont failli t’atteindre et maintenant le voilà devant toi à prêcher ta pitié. Ses yeux, aussi tristes soient-ils, ne doivent pas te faire tomber. Retiens toi, c’est pour son bien.

« Vas-y Blondie, jure le moi droit dans les yeux. »
« Ok. »

La colère étreint mes pupilles, tout mon corps tremble. Je vais commettre l’irréparable. Je me recule difficilement, à peine sure de moi, le visage livide, puis me relève. Mes yeux fixent les siens, je les plisse, s’il était conscient, il comprendrait. Le vrai Ethan au fond de lui sait à quel point l’enfant à l’intérieur est blessée, et inconsciente. Elle en a marre de crasher comme une merde contre la dure réalité. Je passe ma main contre ma peau sous mon t-shirt pour atteindre mon soutien-gorge, et y sort les pilules maudites. D’un pas ferme, je me dirige vers les toilettes.

« Oui, j’avais quelque chose. Non, j’arrive pas à arrêter. Tu t’es pas demandé pourquoi j’y arrive pas, Alexander ? »

Je lâche le paquet et tire la chasse. Ni une ni deux, je vois son grand corps se redresser. Je l’entends mugir et sa force m’arrive en plein visage. Ses hurlements avec. Ma réaction est spontanée, imprévisible, et avant que je ne m’en rende compte, mon poing s’abat sur sa mâchoire. Exactement comme il me l’a apprit.
Alors mon cœur s’arrête, il se stoppe net dans sa course et son regard est… étrangement… vide.
Ma main sur ma bouche, je me suis reculée jusqu’à toucher le mur de mon dos, un bras devant le visage comme une protection barrière. C’est la deuxième fois que j’ai à utiliser ce stratagème face à lui. Et c’est… ma faute, une seconde fois. Je le pousse à commettre lui aussi, l’irréparable.

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MessageSujet: Re: 00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie. Mar 7 Jan - 20:54

« Ok »

Lueur d’espoir, mon cœur bat comme un dingue entre mes côtes, soulevant mes artères d’un soubresaut. Allez, pompe moi ce sang et induit le directement dans mes veines, irrigue mes organes, mes muscles, mon cerveau et tout le reste. Fais moi vivre, t’es la meilleure amie du cœur en étant l’un de ses plus gros tuyau conducteur. Et tout cela me fait frémir. Rien que de penser à cette poudre droit dans mon nez, à cette pilule sous la langue qui va exacerber mes sens, me rendre euphorique et surtout m’enlever cette douleur cruelle au creux du ventre et des veines. Vous n’pouvez pas comprendre, j’suis peut-être qu’une sale merde qui est tombé dans la drogue, j’le sais, j’suis qu’un sale connard aussi, mais c’comme ça. J’vous emmerde. Des frissons de plaisir me parcourent l’échine rien qu’à l’idée de pouvoir sentir cette vague de chaleur en moi de nouveau. Je fixe Bonnie qui glisse sa main contre sa peau jusqu’à son soutif et si j’étais pas si en manque, je me serais jeté sur elle pour bien d’autre raison mais l’instinct du Junkie que je suis, du gros crevard, fait que je n’veux qu’une chose : Un sachet de drogue. Je n’fais même pas gaffe à cette colère qui irradiait son regard et ses traits. Non. Mon cerveau pense drogue. Mon corps pense drogue.

Et quand j’la vois sortir son pochon, j’ai peur de bouger comme si ça pouvait le faire disparaitre. Et je ressens à la fois un soulagement intense de la voir brandir la solution a tous mes problèmes, mais aussi une douleur violente, qui s’accentue, s’agrandit au creux de moi. Donne la moi, tout de suite j’t’en pris. J’vais crever si je sens pas le pochon sous mes doigts. Et en cet instant, je ne me rends pas compte à quel point j’suis misérable et pathétique. Une vraie merde qui n’a plus aucune dignité, à genoux sur le sol, gémissant de douleur et d’envie à ce qu’elle me file ce putain de pochon. Je sais que lorsque j’aurai repris ma conscience, lorsque j’aurais recouvré ma raison, j’vais crever de honte. En repensant à comment je l’’ai tenté de la repousser, à comment j’ai gémit comme un chien pour avoir ma dose. Mes yeux ne regardent plus Bonnie, non, ils fixent intensément le pochon de poudre qu’elle tient entre ses doigts frêles.

« Oui, j’avais quelque chose. Non, j’arrive pas à arrêter. Tu t’es pas demandé pourquoi j’y arrive pas, Alexander ? »

Le monde se prend un grand coup dans la gueule, le temps ralenti avec violence et mon cerveau qui était tant endoloris par le manque vient d’analyser les cinq secondes qui ont suivit. Pochon => Chiottes => Tirage de chasse => La drogue a disparue.

Et là, la haine éclate. Elle hurle. Elle se débat et me déchire chaque cellule du corps. Je me propulse droit sur Bonnie, ne contrôlant ni mon corps, ni mon esprit. Tout avait réagit comme une bombe à l’instant même où les chiottes avaient bouffé ma drogue. Ma délivrance. Ma liberté. Je crois que je hurle, que je rugis comme une bête aux instincts primaires. Je n’ai plus aucun contrôle sur quoi que ce soit, je ne suis qu’un corps en manque, réagissant à l’instinct de survie lorsqu’il est en manque prêt à crever sur un carrelage de salle de bain.
Tout ce passe très vite.

Les  gestes, comme la douleur qui, elle, se fait lancinante, violente, battante.

Je n’ai rien vu venir. Un choc droit sur la mâchoire. Mon corps s’arrêtant net face à une Bonnie aux yeux écarquillés, main sur la bouche, le choc peignant son visage d’une couleur blafarde, voir translucide. Et ce qu’il se passe dans ma tête, je ne le comprends pas, ni le maitrise. Je suis à la fois choqué, dépourvue de tout, habiter uniquement par un vide glaciale. Elle venait de me frapper avec toute la force qu’elle possédait. Bonnie venait de me coller une droite en plein dans ma gueule de connard, prêt à lui arracher les yeux pour un sachet de drogue.

Près à faire mal à la seule personne qu’il te reste pour un peu de poudre. Pour un peu de bonheur éphémère alors que elle, elle t’en fournis à chaque secondes de ta putain de vie de merde rien que quand elle est là.

Le pathétisme, la violence de mes actes, l’horreur de l’instant me submergent et je me sens comme … Un pauvre con. Une raclure qui ne vaut pas mieux que de son père à elle. Un merdeux qui ne sait pas faire autre chose que de cogner. Hurler. Insulter. La violence, toujours la violence. Et j’ai faillis la cogner elle pour un manque. Pour de la drogue. La honte m’envahit, je me sens reculer d’un pas, puis d’un autre, la bouche entre-ouverte, les yeux grands comme deux billes bleus. La culpabilité venait de ravager mon manque aussi rapidement qu’une trainée de poudre aurait pu le faire. L’esprit reprend doucement le contrôle en ayant conscience de toute la scène. Des flashs me reviennent, comme si je n’avais été qu’un putain de possédé. Oui Alex, possédé par la came, parce qu’elle t’habite jusqu’à l’os. Et t’étais près à la tabasser pour un vulgaire pochon. Pour un putain de pochon…

La fatigue. La douleur. Je me laisse glisser sur le sol, m’adossant contre la baignoire. Une merde, t’es qu’une merde. Tu vaux rien. Tu t’étais promis de ne JAMAIS devenir comme eux, pas aussi accroc que ça, pas aussi… Con. Je ramène mes genoux contre mon torse, comme tout à l’heure mais pas pour tenter de calmer ma douleur au ventre, mais pour coller mon front contre mes jambes, mes bras les encerclant et … pour chialer. Chialer comme un rien. Comme un gosse. Un sanglot éclate et je ne peux rien retenir, tout m’échappe, tout glisse entre mes doigts. Alors je m’affaisse encore un peu plus, baissant ma garde devant le seul être capable de redorer le peu de fierté que j’ai. Et je chiale encore. Redevant gosse. Celui qui a perdu ses parents à 8 ans et qui a regardé sa vie dérapée comme un con, sans rien faire, même pas pour eux. Lamentable.

Je me berce d’avant en arrière, pleurant encore, les sanglots se répercutant contre le mur, du carrelage au plafond.

« J’suis désolé Bonnie… putain j’suis désolé. »

La voix étranglée par les larmes, tu ne cesse pas de chialer. Parce que tu sais que tu n’es qu’un sale connard et que peut-être, tu aurais du pousser la dose un peu plus fort dans tes veines ce soir là, pour tout oublier pour de bon. Pour oublier que tu lui a foutu deux gosses dans le bide, deux gosses qui sont mort parce que t’es assez stupide pour rien voir, deux gosses qui ont atterrit droit dans les chiottes où elle a du se démerder seule pendant que tu t’en tapais surement une autre. Oublier que t’es qu’un sale connard avec Tyler qui t’a sauvé ta misérable vie. Oublié que tu ferais  honte à tes parents, comme jamais.

Je laisse encore échapper des suppliques entre deux sanglots. Comme une gonzesse. Parce que j’suis toujours là à faire le fier, à gueuler ma virilité, alors que j’suis qu’un grand corps brisé et qui n’vaut plus rien. Même Tyler s’en sort mieux que moi avec son diabète et en tapinant à droite et à gauche.

« J’voulais pas. J’voulais pas t’faire ça à toi, pas à toi. »

Le manque te rend bavard, le manque te rend ….
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MessageSujet: Re: 00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie. Jeu 9 Jan - 20:00


25 novembre Հ Faut s'oublier.


Il reste un instant interdit, mais je n’en saisis aucune tonalité. Je ne le regarde plus, le bras plié devant mes yeux, ma respiration est courte et saccadée. Je n’arrive pas à croire ce qu’il vient de se passer, ni ce qu’il a failli faire. Ce qu’on a failli faire. Ce type me fait toutes les pires frayeurs de ma vie, et je commence à penser que notre vie n’était pas si difficile à San Francisco. On avait quelques problèmes, certes, mais c’était pas aussi énorme, aussi gros. J’ai l’impression d‘être le pantin de sa mère l’enfoiré de destin. Il tire ses ficelles de partout, mais a coupé les miennes. Il n’a laissé qu’un seul fil, unique, qui me permet de me raccrocher à la vie et de descendre en enfer en même temps. J’ai le souffle court, des acouphènes, et la main fatale qui tremble, endolorie. Sur le coup de la peur, mon poing parti trop tôt, je n’ai rien senti, ni sa mâchoire se décaler, ni mes phalanges craquer sous la pression. Maintenant, j’ai mal. J’y ai mis toute ma force, je suis vidée. Mais je suppose qu’en plus du manque, Ethan a certainement beaucoup plus mal que moi. Lorsque j’abaisse mon bras, effrayée et choquée, ce dernier s’est reculé, et je le vois glisser au sol au moment où j’ouvre les yeux.
Son attitude me brise le cœur, une amertume sans nom me ravage les entrailles, je lui en veux pour les coups qu’il a failli me porter. Comme mon père. Comme mon connard de père qui s’amusait à faire des bleus sur ma peau. La drogue nous a portés au meilleur et maintenant au pire. Nous sommes responsables des tourments que nous nous infligeons. Nous ne somme que des saloperies de junkies, et cette évidence me ruine encore un peu plus, des larmes se forment au coin de mes yeux.

Alexander se replie sur lui-même, comme lorsque je l’ai retrouvé à ses huit ans. Il est là, las, recroquevillé, endolorie. Sa douleur se relie à la mienne, je m’adosse au mur et baisse la tête, vidée de toute énergie. Il se renferme et se berce, d’avant en arrière, et je crois qu’il pleure. Je crois que ce connard d’insensible, qui a presque filé ses premiers bleus sur ma peau, se laisse éclater dans des sanglots qui me déchirent l’abdomen.

« J’suis désolé Bonnie… putain j’suis désolé. »

Je porte une main sur mon visage et la passe dans mes cheveux. Je ne veux pas d’excuses, je ne veux jamais à avoir entendre ce genre d’excuses de sa bouche. Ses mots sont ceux que Vance a pu me dire des centaines de fois chaque fois qu’il était sobre ( c’est-à-dire peu souvent ) se rendant compte de ses gestes. Battre ce qui lui reste de sa femme. Les excuses d’Ethan sonnent tout aussi mal. Je sais qu’il est sincère. Ses pleurs confirment la douleur qu’il se doit de ressentir à cet instant. Ma culpabilité augmente d’un cran lorsque je me rappelle que c’est de ma faute, également, et qu’il pleure parce qu’il m’a fait du mal. Il pleure parce qu’il tient à moi. Cette vérité ne s’est pas retrouvée devant mes yeux depuis de longues semaines d’ignorance et de rancune. Je me sens monstrueuse de ressentir encore de la colère, et de la peur face à ce qu’il vient de se passer.

« J’voulais pas. J’voulais pas t’faire ça à toi, pas à toi. »

Je ferme les yeux, aussi forts que possible. Toute ma colère s’évapore alors que je desserre les poings et défait mon corps de sa tension. Je relâche tout, et ravale les larmes qui perlaient au coin de mes yeux. Je sais qu’il ne voulait pas. Je sais, mais les faits sont là, comme la came encore présente dans mes veines alors qu’il lutte contre l’absence. Je prends mon courage d’une main, et repousse le mur de l’autre, pour traîner mon corps fatigué à ses côtés. Je ne suis qu’une faible femme qui se demande où sont passées les limites de l’arrangement que nous avions passés. Des sentiments qui ne dépassent pas la fusion amicale. Je me mets à trembler spontanément à cette idée puis la chasse d’un moulinet du poignet. On a.. je veux dire, j’ai autre chose à penser. De l’autre côté de la porte, j’entends Ea qui gratte. J’attrape un gant et me dépêche à l’humidifier d’eau froide. Je reviens à ses côtés et ma main droite passe dans son dos, la deuxième porteuse du gant vient le tamponner sur son front, pour le défaire de sa sueur. Chaud, froid. Il passera par toutes les étapes.

« Tu sais quoi… on va essayer de se poser ailleurs, tu veux ? »

Ma voix est douce, je murmure presque. Et je l’aide à se relever, difficilement, il s’accroche au bord de la baignoire en couinant. Un bras dans son dos, le sien autour de mon cou, je l’aide à avancer alors qu’il se tient l’estomac de sa main libre. Je sais qu’il souffre, et malgré les larmes et les légers sanglots qui s’échappent de sa gorge il ne pipe mot. Sauf pour encore s’excuser. Et chaque fois ses « pardons » me poignardent. Alors je ne réplique pas. J’ouvre la porte d’un coude et la pousse pour qu’on puisse passer, néanmoins en biais car l’encadrement de la porte est trop mince. Rapidement, nous atteignons la chambre et je l’assois sur le bord du lit. Doucement, sans brutalité, je m’applique à le défaire de la chaîne de son père, pour qu’elle ne l’étrangle pas. D’une main habile et sans avances, je déboucle sa ceinture et le défais de son jean. Une fois ceci fait, je le pousse d’une main tendre et le renverse sur le côté. Presque instinctivement il se roule en boule.

« Bouge pas… »

Trois pas, je suis dans le salon. Un torchon humide dans une main, Ea qui hurle dans l’autre. Je pose le chat sur le lit qui s’empresse de venir se blottir contre le torse d’Ethan, là où est habituellement ma place. Je défais mes chaussures, enlève mon pull et m’avance à quatre pattes sur le lit pour arriver près du visage d’Ethan. D’une main délicate je soulève sa tête que je place sur mes genoux. Le torchon humidifié sur son front, le chat qui miaule doucement en arrière plan cherchant en vain une place entre les bras serrés d’Alexander, je passe ma main sur son front, la deuxième occupée à arranger le drap froid.

« On va passer cette épreuve ensemble, ok ? »

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MessageSujet: Re: 00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie.

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00. Faut s'oublier. # Alexander, Bonnie.

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